Analyse
Vous avez dit 'return absolu' ? il y a 11 ans - vendredi 15 septembre 2006
Les fonds de « return absolu » connaissent une popularité croissante. Beaucoup de banques les ont mis en étalage en les présentant comme des produits d’avenir.

Les fonds de « return absolu », et en particulier les fonds défensifs de « return total », connaissent une popularité croissante. Beaucoup de banques les ont mis en étalage en les présentant comme des produits d’avenir. Le mot d’ordre ? Dégager un return positif quelle que soit la météo boursière. A première vue, c’est séduisant. Mais attention, tout a un prix.

Ils ressemblent aux autres fonds de placement, mais ils n’en sont pas. Est-ce bien le cas ? S’il faut en croire leurs promoteurs, les fonds de return absolu combinent les avantages des fonds de placement classiques et des “hedge funds”. Selon d’autres, les stratégies de return absolu ne sont une innovation que sur le plan du marketing puisque tous les fonds de placement tendent, à terme du moins, au return absolu. Jetons un coup d’œil sous leur capot.

RELATIF OU ABSOLU ?
La grande différence, sur papier du moins, entre un fonds de placement classique et un fonds de return absolu tient à l’objectif poursuivi.
· Les fonds de placement classiques visent au “return relatif” en ce sens que leur objectif est de faire au moins aussi bien que l’indice auquel ils se rattachent. Lorsque la Bourse de Bruxelles monte, tous les fonds de placement en actions belges montent aussi – en principe. Le gestionnaire de celui qui monte davantage peut déboucher le champagne : il fait mieux que son indice, comme on dit. L’inverse est tout aussi vrai : lorsque la Bourse baisse, tout le monde baisse. Le gestionnaire qui parvient à limiter les dégâts sera considéré comme talentueux, avec cette différence que de toute manière vous, l’épargnant, en ferez les frais.
· Les fonds de return absolu opèrent tout autrement. Leur gestionnaire va tenter de dégager un return positif quelles que soient les circonstances. Il réussit ? Mission accomplie. Mais il n’y a pas de garantie que ce sera toujours le cas et rien n’est dit sur le niveau de ce return absolu.

ET LE “RETURN TOTAL” ?
Les institutions financières ont réussi ces dernières années à attirer des milliards d’euros en faisant la promotion d’un type particulier de fonds de return absolu, les fonds de « return total ». Ces fonds peuvent être commercialisés directement auprès des particuliers, contrairement aux « hedge funds », considérés comme plus risqués. S’ils n’offrent pas de protection du capital, certaines règles de diversification et de répartition du risque doivent être suivies. Pas question non plus de recouvrir au fameux effet de levier. En fait, ils présentent un profil plutôt défensif. L’accent est mis davantage sur la limitation du risque que sur la maximisation du profit. Le plus simple est encore de comparer ces instruments de placement à un mix de fonds à court terme et de fonds obligataires.

DEXIA BONDS TOTAL RETURN ET PAM (L) BONDS EUR QUALITY

La sicav de Dexia (en gras) a rempli son contrat : offrir un return positif et limiter le risque. Mais elle est encore un peu jeune pour tirer des conclusions définitives de ces performances. Nous lui préférons la sicav de Petercam, au potentiel d’avenir plus important.

EXEMPLES
· A l’exception d’ING, toutes les grandes banques proposent des fonds de return absolu. Le leader du marché est Dexia avec les vedettes que sont devenues Dexia Total Return (II) Bonds (voir aussi F&S 123). Fortis propose Fortis (L) Fund Absolute Return (7 compartiments, pour la plupart de return total) et CBC-KBC offre différentes formules: les « hedge funds » en costume d’assurance KBC-Life Alternative Selector et KBC-Life Long Short Quant Global, les fonds avec protection du capital et garantie minimale comme la série KBC ClickPlus Best Of’ qui rembourse 120 % à l’échéance, et les compartiments de KBC(-Life) Privileged Portfolio Protected (return total, voir aussi F&S 136).
· Ailleurs, on trouve encore ABN AMRO Absolute Return Bond, AXA WF Optimal Income, CAF Dynarbitrage VaR 4, Invesco Capital Shield 90, JPMorgan Global Capital Preservation, JPMorgan Global Total Return, JPMorgan Relative Value 2 et 4, Parvest Dynamic Funds (4 compartiments), SISF European Absolute Return et Templeton European/Global Total Return Bond (tous de return total).

NOTRE AVIS
· La plupart des fonds de return absolu associent la prudence (mais sans garanties), la diversification et la recherche du rendement positif. Comme ils sont surtout faits de liquidités et d’obligations, les fluctuations de leur portefeuille sont limitées, si bien qu’on peut sans problème classer la plupart d’entre eux parmi les placements les moins risqués. Il ne faut donc pas les voir comme une alternative aux sicav d’actions et il ne faut pas non plus les comparer aux « hedge funds » et autres fonds à effet de levier, éminemment plus risqués, qui visent aussi le return absolu.
· Du fait de la composition de leur portefeuille, la majorité des fonds de return absolu font mieux que les fonds classiques lorsque la Bourse descend mais moins bien lorsqu’elle monte. Les rendements sont lissés, dans un sens comme dans l’autre. La limitation du risque se paie… cher. Sauf si vous craignez le risque par-dessus tout, ces fonds ne sont pas intéressants pour l’investisseur à long terme. Mieux vaut avoir un portefeuille de fonds bien diversifié et adapté à son profil.

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