Analyse
Le kangourou ne saute plus aussi haut qu'avant il y a 11 ans - jeudi 9 mars 2006

Les sicav obligataires en dollars australiens ont fait leur temps.

Les sicav obligataires en dollars australiens ont fait leur temps.

Pour la première fois depuis 1999, les sicav obligataires en dollars australiens ne figurent plus dans nos portefeuilles types. Nous prenons donc congé d’un placement dont le rendement a été, ces dernières années surtout, favorisé par l’appréciation du dollar australien (par rapport à l’euro) et par le niveau élevé des taux qu’offre cette devise. Mais ce qui compte, c’est l’avenir. Bref, nous avons changé d’avis.

Potentiel épuisé
Tout amateur d’investissement obligataire en devise étrangère doit bien mesurer le potentiel de celle-ci. Jusqu’ici, le dollar australien (AUD) a été à la hauteur de nos attentes. La forte demande en matières premières (dont l’Australie est un gros producteur) et la générosité des taux obligataires australiens ont fait sensiblement monter le cours de la devise. Sa hausse de 4,2 % sur les douze derniers mois a même fait en sorte que pour la première fois depuis dix ans on peut dire que le dollar australien est correctement évalué par rapport à l’euro. Adieu potentiel, donc.

Avantage de taux
· Autre aspect auquel doit s’attacher l’amateur d’investissement obligataire, le niveau des taux d’intérêt par rapport à ce qui est en offert en euros pour des emprunts comparables. On l’a dit, le dollar australien est plus généreux que l’euro, quelle que soit la durée prise en considération. Pour le moment, l’écart est de 2 % environ pour les obligations de durée moyenne (jusqu’à 5 ans) et de 1,7 % pour les durées plus longues (jusqu’à 10 ans). En clair, un emprunt d’Etat en AUD d’une durée de 10 ans donne un coupon de 5,25 % environ contre 3,55 pour l’équivalent belge.
· A première vue, tout va bien. Mais une chose nous dérange : cet écart fond comme neige au soleil. S’il était encore de 2,3 % en septembre dernier, il a aujourd’hui fondu d’un demi pour cent environ. Et à notre avis la banque centrale australienne ne devrait plus augmenter ses taux directeurs, parce que l’inflation et les prix immobiliers sont sous contrôle aux antipodes. Cela influencera aussi les taux obligataires. Autrement dit, chaque fois que la Banque centrale européenne va relever ses taux, comme nous le prévoyons au cours des prochains mois, l’écart de taux va se réduire et le dollar australien va perdre en attrait, voire se déprécier. Ce risque monétaire n’est plus suffisamment compensé par le supplément de coupon.

Et les actions australiennes ?
Contrairement aux obligations, elles restent intéressantes. Pour trois raisons : le dynamisme économique australien, l’avantage que la baisse de la devise va apporter aux sociétés exportatrices et le caractère encore bon marché de la Bourse de Sydney. Ces facteurs compensent suffisamment, eux, le risque monétaire.

Ce qu’il faut faire
· Nous conseillons à ceux qui détiennent des parts de sicav obligataires en dollars australiens de prendre leur bénéfice et de réinvestir dans d’autres sicav obligataires offrant plus de potentiel, en couronnes suédoises ou  en livres sterling.
· Il est important que ce transfert se fasse en tenant compte de votre profil de risque et de la composition de votre portefeuille. Tout ne convient pas à tout le monde. Vous trouverez par ailleurs dans ce numéro un article dans lequel nous recommandons les sicav obligataires en francs suisses, mais uniquement pour ceux parmi vous qui ont un horizon de placement limité (environ 5 ans) et qui ne veulent pas prendre trop de risques. Inspirez-vous aussi de nos portefeuilles types. Vous en trouverez d’autres dans la rubrique ‘Stratégie’.
· Faites autant que possible usage de la possibilité de transférer votre avoir au sein de la même sicav, mais dans un autre compartiment. Cela vous coûtera moins cher en frais. Chez ING, cela représente une économie de 3 %, chez CBC-KBC de 2,5 %. Mais la taxe de Bourse sur les sicav de capitalisation (1,1 %) est toujours d’application, elle! Concrètement:
– les détenteurs d’ING (L) Renta Fund II AUD peuvent passer à ING (L) Renta Fund II GBP (***, obligations en livres sterling) ou à ING (L) Renta Fund II SEK (***, obligations en couronnes suédoises). Si par contre vous voulez passer au yen japonais, au dollar américain ou aux obligations « corporate » en euros, vous devez payer le prix plein (3 %), ces compartiments étant dans une autre sicav ;
– les détenteurs de KBC Renta AUD-Renta ont le choix. Ils peuvent passer gratuitement à KBC Renta Dollarenta (***, dollar américain), à KBC Renta Sekarenta (***, couronne suédoise), à KBC Renta Swissrenta (**, franc suisse) ou à KBC Renta Yenrenta (***, yen japonais) ;
– idem pour les détenteurs de KB Lux Bond Australian Dollar (Kredietbank Luxembourg). Début février, ces épargnants ont été informés de ce que leur sicav était reprise dans KBC Renta AUD-Renta. Le rapport de conversion est de 0,894592 parts de la sicav de CBC-KBC par part de la sicav de KBL. La politique de gestion des deux sicav est identique;
– enfin, les détenteurs de Fidelity II Australian Dollar Currency Fund ne paient pas de frais d’entrée s’ils passent à Fidelity II Euro Corporate Bond Fund (obligations « corporate » de qualité en euros).

Rien ne vous empêche de négocier une réduction de vos frais d’entrée lorsque vous souhaitez passer à une toute autre sicav. Après tout, vous restez client et cela mérite une gratification.

ING (L) RENTA FUND II AUD (en AUD)

La plus ancienne sicav obligataire en AUD de notre marché a fait un parcours intéressant puisqu’en moyenne elle a dégagé un rendement annuel de 6,5 %. Si l’on fait la conversion en euros, ce chiffre passe à plus de 8 %. Prenez votre bénéfice et réinvestissez dans une sicav offrant plus de potentiel comme une sicav d’obligations en couronnes suédoises ou en livres sterling.

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