Analyse
Profitez vous aussi de la croissance de la Chine il y a 11 ans - jeudi 10 novembre 2005

L’économie chinoise est dans le lift, comme on dit. Pourtant, les marchés boursiers chinois ont perdu du terrain depuis quatre ans, alors que les sicav d’actions chinoises, elles, en gagnaient. Magie ?

· Nous vous avons proposé, dans le numéro 133 de F&S, un aperçu des sicav investissant en Asie du Sud-est. Vu le risque lié à ces placements, nous ne les conseillons qu’à ceux qui n’ont pas froid aux yeux. Et encore, pour une partie seulement de leur avoir et pour le long terme.
· On peut en dire autant des sicav d’actions chinoises, lesquelles permettent de tirer parti du potentiel qu’offre l’économie chinoise, actuellement la septième du monde.
· Autre avantage, le renminbi chinois (CNY) et le dollar de Hong Kong (HKD) sont arrimés respectivement à une corbeille de devises et au dollar américain, si bien que tout grand écart monétaire est exclu. D’ailleurs, si la Chine devait désarrimer ces devises (qui sont largement sous-évaluées), elles devraient monter et pas descendre. Ce serait un plus pour l’investisseur.

Forte croissance
· Le taux de croissance de l’économie chinoise était de 9,5 % en 2004 et on s’attend à 9 % pour cette année grâce à l’afflux d’investissements dans le pays. Pékin tente maintenant d’encourager l’investissement en province et d’assainir les institutions financières qui croulent sous des montagnes de mauvais crédits (dont elles ne sont pas sûres qu’ils seront remboursés) en soumettant les uns et les autres à des contrôles sévères. Apparemment, cela lui réussit. On peut donc s’attendre à une poursuite de la cadence sur le plan économique.
· Le plus grand danger pour l’économie chinoise est l’inflation négative, alias la déflation. On a trop investi dans nombre de secteurs comme l’acier, l’automobile et la construction et la concurrence est telle que les prix risquent de baisser, ce qui mordrait sur les marges bénéficiaires des sociétés.

Plusieurs Bourses
La Chine dispose d’un marché boursier fragmenté et certaines places boursières ne sont accessibles que partiellement aux investisseurs étrangers. Une différence doit être faite entre les Bourses du continent et les autres. Nous vous donnons par ailleurs une idée de leur taille dans “De grands garçons ?
· Il y a deux places boursières importantes sur le continent, Shanghaï et Shenzhen. Ces marchés comptent deux types d’actions, les A et les B:
– Les actions A sont cotées en renminbis et elles ne sont accessibles que par les Chinois et certains investisseurs étrangers. Il s’agit souvent d’actions de sociétés d’Etat (semi)privatisées;
– Les actions B sont cotées en dollars US sur la Bourse de Shanghaï et en dollars de Hong Kong sur la Bourse de Shenzhen. Elles sont accessibles à tous.
· La plus grande Bourse chinoise est toutefois celle de Hong Kong. On y trouve trois types d’actions:
– d’abord les entreprises ordinaires de Hong Kong, reprises dans le fameux indice Hang Seng;
– puis les red chips, les actions des grandes sociétés de Hong Kong qui sont surtout actives en Chine. Elles appartiennent à l’Etat, directement ou indirectement;
– ensuite les actions H. Il s’agit souvent de sociétés qui ont été privatisées puis introduites en Bourse de Hong Kong. C’est le cas par exemple du géant pétrolier chinois PetroChina;
· Enfin, il y a les actions N, cotées en Bourse de New York, et les actions L cotées en Bourse de Londres. Certains considèrent que la Bourse de Taïwan doit être ajoutée à la liste, d’autres vont même jusqu’à y inclure certaines actions chinoises cotées en Bourse de Singapour.

Différences de prestation
· Un simple coup d’œil sur le tableau accompagnant cet article vous en dit déjà long. Les différences de prestations sont très importantes. Lorsqu’on dit que la Bourse chinoise a perdu du terrain ces dernières années, on parle des Bourses du continent. La Bourse de Hong Kong et celle de Taïwan vont de record en record depuis 2003.
· Les mouvements des actions B de la Bourse de Shanghaï sont intéressants à observer. Ce sont ces actions qui ont amené le public occidental en Chine. Elles ont affiché des prestations parmi les meilleures du monde pour la période 1999 – 2001. 2001 est aussi l’année où le marché a été ouvert aux Chinois eux-mêmes, ce qui a fait monter le cours de ces actions au moment où toutes les autres places boursières déprimaient. Mais la déception a été amère par la suite (voir tableau).
· Si les fonds se sont bien comportés, c’est parce qu’ils investissent surtout sur les marchés matures et réglementés de Hong Kong et de Taïwan. Ils investissent beaucoup moins sur les places boursières du continent, et cela s’explique :
– ces marchés sont plus petits et moins liquides ;
– leur réputation est mauvaise en matière de ‘corporate governance’ et le ‘reporting’ des sociétés cotées est peu fiable ;
– l’Etat est encore propriétaire de beaucoup de ces sociétés. Il est déjà arrivé qu’il se lance dans des opérations soudaines: vente de participations ou introductions en Bourse. Avec les conséquences que l’on devine sur le marché.
Il y a cependant une amélioration. La vague des ventes est passée et ces actions sont redevenues intéressantes. Le gouvernement travaille à des mesures visant à restaurer la confiance des investisseurs. C’est pourquoi de plus en plus de grands investisseurs (comme les sicav) reviennent sur ces marchés.

PRESTATIONS DES BOURSES DE LA GRANDE CHINE (en %)

Marché

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Shanghaï A

61

-18

-30

-8

-21

0

Shanghaï B

152

102

-44

-23

-33

-10

Hong Kong (tout le marché)

-7

-17

-29

16

6

17

Taïwan

-44

15

-40

13

6

1

Après change en euros. Pour 2005, rendements jusques et y compris fin octobre. Les indices ne tiennent pas compte des dividendes. Les prestations de Chenzhen A et B sont comparables à celles de Shanghaï A et B.

Une offre abondante
· On ne compte pas les fonds de placement, ouverts et fermés, qui sont spécialisés dans les actions chinoises. Certains de ces fonds sont fort bien gérés. Dans la pratique, le choix se fait généralement entre les fonds qui n’investissent qu’en Chine (et à Hong Kong) et ceux qui visent plus large. On les reconnaît au fait que leur appellation comprend l’expression ‘Greater China’.
· Nous leur préférons pour le moment les fonds se limitant à la ‘petite Chine’, dont nous estimons le potentiel plus élevé. Nos favoris sont Dexia Invest Red Chips (*****) et Top Global China (Banque Corluy, ***) qui, tous deux, arrivent à aligner de bonnes prestations avec un degré de risque inférieur à celui du marché. ING (L) Invest Greater China (*) par contre doit être évitée.
· Depuis peu, vous pouvez aussi recourir sur Euronext à des trackers sur la Bourse chinoise. Mais nous leur préférons les sicav bien gérées.
· Pour terminer, n’oubliez pas les fonds fermés cotés en Bourse de New york. En ce moment, nous n’en trouvons aucun intéressant.

De grands garçons?
On dit de la Chine qu’elle sera demain la plus grande économie du monde. Soit. Mais on ne peut dire que ses marchés boursiers anticipent dans la même proportion. Lorsqu’on calcule le poids de chacun de ces marchés au niveau mondial, on obtient ceci (à titre indicatif, la Belgique = 0,8 %):
– Hong Kong       2,2 %
– Chine A            0,8%
– Chine B            0,4%
– Taïwan             0,9%

TOP GLOBAL CHINA (en gras) ET L’ENSEMBLE DU MARCHE BOURSIER CHINOIS DEPUIS 2000 (base = 100, en EUR)

La sicav de la Banque Corluy est une des deux sicav chinoises que nous recommandons. Les gestionnaires de cette sicav devraient continuer demain à trouver leur chemin sans problème sur l’ensemble des (complexes) marchés chinois. Attention : ce type de placement n’est pas pour tout le monde. Uniquement à titre de diversification et pour ceux qui n’ont pas peur du risque.

Partagez cet article