Analyse
Le Royaume-Uni, une valeur sûre il y a 10 ans - vendredi 15 septembre 2006
Les actions britanniques ont encore de beaux jours devant elles et la Bourse de Londres est à peu près la moins chère du monde occidental. 

Les actions britanniques ont encore de beaux jours devant elles. La Bourse de Londres est à peu près la moins chère du monde occidental et son rendement sur dividende fait la joie des investisseurs. Vous pouvez donc acheter. Par contre, pour les sicav obligataires en livres sterling, leur hausse récente est une bonne occasion pour prendre son bénéfice.

MIEUX QUE LES AUTRES

Il y a un peu plus d’un an, la Banque d’Angleterre a décidé de réduire son taux directeur d’un quart de pour cent, pour le ramener à 4,5 %. L’économie et surtout le marché immobilier étaient manifestement sortis de la période de surchauffe qui avait justifié un taux plus élevé et la livre sterling cotait à un niveau record par rapport au dollar. Il y a peu, la même Banque d’Angleterre a décidé d’augmenter à nouveau son taux directeur de 0,25 %. Pourquoi ? Parce que la croissance de l’économie britannique était de 2,6 % au deuxième trimestre alors que la moyenne européenne ne dépasse pas 2 %. Le risque d’inflation a ressurgi. En juillet, l’inflation outre-Manche était de 2,4 % alors que l’objectif est de la contenir à moins de 2 %. Et le consommateur britannique s’est remis à consommer furieusement tandis que les prix de l’immobilier sont repartis à la hausse.

LA LIVRE STERLING, VALEUR REFUGE
· La bonne marche de l’économie outre-Manche et la politique plus restrictive de la Banque d’Angleterre jouent en faveur de la devise locale. Plus les taux en livres sterling sont élevés, plus les placements dans cette devise sont intéressants, plus la livre sterling s’apprécie. Le niveau des taux britanniques explique d’ailleurs pourquoi la livre sterling est utilisée de plus en plus comme monnaie de réserve par les banques centrales. Elle a pris place dans le trio de tête des monnaies de réserve mondiales, derrière l’euro et le dollar, d’où elle a éjecté le yen.
· La stabilité de la livre sterling par rapport à l’euro est remarquable ces dernières années (voir graphique) et illustre le statut de valeur refuge qu’elle a acquis. Le Royaume-Uni attire surtout énormément de capitaux des pays exportateurs de pétrole du Proche-Orient. Pour nous, la livre sterling est en ce moment correctement évaluée.

EVOLUTION DE LA LIVRE STERLING (par rapport à l’euro)

La livre sterling est aujourd’hui correctement évaluée. Les violentes fluctuations d’autrefois sont oubliées. Pour les années à venir, nous nous attendons à voir la livre sterling rester relativement stable par rapport à l’euro.

DES ACTIONS BON MARCHE
· La Bourse de Londres est une des moins chères du monde occidental. Nous nous fondons pour cela sur les cours boursiers et les prévisions bénéficiaires des sociétés cotées. Prenons comme exemples les cinq valeurs cotées les plus importantes (voir encadré). Trois d’entre elles sont bon marché, les deux autres sont correctement évaluées. A côté de ces critères, il faut aussi tenir compte du rendement sur dividende : avec un peu plus de 3 %, il joue clairement en faveur des actions britanniques quand on sait que dans la zone euro ce chiffre tourne autour de 2,7 %. Le rendement sur dividende attire pas mal de gros investisseurs et fait office de brise-lames en cas de tempête boursière.
· Sur le plan sectoriel, la Bourse de Londres est bien diversifiée. Les finances dominent avec des géants comme HSBC Holdings (bon marché), Royal Bank of Scotland (bon marché) et Barclays (bon marché), suivies par les valeurs pharma où brillent GlaxoSmithKline (correctement évaluée) et AstraZeneca (correctement évaluée). Ces deux secteurs sont à nos yeux toujours intéressants.
· Bien que la Bourse de Londres soit une des plus importantes au monde, on ne trouve pas dans notre pays énormément de sicav d’actions misant sur ce marché. ING et Fortis n’ont même plus une seule sicav (entièrement) dévolue aux actions britanniques et AXA Banque vient de faire disparaître de son étalage AXA WF British Equities. Ces trois institutions proposent désormais des sicav régionales qui investissent partiellement en Bourse de Londres. En général, les sicav européennes y consacrent un tiers de leur portefeuille, les sicav mondiales 10 %.

Les vedettes de la bourse de londres

La Bourse de Londres est une des plus anciennes du monde (après... Anvers !) et sa capitalisation boursière en fait le n° 3 mondial derrière New York et Tokyo.

Nous vous proposons de jeter un coup d’oeil sur les cinq principales valeurs de la Bourse de Londres, leur secteur, leur poids dans l’ensemble de la Bourse et leur évaluation par nos collègues de Budget Hebdo. Cela vous donne aussi une idée des principaux postes qu’on retrouve dans la plupart des sicav d’actions britanniques.

1. BP                                         énergie    7 %        bon marché

2. Royal Dutch Shell              énergie    7 %        correctement évalué

3. HSBC Holdings                  finances    6 %      bon marché

4. GlaxoSmithKline                 pharma    5 %       correctement évalué

5. Vodafone                              télécoms    4 %    bon marché

EVOLUTION DE LA BOURSE DE LONDRES (en gras) ET DE L’INDICE BOURSIER MONDIAL DEPUIS 2001 (base = 100)

Les bonnes perspectives économiques du Royaume-Uni combinées aux qualités de la Bourse de Londres sont le meilleur argument qui soit en faveur des actions britanniques. Vous pouvez encore acheter.

· Lorsque l’on regarde les sicav disponibles sur le marché, on constate de nombreuses ressemblances entre les portefeuilles. Nous trouvons trois sicav meilleures que les autres sur la base de leurs résultats, du risque qu’elles représentent et de la régularité de leurs performances. JPMorgan UK Equity A, la seule sicav *** du lot, présente le défaut de ne proposer que la distribution. Après déduction des frais d’encaissement et du précompte mobilier, il ne reste plus grand-chose du dividende, bien qu’il soit fort élevé. Nous préférons Balzac UK Index (**) et Merrill Lynch IIF United Kingdom A (**).
· Il existe un tracker, iShares FTSE 100, aligné sur le FTSE 100, l’indice boursier le plus populaire de la Bourse de Londres. Ne perdez pas votre temps, ce tracker ne soutient pas la comparaison avec les sicav précédemment citées.
· La stabilité de la livre sterling (voir plus haut) a un effet secondaire intéressant : les placements en livres sterling fluctuent moins et présentent donc moins de risques. De ce fait, le degré de risque d’une sicav d’actions britanniques descend de 4 à 3. Nous y reviendrons le mois prochain.

CONCLUSION
· L’économie britannique va bien, la Bourse de Londres est bon marché et la livre sterling est correctement évaluée.
· Les placements en livres sterling apportent une diversification bienvenue à votre portefeuille et ils sont moins risqués qu’auparavant.
· Notre préférence va aux sicav Balzac UK Index (**) et MLIIF United Kingdom A (**). Vous pouvez y investir jusqu’à 20 % de votre avoir.

Prenez votre bénéfice sur vos sicav obligataires en livres sterling

· La livre sterling, cet été, s’est appréciée de 2,7 % par rapport à l’euro. Depuis notre conseil d’achat d’avril 2005 (F&S 128), les sicav d’obligations dans cette devise ont gagné près de 8 % (après conversion en euros). A titre de comparaison, leurs équivalentes en euros n’ont gagné que 3 %. Nous vous conseillons donc de prendre votre bénéfice sur vos sicav obligataires en livres sterling pour vous tourner vers des sicav offrant un potentiel plus élevé. Voyez notre rubrique « Stratégie  ».

· Si vous êtes d’un naturel prudent, ne prenez que partiellement votre bénéfice. L’écart de rendement qu’il y a entre les obligations en livres sterling et leurs équivalentes en euros est toujours bon à prendre. Pour les emprunts sur cinq ans, cet écart est de 1,1 %.

· Puisque ING a décidé de retirer de sa gamme ING (L) Renta Fund II GBP (**), il ne reste plus que trois sicav dans cette catégorie. Nous éviterions Fidelity Sterling Bond A (***) pour son dividende trimestriel. Par contre, KBC Renta Sterlingrenta (**), qui a surtout bien travaillé ces trois dernières années, nous paraît une option à envisager.

Partagez cet article