Analyse
La couronne travaille pour vous il y a 10 ans - jeudi 11 janvier 2007
Si les placements en couronnes suédoises sont intéressants, c’est surtout pour le potentiel d’appréciation de la devise par rapport à l’euro.

Si les placements en couronnes suédoises sont intéressants, c’est surtout pour le potentiel d’appréciation de la devise par rapport à l’euro. Mais nous trouvons les actions suédoises trop chères et trop risquées. Par contre, les sicav d’obligations en couronnes suédoises devraient vous intéresser.

UNE ECONOMIE BIEN HUILEE
Qui l’eût cru ? Mi-septembre 2006, la majorité social-démocrate du Premier ministre suédois Göran Persson a été remerciée par l’électeur. Et ce alors que la plus grande économie scandinave présente un rapport excellent : une croissance de 4,4 % au troisième trimestre, une inflation sous contrôle (1,7 % environ) et un taux de chômage limité (3,7 %) alors que l’emploi était le talon d’Achille du modèle suédois. Pour comparer, sachez que ces chiffres sont de respectivement 2,7 %, 1,9 % et 7,6 % dans la zone euro.
La nouvelle équipe de centre droit au pouvoir a très bien compris qu’elle devait poursuivre le travail : le gouvernement présidé par Fredrik Reinfeldt encourage fiscalement les entreprises à embaucher des jeunes, les indemnités de chômage et la fiscalité sur les bas salaires sont réduites et les joyaux de la couronne que sont le groupe financier Nordea, la compagnie aérienne SAS et la compagnie de télécoms TeliaSonera ont été privatisés davantage encore, le produit de l’opération étant affecté à l’allègement de la dette publique. Le nouveau Premier ministre se dit ouvert aux investisseurs étrangers et il n’est pas opposé, dit-il, aux fusions et acquisitions transfrontalières.

ING (L) RENTA FUND II SEK (gras) ET KBC RENTA SEKARENTA (base 100)

La sicav de CBC-KBC fait un peu mieux que sa consoeur d’ING ces dernières années, mais elle fluctue aussi davantage. La différence étant finalement faible, ces deux sicav (***) se valent. Vous pouvez acheter.

Tout cela pourrait être très positif pour la devise suédoise, la couronne. Les baisses d’impôts vont donner un coup de fouet supplémentaire à l’économie et la hausse attendue des dépenses de consommation devrait entraîner une nouvelle hausse des taux d’intérêt de la Riksbank, la banque centrale suédoise, laquelle avait déjà porté son taux directeur à 3 % (+ 0,25 %) en décembre dernier, tout en laissant entendre que ce n’était sans doute pas fini. Il n’est pas impensable que ce taux directeur finisse par dépasser celui de la zone euro (3,5 % en ce moment). Bref, la couronne suédoise, qui est sous-évaluée, devrait trouver là un soutien bienvenu (voir graphique). On s’attend aussi à ce que les capitaux rentrant au pays et les capitaux étrangers suivant la même voie pour financer les privatisations aillent également dans le même sens d’un soutien à la devise.

COURONNE SUEDOISE EN EUROS

A notre avis, le potentiel de hausse de la couronne suédoise est fort élevé. A nos yeux, cette devise est en ce moment sous-évaluée de 15 % par rapport à l’euro.

PORTEFEUILLES A LA CARTE
Si vous lisez régulièrement les stratégies que nous présentons, vous savez que nous recommandons depuis longtemps la couronne suédoise (SEK). Précisément pour le potentiel décrit ci-dessus. Concrètement, vous pouvez investir 15 à 20 % de votre portefeuille en sicav d’obligations suédoises. De surcroît, ce placement va apporter à votre portefeuille un supplément de diversification.

QUELLES SICAV ?
Le choix, hélas, n’est pas très vaste puisque seules ING et CBC-KBC proposent une sicav obligataire en couronnes suédoises. Heureusement, le produit correspond à ce qu’on peut en attendre et les différences entre ING (L) Renta Fund II SEK (***) et KBC Renta Sekarenta (***) ne sont pas grandes, leurs gestionnaires pêchant dans les mêmes eaux. Lorsqu’on regarde les portefeuilles, on constate que la gamme des obligations est très réduite, une bonne dizaine. Comme la dette publique suédoise se réduit, l’offre va encore se contracter et les cours des obligations devraient monter. C’est une bonne chose pour les deux sicav, sachant qu’elles se concentrent sur les emprunts d’Etat (4/5ème des portefeuilles), le reste étant investi en emprunts « corporate » de qualité, par exemple les banques d’épargne Ab Spintab et Stadshypotek Ab. Il n’y a donc aucun risque côté débiteurs.
La sicav de CBC-KBC devance un peu celle d’ING ces derniers temps. C’est dû au fait qu’elle a opté pour des obligations de durée plus longue. Ce type d’obligation s’est (un peu) mieux comporté. Mais, ce faisant, la sicav de CBC-KBC est plus risquée (classe de risque 2) que celle d’ING (classe de risque 1). Prenez la sicav la plus accessible pour vous. Fin décembre, la part de CBC-KBC valait 4499,09 SEK et celle d’ING 3511,5 SEK, soit respectivement 498,6 et 389,15 euros.

Chères actions suédoises

Sur la base de son rapport cours/bénéfice attendu et de son rendement sur dividende, la Bourse de Stockholm est chère. de De plus, ce marché – le plus grand de Scandinavie – est fort fluctuant. Ne pas acheter.

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