Analyse
Protection du capital : quelques conseils de base il y a 11 ans - jeudi 13 octobre 2005

Les sicav avec protection du capital se vendent comme des petits pains. Mais ne vous laissez pas séduire trop vite, l’offre est vaste et très diversifiée, vous avez les cartes en mains.

Les derniers chiffres publiés par BEAMA, l’association belge des organismes de placement collectif, sont sans appel : au deuxième trimestre de cette année, on a mis sur le marché, dans notre pays, 78 nouvelles sicav dont 60 allaient à nouveau de pair avec une protection du capital. Ce segment représente quasiment aujourd’hui un tiers de l’ensemble du marché des sicav avec un total de plus de 1 000 compartiments. Pas mal pour un produit qui est né dans la décennie précédente seulement.

Sans pareil
· La combinaison  entre le rendement potentiel (= placement boursier) et la sécurité (= protection du capital) continue à séduire les investisseurs. Mais les banquiers font tout pour qu’il en soit ainsi. Ces sicav se vendent d’ailleurs très bien et elles rapportent gros… à ceux qui les mettent sur le marché.
· Le marché propose de nombreux produits différents qui, chacun, ont leurs caractéristiques. Nous ne pouvons pas les énumérer tous, ce serait trop long. Nous nous contenterons de vous donner quelques conseils et quelques exemples de produits auxquels vous pouvez encore souscrire fin octobre début novembre.
Nous avons repris dans un tableau les sicav avec protection du capital que nous trouvons intéressantes en ce moment… pour un certain type d’investisseur !

A faire avant
· Ne vous laissez pas entraîner par le battage publicitaire vantant ces sicav. Les rendements vertigineux, cela se paie, et bien souvent, lorsqu’on vante ainsi un produit, les textes en petits caractères sont plus intéressants que ceux en grands caractères ! Lisez bien le prospectus et posez toutes les questions nécessaires.
· Vérifiez toujours si la protection du capital est intégrale. Par exemple, KBC Equisafe Europe 2, en vente jusqu’au 4 novembre, n’offre que 95 % de protection. Sachez aussi que cette protection ne vaut qu’à l’échéance et qu’elle ne couvre pas les frais.
· Soyez attentif à la devise d’émission. Le capital d’une sicav émise en dollars, comme KBC Multisafe USD 9, ne vaut qu’en dollars. Si le billet vert baisse, c’est vous qui paierez la différence.
· Intéressez-vous de près à la durée de la sicav qu’on vous propose. Il est important que cette durée corresponde à votre horizon de placement. KBC Click Interest 33 par exemple court sur une période de plus de 12 ans. C’est trop pour la plupart d’entre vous. Et revendre anticipativement est rarement la solution : le capital n’est pas protégé et il y a des frais.
· Tenez compte des frais  que l’on vous porte en compte : frais d’entrée, frais de sortie anticipée. N’oubliez pas que vous ne touchez souvent pas de dividende avant l’échéance et que si vous ne récupérez que votre mise de départ, vous avez en fait perdu de l’argent puisque votre pouvoir d’achat est érodé par l’inflation.
· Ne croyez pas trop aux vertus de l’arbitrage. Beaucoup de banquiers proposent, après un certain temps, de passer à une autre sicav, une nouvelle. Cela entraîne des frais et l’opération n’est pas toujours à l’avantage du client.

Pour qui ?
· C’est la vraie question. Il y a beaucoup de produits sur le marché, mais il ressort de nos analyses que peu d’entre eux sont réellement intéressants. Et le verbiage des vendeurs n’est guère éclairant. Vérifiez bien si ce que l’on vous propose vous convient. Pour cela, ouvrez la page sur « Fonds assortis d'une protection du capital ».
· Ce type de produit n’est en rien une alternative au placement en actions. Les meilleurs peuvent tout au plus être considérés comme une alternative à un placement à revenus fixes (obligations ou bons de caisse), et encore, uniquement pour ceux qui donnent la priorité à la protection de leur capital en acceptant que leur rendement soit potentiellement élevé, mais incertain.
· Ici comme ailleurs, la règle de base est : plus le produit est sûr, plus son potentiel est réduit. On n’a rien pour rien. Jamais.

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