Analyse
Coup d'oeil sur les marchés il y a 10 ans - jeudi 15 mars 2007

Une fin de mois agitée.

Février aura globalement été un bon mois pour les actions et sicav d’actions jusqu’à ce que l’actualité, notamment en Chine, ne vienne plomber l’ambiance. Au point de transformer in extremis les bénéfices virtuels en pertes. Les marchés obligataires ont heureusement été plus à la fête avec une ‘fuite vers la qualité’ qui a dopé le cours des sicav d’obligations.

Fluctuations fin février
(en euro, en %)

Bourse

au 26/02

au 28/02

différence

Chine (Bourse large)

+ 1,9

- 3,7

- 5,6

Amérique latine

+ 2,1

- 3,2

- 5,3

Europe

+ 3,0

- 1,6

- 4,6

Belgique

+ 2,5

- 2,0

- 4,5

Monde

+ 1,9

- 1,9

- 3,8

Asie

+ 3,1

- 0,2

- 3,3

Etats-Unis

- 0,3

- 3,4

- 3,1

Les chiffres ne mentent pas ! Jusqu’au 26 février, tout semblait aller pour le mieux côté actions avec une progression mondiale moyenne des Bourses de quelque 2 %. L’indice large de la Bourse de Bruxelles affichait lui un gain de 2,5 %.

C’est alors qu’a explosé une petite bombe en Chine, explosion qui a eu des répercussions mondiales. Mais ce n’était pas encore tout ! Quelques chiffres macroéconomiques décevants en provenance du continent américain, les problèmes de quelques prêteurs hypothécaires du pays de l’Oncle Sam et des propos quelque peu malheureux d’Alan Greenspan, ancien président de la Banque centrale américaine, faisant allusion à une possible récession américaine, ont poussé massivement les investisseurs vers la porte de sortie. Résultat : les Bourses ont perdu dans l’ensemble un petit 4 % au cours des deux dernières séances boursières du mois de février. La Bourse de Bruxelles n’a pas été épargnée et a perdu pas moins de 4,5 %, comme ça, en quelques jours à peine !
Rassurez-vous, les fondamentaux économiques restent solides et nous ne voyons pas de raison de céder à la panique. Au contraire, nous voyons plutôt dans ce mouvement de repli, inhérent aux marchés boursiers, une opportunité d’achat.

Les bourses en février 2007

Bourse

Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

-1.9%

6.9%

Athènes (ATHEX 20)

-5.0%

4.4%

Bruxelles (BEL 20)

-2.9%

12.1%

Francfort (DAX 30)

-1.1%

13.1%

Hong Kong (H.SENG)

-3.9%

10.7%

Lisbonne (PSI 20)

1.1%

23.4%

Londres (FTSE 100)

-2.0%

7.6%

Madrid (IBEX 35)

-2.1%

21.4%

Milan (MIB 30)

-2.5%

9.3%

Nasdaq Composite

-3.5%

-4.4%

New York (S&P 500)

-3.8%

-0.9%

Paris (CAC 40)

-1.6%

10.3%

Stockholm (OMX 30)

-4.6%

18.5%

Sydney (ASX)

1.1%

14.1%

Tokyo (Nikkei 225)

1.7%

-4.2%

Toronto (S&P/TSX)

-0.9%

-2.2%

Zurich (SMI)

-3.3%

8.0%

(1) en %, après conversion en euro, fin février 2007

GUEULE DE BOIS GENERALE
· Les sicav d’actions internationales ont cédé en moyenne 2 %. Deux produits, seulement, ont pu sauver les meubles et sont restés dans le vert : AXA B Fund Talents (*, + 0,1 %) et Top Profit Small Caps (branche 23, *****, + 2,8 %), une fois de plus très performant. Ceci n’a rien d’étonnant dans la mesure où ces deux fonds investissent dans les petites et moyennes capitalisations, un segment qui s’est particulièrement bien comporté en février. La sicav d’AXA a en l’occurrence profité de la bonne santé d’Overstock.com (commerce en ligne, + 21,6 %) et de Softbank (institution financière japonaise, + 6,5 %).
ING (L) Invest World (*, - 3,3 %) a par contre été la tête de Turc de cette même catégorie en ce mois de février. La sicav n’a en effet pas pu échapper aux faibles performances des poids lourds Citigroup (finances, - 10,1 %), Pfizer (pharmacie, - 6,4 %) et Siemens (conglomérat, - 5,5 %).
· Aucune catégorie d’actions n’est aussi étoffée et variée que les sicav mondiales. En théorie, les gestionnaires ont donc la possibilité d’investir dans n’importe quelle Bourse et devise. En pratique, toutefois, nombre d’entre eux suivent des indices et stratégies similaires, d’où des différences souvent plus faibles que prévu.
Nous misons pour notre part sur deux sicav qui n’hésitent pas à sortir des sentiers battus pour trouver d’intéressantes opportunités d’achat. Tant Aphilion Q² Equities (www.aphilion.be, ****) que PAM (L) Equities Opportunities (Petercam, ****) méritent votre confiance.

APHILION Q² EQUITIES (gras) ET INDICE MONDIAL DES BOURSES

La sicav d’Aphilion est, à nos yeux, l’exemple type de la sicav bien gérée qui parvient régulièrement à faire mieux que le marché. Vous pouvez acheter.

TOUR D’EUROPE
· Plus près de chez nous, notons, dans la catégorie ‘actions européennes’, la performance étonnamment faible de PAM Equities Europe Dividend (Petercam) avec un recul de 2,9 %. En cause, selon le gestionnaire, la Bourse grecque, un marché qui occupe actuellement une place importante dans la sicav. La Bourse d’Athènes a en effet cédé 4,5 %, soit bien plus que les autres Bourses européennes.
A l’inverse, Dewaay European Blue Chips (*, + 2 %) peut se targuer d’excellents résultats. Grâce à des choix d’actions judicieux ? Non. Toutes les sicav de Dewaay ont en fait vu leur valeur d’inventaire suspendue du 23 février au 5 mars. Une mesure nécessaire pour procéder à la fusion avec les sicav de Puilaetco et qui a donc permis à toutes les sicav d’éviter – sur papier ! – le mini-crash de la fin du mois. Voilà pourquoi elles figurent en tête de nombreuses catégories d’actions ce mois-ci. Les sicav d’obligations de l’institution ne peuvent par contre pas en dire autant.
· Les opportunités de placement sont selon nous meilleures en dehors de l’Europe, raison pour laquelle nous ne sommes plus à l’achat, aujourd’hui, sur les sicav d’actions européennes. Pour composer un portefeuille largement diversifié, voyez notre 'Stratégie'. Si vous n’avez toutefois pas le temps ou la patience, tournez-vous vers les sicav à diversification mondiale.

PAYS EMERGENTS
· Les sicav qui investissent dans les pays émergents placent leur argent dans toutes les contrées du globe. Pas étonnant dès lors que les rendements puissent diverger. Dexia Equities B BRIC (*, - 5 %) a ainsi décroché la lanterne rouge dans nos tableaux. Ses gestionnaires investissent surtout sur les Bourses du Brésil, de la Chine, de la Russie et, dans une moindre mesure, de l’Inde. Une chance car la Bourse de Bombay s’est dégonflée de plus de 10 % ! Parmi les titres en portefeuille, les valeurs énergétiques Vostok Nafta (Suède, - 8,3 %) Gazprom (Russie, - 6,3 %) et Petrobras (Brésil, - 9 %) ont été les plus touchées. Top-Global Groeilanden (ABN AMRO, **, + 1,1 %) mérite par contre les applaudissements. Le gestionnaire est parvenu à enregistrer un gain malgré les mauvaises conditions de marché. La sicav investit peu au Brésil (- 4,4 %) et beaucoup dans les sociétés de matières premières. Intercultures (caoutchouc, + 8,6 %) et Freeport McMoran (cuivre, + 6,6 %) ont dans ce cas fortement progressé. L’importante position dans le coréen Kookmin Bank (+ 11,4 %) a apporté la cerise sur le gâteau.
· Un placement dans les pays émergents ne peut constituer une composante centrale d’un portefeuille de sicav. Ce n’est en effet que lorsque votre portefeuille est suffisamment diversifié que les sicav de pays émergents peuvent entrer en ligne de compte à titre de diversification supplémentaire. A l’heure actuelle, notre préférence va à la région asiatique (sicav régionale ou chinoise). Voyez aussi, à ce sujet, notre analyse.

LES UTILITIES TOUJOURS… UTILES
· Un des secteurs les plus performants du mois de février aura été celui de l’utilité publique avec, il est vrai, du bon et du moins bon. ING (L) Invest Utilities (*, + 0,9 %) et KBC Equity Utilities (*, + 0,8 %) ont progressé grâce à leurs choix d’actions comme Exelon (Etats-Unis, + 8,1 %), Dominion Resources (Etats-Unis, + 1,4 %) et Iberdrola (Espagne, + 1,1 %). Fortis B Equities Utilities Europe (*, - 2,5 %) et son clone Fortis L Equities Utilities Europe (*, - 2,6 %) ont par contre mordu la poussière et les allemands E.On (- 4,8 %) et RWE (- 3,4 %) comme le britannique Scottish & Southern Energy (- 5,4 %) n’y sont pas étrangers.
· Si elles affichent déjà un beau parcours depuis notre analyse du mois de décembre, les actions qui composent ce secteur des utilities ne sont toujours pas chères et offrent aussi un joli rendement de dividende. Mieux, les perspectives sont plutôt réjouissantes avec des bénéfices qui se confirment et une consolidation qui reste d’actualité.

Les secteurs en février 2007

Secteur

Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

-2.4%

14.3%

Pharma

-2.4%

6.6%

Télécom

-2.5%

25.0%

Technologie

-2.7%

0.9%

Consommation

-0.2%

17.6%

Distribution

1.3%

26.0%

Utilité publique

-0.9%

24.1%

Dans le monde

Finance

-2.6%

6.6%

Pharma

-3.2%

0.4%

Télécom

-1.2%

21.8%

Technologie

-3.7%

-3.2%

Consommation

-1.8%

8.3%

Distribution

-1.1%

3.5%

Utilité publique

0.1%

16.1%

(1) en %, après conversion en euro, fin février 2007

MERCI  LES OBLIGATIONS
Les vents qui ont balayé les marchés d’actions ont poussé de nombreux investisseurs à se tourner vers les obligations, plus sûres. La hausse de la demande a dopé le prix des obligations existantes, avec pour corollaire, une baisse des rendements obligataires. Tout bénéfice pour les sicav obligataires et de quoi rappeler les bienfaits d’un poste obligataire dans un portefeuille de placements, les obligations constituant toujours un matelas de sécurité appréciable en cas de bourrasque.
· Les sicav d’obligations en euro à long terme ont signé une jolie performance en février (+ 1,4 % en moyenne) et arrivent en tête devant les sicav d’obligations corporate et à moyen terme (+ 0,9 % en moyenne), ainsi que les sicav d’obligations à court terme (+ 0,4 % en moyenne). Cela s’explique par le fait que les obligations à échéance lointaine sont beaucoup plus sensibles à l’évolution des taux. Il va toutefois sans dire que si les taux devaient remonter, ce sont aussi les sicav d’obligations à long terme qui en pâtiraient le plus. Or, nous pensons que les taux obligataires, toujours historiquement faibles, finiront par remonter compte tenu des perspectives de croissance et d’inflation dans la zone euro. Mieux vaut donc privilégier des sicav qui investissent dans des obligations de plus courte durée. Les sicav d’obligations corporate (= émises par des entreprises) constituent à cet égard un bon compromis. Elles investissent dans des obligations dont l’échéance n’est pas trop éloignée (5 à 7 ans) et offrent un rendement un peu plus élevé que les obligations d’Etat.

LA COURONNE SUEDOISE MALMENEE
ING (L) Renta Fund II SEK (***) et KBC Renta Sekarenta (***) ont enregistré les plus mauvaises performances de notre sélection obligataire (- 1,3 % pour les deux). La baisse des taux obligataires également observée en Suède a certes fait progresser la valeur des sicav en devise locale, mais cela n’a pas été suffisant pour compenser la baisse de régime de la couronne qui, le mois dernier, a cédé 2,3 % par rapport à l’euro.

EVOLUTION DE LA COURONNE SUEDOISE (en euro)

La croissance économique est solide mais l’inflation reste sous contrôle. Les taux directeurs devraient donc augmenter moins rapidement que prévu, ce qui a pesé sur la devise en février.

Une baisse qui trouve son origine dans les dernières prévisions de la banque centrale suédoise. La Suède présentant une croissance économique solide – nous prévoyons 3,2 % en 2007 contre 1,9 % pour la zone euro) – beaucoup d’investisseurs avaient anticipé un relèvement rapide des taux directeurs pour contenir les risques d’inflation généralement associés à une croissance économique forte. Or, la Banque centrale suédoise a estimé qu’il n’y avait pas d’inquiétude à avoir à propos de l’inflation, laissant ainsi sous-entendre que les taux directeurs ne devraient pas repartir aussi vite que prévu à la hausse. Cela a déçu les investisseurs et provoqué une baisse de la devise. De notre côté, nous voyons plutôt la récente baisse comme une occasion d’investir : la couronne est largement sous-évaluée par rapport à l’euro et conserve un joli potentiel d’appréciation à long terme, même si le mouvement de rattrapage semble quelque peu reporté.

DU COTE DES DOLLARS
· Les sicav d’obligations en dollar australien ont, de leur côté, réalisé une bonne performance en février (+ 1,4 % en moyenne). Une hausse due… à la baisse des taux obligataires en Australie, la devise ayant pour sa part fait du surplace (+ 0,1 %). Ces sicav restent intéressantes : les obligations offrent de généreux rendements et le dollar australien est quelque peu sous-évalué par rapport à l’euro. Vous pouvez acheter ING (L) Renta Fund II AUD (***) et KBC Renta AUD-Renta (***).
· Les sicav d’obligations en dollar américain ont souffert de la méforme du billet vert (- 1,6 % par rapport à l’euro) mais ont limité les dégâts pour ne reculer, en définitive, que de 0,1 %. La hausse attendue des taux directeurs dans la zone euro (confirmée début mars) incite les investisseurs à acheter des obligations en euro, au détriment des actifs en dollar, ce qui pèse sur la devise. Celle-ci pourrait encore être sous pression dans les mois à venir, mais à moyen/long terme, nous pensons que le dollar, sous-évalué par rapport à l’euro, finira à nouveau par s’apprécier.

SICAV INTERNATIONALES
Les sicav d’obligations internationales, grâce auxquelles vous pouvez diversifier en une fois votre portefeuille obligataire, ont logiquement bénéficié du mouvement de fuite des investisseurs vers les obligations avec un gain moyen de 0,6 %. Templeton Global Bond A (distribuée par Deutsche Bank) a évolué en sens contraire, perdant 0,5 %. La gestion de cette sicav est atypique. Alors que de nombreux gestionnaires se contentent d’investir dans les trois principales devises de la planète (dollar, euro et yen), les gestionnaires de Templeton n’hésitent pas à s’aventurer dans de petites devises, parfois exotiques, comme le zloty polonais, la roupie indienne, le real brésilien ou la livre égyptienne. Une stratégie qui ne leur a visiblement pas réussi le mois dernier. N’achetez pas et préférez PAM (L) Bonds Universalis (Petercam, ****), une sicav qui nous habitue régulièrement à de très bonnes performances tout en maintenant un niveau de risque acceptable.

Les devises en février 2007

Code
ISO

Cours (1)
(en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1342

0.1%

0.1%

=

=

SEK

0,1079

-2.3%

1.9%

+

++

NOK

0,1232

0.3%

-0.8%

=

-

CHF

0,6199

0.5%

-3.1%

=

++

GBP

1,4836

-1.5%

1.0%

=

-

USD

0,7570

-1.6%

-9.7%

-

+

CAD

0,6456

-1.0%

-12.4%

-

++

AUD

0,5965

0.1%

-4.3%

+

=

NZD

0,5303

0.3%

-4.5%

-

--

JPY

0,6389

0.4%

-11.8%

+

++

(1) fin février 2007 ; p.ex. 1 USD vaut xxx euros ; (2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

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