Analyse
Energie : une alternative bon marché ? il y a 10 ans - jeudi 15 février 2007
Les énergies alternatives, tout le monde en parle. Du fait surtout de la hausse du prix de l’or noir. Coup d’oeil sur les énergies  alternatives.

Les énergies alternatives, tout le monde en parle. Du fait surtout de la hausse du prix de l’or noir. Mais ne vous y trompez pas : même si les sicav de ce secteur n’ont pas une goutte de pétrole dans le réservoir, elles dépendent très fort de l’évolution du prix du baril. Coup d’oeil sur les énergies  alternatives.

Les performances boursières des sociétés du secteur des énergies alternatives n’ont rien à voir avec une prise de conscience universelle des enjeux écologiques. En fait, plus les combustibles classiques (pétrole, gaz) deviennent chers, plus les alternatives sont intéressantes. Et inversement. Avec, en plus, le risque d’approvisionnement, la fermeture récente des gazoducs russes ayant jeté un froid.
Les investisseurs se sont tournés massivement vers les producteurs d’éoliennes (Vestas Wind Systems, +109 % au cours des 12 derniers mois), d’énergie solaire (Solarworld, +37 %, Conergy, +24 %), de biocarburants comme l’éthanol (Cosan, +33 %) ou le biodiesel (Abengoa, +96 %), et vers les spécialistes de l’eau (Veolia Environnement, +29 %). Par contre, les entreprises, qui n’ont pas répondu aux attentes des investisseurs, ont payé un lourd tribut : c’est le cas de Xethanol (-55 %), de Voller Energy (-52 %), d’Evergreen Solar (-49 %) er d’Aqua America (-26 %).

KBC ECO FUND WATER (en gras) ET INDICE BOURSIERS MONDIAL (base 100)

La sicav de CBC-KBC fait mieux que l’indice mondial. Mais les cours de la plupart des actions en portefeuille ont trop anticipé. Ne pas acheter.

QUEL POTENTIEL ?

· Le secteur offre un potentiel, c’est sûr. L’Europe ambitionne de produire d’ici 2010 plus de 20 % de son énergie au départ de sources renouvelables comme l’eau, le vent, le soleil ou la biomasse (traitement des déchets). Mais pour l’instant, seule l’énergie hydraulique est vraiment à même de relever ce défi, les autres, certainement à court terme, ne joueront sans doute pas un grand rôle. Selon l’Agence internationale pour l’énergie, le vent, le soleil et la biomasse ne devraient pas assurer plus de 2 % de la consommation d’énergie en 2030. La mort annoncée du pétrole, du gaz et du charbon n’est donc pas pour demain.
· Beaucoup d’entreprises actives dans ce secteur ne sont pas économiquement autosuffisantes. Elles ne survivent que grâce à des fonds publics. Il faudrait que le prix du baril de pétrole monte à 100 dollars pour que la situation change vraiment. Mais cela nous semble peu probable.

Les sicav du secteur des énergies alternatives (à fin janvier)

Nom

Banque

Valeur d’inventaire

Frais (%)

Rendement (%)

Entrée

Gestion

1 m.

1 an

3 ans

5 ans

DWS Invest New Resources

Deutsche Bank

112,12 EUR

0

1,50

4,1

KBC Eco Alternative Energy

CBC-KBC

409,07 EUR

3

1,30

5,5

0,6

25,5

5,5

KBC Eco Water

CBC-KBC

680,94 EUR

3

1,30

2,0

11,5

22,5

8,4

MLIIF New Energy A

Deutsche Bank

10,59 USD

2

1,75

4,5

2,0

22,4

0,0

OHRA New Energy

Delta Lloyd Life

9,81 EUR

1

1,20

12,3

-10,5

14,1

-3,3

PAM Equities Energy & Resources

Petercam

109,57 EUR

3

1,00

2,0

6,9

LES GRANDS GROUPES
· Le secteur des énergies alternatives fourmille de petites sociétés qui se concentrent sur une niche. Il n’est guère aisé d’y voir qui a du potentiel et qui n’en a pas. Si les affaires vont bien, la plus-value est au rendez-vous. Mais l’inverse est tout aussi vrai. Aux cours actuels, la moindre erreur d’appréciation se paie cash. Nos confrères de Budget Hebdo trouvent que seule la jeune société allemande ErSol Solar Energy (panneaux solaires, - 9 %) vaut d’être achetée.
· Vaut-il mieux investir dans une sicav spécialisée ? Non. Aussi étrange que cela puisse paraître, les entreprises du secteur, souvent fragiles financièrement, sont beaucoup plus exposées à une baisse du prix du baril que les grandes compagnies pétrolières elles-mêmes. De plus, les grands groupes industriels investissent eux aussi dans les énergies durables et renouvelables. Il suffit qu’ils procèdent à un petit investissement (à leurs yeux) pour qu’ils deviennent un géant du secteur. Ainsi, BP est le n°1 des panneaux solaires, Siemens et General Electric sont les leaders de l’énergie éolienne. A notre avis, investir dans ce secteur, incontestablement prometteur, se fait encore le mieux via un géant – moins risqué – de l’énergie. Nos confrères de Budget Hebdo conseillent BP.
Si vous souhaitez néanmoins une sicav, intéressez-vous au secteur de l’utilité publique, qui investit aussi dans les énergies alternatives (surtout l’eau).

KBC EquiMax ECO Water 1

Cette sicav de CBC-KBC permet d’investir dans 16 actions de sociétés internationales actives dans le secteur de l’eau (comme Suez). Protection du capital à l’échéance (30/09/2015). Ne pas acheter. CBC-KBC va sans doute proposer encore d’autres produits. Nous vous tiendrons informés.

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