Analyse
Exploiter la vigueur de l'euro il y a 10 ans - jeudi 15 mars 2007
La monnaie unique européenne affiche une santé insolente par rapport à nombre de devises internationales. C’est le cas face au dollar, mais aussi face au yen.

La monnaie unique européenne affiche une santé insolente par rapport à nombre de devises internationales. C’est le cas par exemple face au dollar, mais aussi face au yen. Une vigueur dont vous pouvez évidemment tirer parti grâce à des placements bien choisis. Gros plan sur les niches à exploiter sur le marché des sicav.

FORME OLYMPIQUE
Tout semble sourire à l’économie européenne. La Commission vient de revoir à la hausse ses prévisions de croissance. Elle s’attend à que la zone euro produise cette année quelque 2,4 % de richesse supplémentaire par rapport à l’an dernier. Côté hausse des prix, les menaces inflationnistes dont on ne peut jamais être totalement sûr qu’elles ne viendront pas jouer un mauvais tour à la machine économique, semblent s’écarter. Les prévisions actuelles font état, pour 2007, d’une inflation de 1,8 % – en repli. Un chiffre garant de la stabilité que s’est donné pour objectif la Banque centrale européenne (BCE). Ajoutez à cela un chômage en baisse et voilà brossé un tableau plutôt favorable qui se traduit par un euro qui caracole à des niveaux élevés face à nombre de devises internationales, comme l’illustre notre graphique reprenant son évolution face au dollar.

ACHATS ETRANGERS
Un euro fort, c’est tout bénéfice pour vous si vous aimez les voyages à l’étranger. Pourquoi ? Parce qu’une fois sur place, vous pouvez avec un même budget en euros acheter davantage de produits locaux. Autant en profiter.
Pour les placements, le raisonnement est analogue. Pour un même montant en euros, vous pouvez obtenir davantage de devises étrangères avec un euro fort qu’avec un euro faible. Mais ce n’est pas tout. Non seulement vous pouvez acheter un plus gros montant en devises étrangères, mais quand l’euro se portera moins bien – cela arrivera forcément tôt ou tard –, vous pourrez échanger vos devises contre un plus grand nombre d’euros. Un potentiel qu’il serait dommage de ne pas exploiter au travers de placements bien choisis.

EVOLUTION DE L’EURO FACE AU DOLLAR AMERICAIN

Avec un euro, vous pouvez maintenant acheter environ 1,30 dollar. Il y a cinq ans, le même euro valait moins de 0,90 dollar. A vous d’exploiter la vigueur actuelle de la monnaie dans vos placements.

OBLIGATIONS
Pour la composante la moins risquée de votre portefeuille, les gisements obligataires que nous vous conseillons d’exploiter compte tenu de la vigueur de l’euro sont d’abord celui du dollar américain. Outre le potentiel de la devise que nous venons d’évoquer, une sicav d’obligations en dollar américain vous fera aussi profiter de taux d’intérêt plus avantageux qu’une sicav d’obligation en euro.
Deuxième gisement à exploiter, le yen. En effet, si, à première vue les obligations en yen ne semblent guère séduisantes au vu des taux offerts, le fait de pouvoir acquérir la devise nippone à un cours particulièrement bas justifie un achat de parts de sicav d’obligations locales. A son niveau actuel, on peut légitimement s’attendre à ce que le yen regagne un bon 20 % face à l’euro. Quand ce rebond se produira-t-il ? Difficile à dire. Mais autant se positionner afin de tirer profit de ce déséquilibre manifeste.
Enfin, avec des taux à peine inférieurs à ceux de l’euro, les obligations en couronne suédoise constituent un troisième gisement pour exploiter la vigueur de l’euro. Au cours où se négocie actuellement cette devise scandinave, vous pouvez aussi espérer un gain d’un bon 20 % côté devise. A nouveau, difficile de prévoir quand ce potentiel se concrétisera. Mais comme un placement en sicav d’obligations ne peut s’envisager que si l’horizon dont vous disposez est de plusieurs années, cela ne doit pas constituer un obstacle.

ACTIONS
Comme vous pouvez le voir dans notre « Stratégie », l’essentiel des sicav d’actions que nous conseillons actuellement se situent hors de la zone euro. Précisément parce qu’avec un euro fort, des opportunités éclosent çà et là en raison d’un effet « devise » accentué. Evidemment, la devise ne fait pas tout, mais si le marché boursier n’est de surcroît pas trop cher, qu’il affiche un profil de risque favorable et qu’il apporte une touche de diversification bénéfique, inutile de tergiverser. Tant pis si, pour le moment, il semble plus opportun de tourner provisoirement le dos aux sicav d’actions de la zone euro.
Le potentiel, nous le voyons notamment sur les marchés des actions de la zone dollar. Les sicav d’actions américaines évidemment, mais aussi d’autres marchés moins en vue comme le Canada (voir notre analyse dans le numéro précédent) ou encore l’Australie. Des économies certes considérées comme étant en perte de vitesse par rapport au passé – c’est flagrant pour les Etats-Unis –, mais qui affichent néanmoins des croissances robustes par rapport à ce que nous connaissons dans nos contrées. Pour 2007, le moteur américain affichera au compteur une croissance de 2,7 %, le Canada 2 % et l’Australie 3 %. Pas mal pour des économies dans le creux de la vague qui, soit dit en passant, trouvent aussi dans la faiblesse de leur devise un allié de taille pour leurs exportations. Bref, côté actions, mieux vaut aussi se tourner à l’international.

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