Analyse
C'est l'heure de la récolte pour le dollar canadien il y a 11 ans - jeudi 9 février 2006

Les sicav d’obligations en dollars canadiens ont affiché les meilleurs résultats de toutes les sicav obligataires en 2005.

Profitez de la belle progression du dollar canadien pour prendre vos bénéfices sur vos sicav obligataires dans cette devise. Mais cette prestation doit être mise dans sa quasi-totalité au crédit du dollar canadien (CAD) et de sa progression par rapport à l’euro : plus de 18 %. L’explication de cette hausse ? La forte hausse des investissements étrangers dans le pays.

Un bon bulletin
· C’est que depuis 2004 l’économie canadienne publie, trimestre après trimestre, de généreux taux de croissance : 2,9 % en 2004, 2,8 % en 2005 et probablement pas loin de 3 % pour 2006 alors que dans la zone euro on se contente péniblement de 1,2 % pour 2005 et que l’on n’attend pas plus de 1,8 % cette année.
· Le succès de l’économie canadienne n’est pas le fait du hasard. Le chômage a sensiblement baissé pour atteindre quasiment le plancher historique de 6,5 %, ce qui a soutenu la confiance des ménages. De ce fait, ils consomment allègrement. Tout comme ailleurs dans le monde, les taux d’intérêt canadiens sont fort peu élevés, si bien que le crédit est bon marché, ce qui encourage encore davantage la consommation.
· La vigueur de la demande que cela génère permet aux entreprises de faire tourner leur appareil de production, voire de l’augmenter. C’est ce qui explique le niveau élevé des investissements dans les entreprises. On le voit surtout dans le secteur de l’énergie, où les prix élevés justifient la mise en place de nouvelles infrastructures. Mais on le voit aussi dans toute l’industrie où de gros efforts sont faits pour tenir tête à la concurrence qui fait rage sur le marché mondial. Globalement, on constate d’ailleurs une augmentation de la productivité au Canada.
· Malgré ce rythme élevé, l’inflation demeure sous contrôle (1,6 % en décembre), de même que la dette publique (moins de 50 % du produit intérieur brut) et le déficit budgétaire (0,7 %). Apparemment donc, le ciel canadien est sans nuages.

Le revers de la médaille
· Evidemment, toute médaille a son revers et ces performances attirent les investisseurs, locaux et étrangers. La forte hausse du prix des matières premières a augmenté le pouvoir de séduction des entreprises du secteur. Un secteur qui représente près de la moitié de la capitalisation boursière de la Bourse de Toronto. Une Bourse, soit dit en passant, qui avec près de 47 % de hausse en 2005 peut se targuer d’être une des plus performantes au monde ! Bien sûr, après cet effort, il va de soi que son potentiel est limité. De même que sa forte dépendance à l’égard du secteur des matières premières n’est pas exempte de risque. Bref, pour le moment, il vaut mieux ne pas y toucher.
· Si les investisseurs étrangers, et notamment asiatiques, se bousculent au portillon, c’est encore pour une autre raison : le return élevé des obligations en dollars canadiens. Tout cela a gonflé la demande en dollars canadiens et explique la hausse du cours de la devise. Une devise qui a selon nous épuisé le meilleur du potentiel qu’on pouvait en attendre. Les obligations en CAD offrent toujours un coupon légèrement plus élevé que les autres (c’est-à-dire celles qu’on trouve dans nos contrées), mais l’écart s’amenuise et il est à notre avis devenu insuffisant pour justifier un achat.

Vendre et puis ?
· Nous vous conseillons de vendre vos sicav d’obligations en dollars canadiens. Investissez-en le produit sur des marchés où le potentiel est plus élevé. Vous trouverez les sicav que nous considérons comme intéressantes imprimées en gras dans les tableaux.
· La solution la plus économique est de passer d’un compartiment à l’autre dans la même sicav. Cela vous évite de payer de nouveaux frais d’entrée, lesquels peuvent grimper jusqu’à 3 %. Les détenteurs de parts de Dewaay Canadian Bonds peuvent passer par exemple à Dewaay American Bonds (***) ; ceux d’ING (L) Renta Fund II CAD ou KBC Renta Canarenta peuvent eux aussi envisager cette solution. Les clients d’ING ne doivent pas payer de frais d’entrée s’ils passent à ING (L) Renta Fund II GBP (obligations en livres sterling, **) ou à ING (L) Renta Fund II SEK (obligations en couronnes suédoises, ***). Par contre, ils doivent bourse délier (3 %) s’ils optent pour ING (L) Renta Fund Yen (obligations en yens, ***) du fait qu’il s’agit d’une autre sicav.
Les clients de CBC-KBC peuvent choisir entre KBC Renta Dollarenta (obligations en dollars américains, ***), KBC Renta Sekarenta (obligations en couronnes suédoises, ***), KBC Renta Swissrenta (obligations en francs suisses, **) ou KBC Renta Yenrenta (obligations en yens).

EVOLUTION DU DOLLAR CANADIEN EN EUROS

La devise canadienne a livré l’essentiel de son potentiel. Prenez votre bénéfice en revendez vos sicav d’obligations en CAD dont l’écart de taux avec l’euro s’amenuise de plus en plus. On trouve mieux sur d’autres marchés.

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