Analyse
Les actions restent en tête il y a 11 ans - jeudi 9 mars 2006

Février a encore été bon pour les placements en actions. Mais les amateurs d’obligations ont été moins gâtés.

Février a encore été un bon mois pour les placements en actions. Par contre, les amateurs d’obligations ont été nettement moins gâtés. Les cours de change y sont pour beaucoup.

· Les marchés boursiers ont poursuivi en février sur la lancée de l’excellent mois précédent. Une fois encore, les sicav investissant dans les petites valeurs (= les ‘small caps’) se sont distinguées, dans le bon sens du terme en Europe, dans le mauvais en Amérique du Nord. Vous pouvez toujours considérer que des sicav comme Dexia Equities B EMU Small Cap (+ 5,9 %, zone euro, ****), AXA Rosenberg Pan-European Small Cap Alpha (+ 3,7 %, Europe, ***) et Parvest US Small Cap (- 2,5 %, V.S., *****) constituent un utile complément dans un portefeuille déjà diversifié.

LES MARCHES BOURSIERS EN FEVRIER 2006

Bourse

Evolution (1) sur

1 mois

3 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

1.8%

9.5%

22.5%

Athènes (ATHEX 20)

7.3%

22.0%

32.7%

Bruxelles (BEL 20)

2.5%

13.1%

23.6%

Francfort (DAX 30)

2.2%

11.4%

29.9%

Hong Kong (Hang Seng)

2.9%

5.3%

25.5%

Lisbonne (PSI 20)

8.1%

16.8%

20.0%

Londres (FTSE 100)

0.9%

6.9%

18.0%

Madrid (IBEX 35)

5.7%

11.2%

25.0%

Milan (MIB 30)

2.5%

10.4%

17.3%

Nasdaq Composite

0.8%

1.0%

23.8%

New York (S&P 500)

1.9%

1.4%

18.5%

Paris (CAC 40)

1.1%

9.5%

24.2%

Stockholm (OMXS 30)

1.3%

10.2%

24.0%

Sydney (ASX - AORD)

0.0%

5.6%

22.3%

Tokyo (NIKKEI 225)

0.2%

11.3%

38.4%

Toronto (S&P/TSX Composite)

0.1%

9.7%

45.4%

Zurich (SMI)

0.5%

5.6%

30.8%

(1) en %, après conversion en euro, fin février 2006

· Nous avons aussi remarqué les excellentes prestations de quelques sicav investissant dans les pays méridionaux de la zone euro. Il y a longtemps que l’on n’avait plus vu de telles prouesses de la part de sicav investissant en actions espagnoles (+ 6 %) et portugaises (+ 8,3 %). Pour les actions grecques (+ 6,5 %), on avait déjà vu. Nous n’investirions toutefois pas (plus) dans ces pays, l’offre en sicav étant trop limitée. Préférez une sicav diversifiée sur l’ensemble de la zone euro ou sur l’ensemble de l’Europe, par exemple Dexia Equities B EMU Value (+ 3,1 %, **), ING (L) Invest Euro High Dividend (+ 3,4 %, ***), SISF Euro Equity A (distribuée par la Deutsche Bank, + 3,2 %, ***) et Fidelity European Growth A (+ 1,7 %, ***).
· Sur le marché des changes , les choses ont fort bougé, ce qui a parfois posé problème pour certaines sicav obligataires.  Notons la mauvaise prestation de la couronne suédoise (SEK, - 2 % par rapport à l’euro) et du dollar néo-zélandais (NZD, - 1,6 %). Cela vous dit déjà quelles sont les deux catégories de sicav obligataires qui ont déçu en février… N’investissez pas pour le moment dans cette devise.

LES DEVISES EN FEVRIER 2006

Code

ISO

Devise

Cours (1)

(en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 mois

1 an

1 an

LT

DKK

Couronne danoise

0,1340

0.0%

-0.2%

=

=

SEK

Couronne suédoise

0,1059

-2.0%

-4.1%

+

++

NOK

Couronne norvégienne

0,1243

0.5%

2.1%

-

-

CHF

Franc suisse

0,6395

-0.5%

-1.7%

=

++

GBP

Livre sterling

1,4689

0.4%

1.2%

=

=

USD

Dollar américain

0,8388

1.9%

11.4%

-

-

CAD

Dollar canadien

0,7371

2.3%

20.2%

-

-

AUD

Dollar australien

0,6231

0.0%

4.2%

-

-

NZD

Dollar néo-zélandais

0,5553

-1.6%

1.1%

-

--

JPY

Yen japonais (100)

0,7242

2.9%

0.2%

+

++

(1) fin février 2006, p.ex. 1 USD vaut x euros ; (2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

Le tour du monde
· Les sicav d’actions mondiales ont en moyenne progressé de 1,7 %. Aviva Global Equity (+ 0,4 %, *) et Fortis L Equity World (+ 0,7 %, *) ont fait un peu moins bien. La première a payé ses choix pour les entreprises de forage Transocean Inc. (- 6,9 %) et Baker Hughes (- 10,6 %), la seconde pour ses choix en faveur de Microsoft (- 2,8 %) et de Total (- 7,1 %), les deux plus gros postes de son portefeuille. AXA B Fund Talents (+ 3,1 %, *) par contre a misé sur des sociétés qui nous sont moins connues comme l’armateur chinois China Cosco Holdings (+ 5,3 %) et l’entreprise minière russe MMC Norilsk Nickel (+ 6,3 %). A noter aussi, l’excellente prestation de Contrarian Equities@Work (Capital@Work, +3 %, ***) qui a tablé sur la bonne forme du groupe français d’assurance AXA (+6,2 %).
· Nous conseillons ce type de sicav à ceux parmi vous qui veulent se constituer en une fois un portefeuille d’actions largement diversifié. Attention toutefois : les différences sont fortes d’une sicav à l’autre. Préférez Aphilion Q² Equities et Contrarian Equities@Work qui, toutes deux, présentent régulièrement de meilleurs résultats que les autres.

EVOLUTION D’APHILION Q² EQUITIES (en gras) ET DE L’INDICE BOURSIER MONDIAL (base = 100, en EUR)

La sicav d’Aphilion fait régulièrement nettement mieux que l’indice boursier mondial. Une fleur que peu de gestionnaires de sicav peuvent mettre à leur chapeau. Vous pouvez encore acheter.

Small is not beautiful
· Les sicav d’actions centrées sur l’Amérique du Nord ont en moyenne gagné 1,5 %. Comme dit plus haut, les sicav spécialisées dans les actions de petites et moyennes entreprises ont déçu. Ainsi, Parvest US Small Cap (distribuée par Cortal Consors, *****) a perdu 2,5 % et Fortis L Equity Mid Caps USA (***) n’a gagné que 0,6 % alors qu’à lui seul le dollar s’est déjà apprécié de 1,9 % ! L’explication est simple : ces deux sicav investissent en actions de sociétés du secteur pétrolier et gazier, fort chahuté en février, comme Xto Energy (- 13,1 %), Tidewater (- 8,9 %), Tesoro (- 15,1 %) et National Oilwell (- 18,5 %). Par contre, PAM Equities North America (Petercam, *, + 3,5 %) décroche à nouveau la timbale grâce à Boeing (+ 8,4 %) et à Caterpillar (+ 9,6 %).
· La Bourse américaine est correctement évaluée. De plus, les sociétés américaines bénéficient d’un environnement économique dynamique. Vous pouvez encore acheter Fidelity America A (**), Dexia Sustainable North America (**) et KBC Index United States (**).

Actions flamandes
· Au rayon des sicav d’actions belges (+ 3,5 % en moyenne), ce sont surtout les valeurs du nord du pays qui ont bien travaillé. La meilleure sicav du lot, KBC Equity Flanders (**, +5,3 %), est aussi celle qui a le plus progressé. Argenta Fund Actions flamandes (*,  +4,9 %) lui a emboîté le pas, de même que la pionnière Vlam-21 (ABN Amro, +4,4 %, *). Ces sicav présentent des portefeuilles fort semblables dans leur composition, mais pas dans leur pondération. C’est ce qui fait la différence. La sicav de CBC-KBC accorde davantage de poids à ICOS Vision Systems (+ 17,3 %) et à Almancora (+ 6,2 %), alors que Barco (+ 1,3 %) a plutôt freiné l’avancée de la sicav d’ABN Amro.
· Optez plutôt pour Osiris High Yield Belgian Shares (Banque Degroof, *****) qui, elle, mise sur les actions à haut rendement (sur dividende) et a fait ses preuves.

Résultats et fusions
· Les sicav d’actions du secteur financier peuvent se targuer d’un beau + 5,1 % en moyenne. Un coup d’oeil sur nos tableaux montre que c’est l’Europe qui a fait l’essentiel du travail. Les excellents résultats de nombre d’institutions financières (ING, Société Générale) ont donc été célébré en Bourse. Les sicav de cette catégorie investissant en Europe font nettement mieux que leurs équivalentes mondiales. On notera surtout les performances de SGAM Equities Euroland Financial A (SG De Maertelaere, *, + 7,4 %) et de Dexia Equities B European Finance (*, + 6,5 %). La première a misé sur Société Générale (+ 9,4 %) et sur Commerzbank (+ 9,5 %), la seconde sur les banques grecques EFT Eurobank Ergasias (+ 9,2 %) et Alpha Bank (+ 13,2 %).
· Vous pouvez encore investir dans ce secteur. Globalement, ces actions sont encore bon marché et leur cours sera soutenu par le mouvement de fusion que connaît le monde financier. Nous ne faisons pas de différence entre l’Europe et le reste du monde. Notre préférence va à Fidelity Financial Services A (distribuée entre autres par la Deutsche Bank, **, + 3,3 %), dont un quart du portefeuille est investi aux Etats-Unis et 10 % environ au Japon, le solde étant constitué de valeurs européennes comme Royal Bank of Scotland (+ 10,1 %) et le groupe immobilier British Land (+ 5,3 %).

LES SECTEURS EN FEVRIER 2006

Sector

Evolution (1) sur

1 mois

3 mois

12 mois

En Europe

Secteur financier

6.0%

16.4%

37.5%

Secteur pharmaceutique

-1.2%

2.8%

27.7%

Secteur télécom

0.6%

-1.4%

-1.6%

Secteur technologique

0.9%

7.3%

27.2%

Secteur de la consommation

4.3%

11.9%

33.1%

Secteur de la distribution

5.1%

14.7%

18.7%

Sociétés d’utilité publique

8.0%

20.2%

42.1%

Dans le monde

Secteur financier

4.4%

10.5%

36.5%

Secteur pharmaceutique

1.5%

4.3%

26.0%

Secteur télécom

2.3%

2.4%

13.2%

Secteur technologique

-0.5%

3.2%

28.6%

Secteur de la consommation

3.4%

8.6%

31.3%

Secteur de la distribution

1.9%

2.8%

22.0%

Secteur d’utilité publique

6.0%

13.2%

39.1%

(1) en %, après conversion en euro, fin février 2006

FIDELITY FINANCIAL SERVICES A (en gras) ET L’INDICE FINANCIER MONDIAL (base = 100, en EUR)

 

Nous sommes convaincus que le secteur financier va encore tirer parti de ses efforts pour réduire ses coûts et du mouvement de concentration qu’il connaît. La sicav de Fidelity est un bon outil pour en bénéficier.

Sicav d’obligations : des résultats divers
Les sicav d’obligations ont enregistré des progressions variables. Les sicav en couronnes suédoises et en dollars néo-zélandais figurent en bas du classement avec des pertes moyennes de respectivement 1,5 et 1,1 %. A l’opposé, on trouve celles en dollars canadiens (+ 2,8 % en moyenne), en yens japonais (+ 2,6 %) et en dollars américains (+ 2 %), qui ont profité de l’appréciation des devises respectives (voir tableau des devises). Quant aux sicav d’obligations en euros, elles ont fait du sur place, ce qui n’est finalement pas si mal quand on sait que les taux obligataires ont légèrement remonté en février. Pour rappel, lorsque les taux montent, le cours des obligations existantes baisse et inversement.

Coup d’arrêt
· Nous le disions, les sicav d’obligations en euros, qu’elles investissent en obligations à court, à moyen, à long terme ou en obligations d’entreprises (« corporate »), ont fait du sur place en février. En cause, la hausse des taux. Une hausse qui est restée limitée. Les coupons encaissés entre-temps ont donc pu en compenser l’effet négatif, ce qui explique que ces sicav ont pu limiter les dégâts (cette fois).
La hausse des taux obligataires s’inscrit dans un contexte où l’inflation (c’est-à-dire la progression moyenne des prix) est plus élevée que prévu. Pour les investisseurs (comme pour tout le monde), inflation = diminution du pouvoir d’achat à terme. Pour compenser ce désavantage, ils exigent un rendement plus important, donc des taux plus élevés. Une exigence confortée par la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de relever début mars, et ce pour la deuxième fois en trois mois, son taux directeur (= taux à court terme), qu’elle a porté de 2,25 à 2,50 %. On ne devrait pas en rester là et on peut donc s’attendre à ce que les taux obligataires suivent le même chemin. Le rendement des sicav pourrait en souffrir quelque peu au cours des prochains mois. Mais, s’agissant d’un placement en obligations en euros, donc peu risqué, le risque de fluctuations importantes nous semble limité, d’autant que la hausse des taux obligataires devrait être progressive et de toute façon limitée.
· Les sicav d’obligations en euros méritent toujours une (petite) place dans tout portefeuille diversifié, surtout si vous souhaitez en limiter le risque. Notre préférence va actuellement aux sicav investissant en obligations d’entreprises. Leur rendement est un peu plus élevé que celui des obligations d’Etat et la différence de risque est parfaitement acceptable. Nous vous conseillons PAM (L) Bonds EUR Quality (Petercam, ***), Dexia Sustainable Euro Corporate Bonds (***) et Fortis L Bond Corporate Euro (***).
Si vous détenez encore des parts de sicav d’obligations à long terme, il est plus que temps de vendre. Ces obligations sont particulièrement sensibles à toute remontée des taux. De toute manière, vous empocherez au passage une coquette plus-value.

EVOLUTION DE PAM (L) BONDS EUR QUALITY (en euros)

Lorsque les taux obligataires remontent, comme ce fut le cas en 1994 et en 1999, la valeur des sicav s’en ressent. Mais, comme le montre le graphique, les fluctuations restent limitées et sont résorbées au bout de 2 à 3 ans. La sicav de Petercam est intéressante car elle permet de limiter le risque dans votre portefeuille tout en vous assurant d’un rendement convenable à terme.

Couronne suédoise
· ING (L) Renta Fund II SEK (***) et KBC Renta Sekarenta (***, CBC-KBC) ont toutes deux perdu 1,5 % en février. Ces deux sicav, qui investissent en obligations en couronnes suédoises, ont été pénalisées par la baisse de cette devise par rapport à l’euro (-2 %). Les investisseurs s’attendaient à ce que les taux obligataires suédois (qui sont actuellement de 3,25 % pour un placement d’une durée de 5 ans) rattrapent rapidement les taux de la zone euro (3,40 %). Ce sera pour plus tard parce que l’inflation suédoise est moins élevée que prévu, si bien que la banque centrale suédoise ralentira le rythme de ses hausses de taux dans les mois à venir. L’écart de rendement devrait donc subsister quelque temps encore, d’autant que les taux de la zone euro sont repartis à la hausse. Maigre consolation, la révision à la baisse des appréhensions suédoises en matière d’inflation font que ce pays est un des seuls où les taux obligataires ont baissé en février, ce qui a permis de freiner en partie le recul dû à la baisse de la devise.
· La couronne suédoise ne va pas s’apprécier à court terme, mais comme elle est fortement sous-évaluée par rapport à l’euro, elle reste une diversification intéressante à moyen ou long terme. Lorsqu’elle rattrapera son retard, cela gonflera le rendement de vos sicav.

EVOLUTION DE LA COURONNE SUEDOISE (en euros)

Fin 2005, beaucoup d’investisseurs ont parié sur une réduction de l’écart de rendement entre les obligations en couronnes suédoises et celles en euros, ce qui explique la remontée de la devise nordique à cette période. Cet écart pourrait toutefois mettre plus longtemps que prévu à se résorber, ce qui pénalisera la couronne. Mais cette dernière est fortement sous-évaluée. Donc elle reste intéressante à acheter.

Yen en forme
· Les sicav d’obligations en yens japonais se sont appréciées de 2,6 % en moyenne. Si la hausse des taux japonais a quelque peu pesé sur la valeur de ces sicav en devise locale, la chose a été compensée par la hausse du yen, qui s’est apprécié de 2,9 % par rapport à l’euro. Après conversion en euros, les résultats sont donc franchement dans le vert. A notre avis, le yen va poursuivre sa remontée face à l’euro. La croissance économique est de retour au Japon, ce qui incite les autorités à multiplier les discours en faveur d’une hausse des taux. Cela mettrait fin à la politique des taux « zéro » en vigueur depuis 2001. Toute hausse des taux japonais rendra les actifs libellés en yens plus intéressants aux yeux des investisseurs, ce qui poussera la devise à la hausse.
· Vu ces bonnes nouvelles, les sicav d’obligations en yens méritent une petite place dans les portefeuilles défensifs. L’impact négatif d’une hausse des taux sur la valeur des sicav sera largement compensé, selon nous, par la hausse attendue de la devise. Vous pouvez acheter ING (L) Renta Fund Yen (***), KBC Renta Yenrenta (CBC-KBC) ou Parvest Japan Yen Bond (Cortal Consors, **).

EVOLUTION DU YEN JAPONAIS (en euros)

La devise nipponne a longuement souffert de la politique des taux « zéro » menée pour relancer l’économie. Aujourd’hui, la croissance est de retour et les autorités préparent une remontée des taux. Ce sera tout bénéfice pour le yen.

EVALUATION SECTORIELLE

Nom du secteur

Score

Sicafi

++

Alimentation et boissons

+

Finances

+

Utilité publique

+

Pharma

+

Télécoms

=

Distribution

=

Technologie

--

L’évaluation sectorielle s’attache à la valorisation et au risque des actions d’un secteur particulier. Elle fluctue entre ++ (très bon) et -- (très mauvais). En cas d’évaluation identique, les secteurs sont classés par ordre de préférence, du meilleur au moins bon.

Partagez cet article