Analyse
Fonds quantitatifs il y a 10 ans - mardi 24 juillet 2007
Les fonds de placement dits « quantitatifs » procurent-ils un meilleur rendement que les sicav traditionnelles. En quoi consiste cette gestion quantitative ?

Les fonds de placement dits « quantitatifs » procurent-ils un meilleur rendement que les sicav traditionnelles. En quoi consiste cette gestion quantitative ?

L’ordinateur au travail
On peut de nos jours classifier les fonds communs de placement et les sicav de bien des façons. Une des méthodes utilisées se base sur la politique de gestion. Dans cette optique, on a ainsi vu naître, au début de ce siècle, une catégorie de fonds gérés de manière quantitative. Pour ces produits, la gestion est confiée à un ordinateur. Sur base de divers modules de calcul et de multiples logarithmes, c’est la machine qui décide de toutes les opérations d’achat et de vente au sein du fonds. Une méthode qui présente divers avantages : elle permet de traiter, analyser et optimiser un très grand nombre de données et surtout, elle ne prend pas en compte le caractère émotionnel, dont on sait qu’il est souvent mauvais conseiller en matière de placements.

Chaque rose à ses épines
Une gestion informatisée souffre néanmoins inévitablement de l’effet GIGO (garbage in, garbage out) : un  ordinateur nourri de « déchets » ne pourra fournir que de nouveaux « déchets ». Si les données encodées dans les divers programmes ne sont pas de bonne qualité, si les modèles d’évaluation laissent à désirer, la qualité des résultats de la gestion s’en ressentira inévitablement.
En outre, la gestion a beau être basée sur l’effet «quantitatif», si elle donne lieu à un nombre trop élevé de transactions, les frais peuvent grimper dangereusement et sensiblement rogner le rendement final. Et en pratique, on constate que peu de produits de ce type parviennent à bien compenser ce handicap.

Meilleures performances ?
Question cruciale : la gestion quantitative permet-elle d’atteindre des résultats significativement meilleurs et des profits plus élevés que les autres méthodes de gestion de fonds ? Selon notre revue sœur Fonds & Sicav, ce n’est pas encore le cas, tant en ce qui concerne les rendements dégagés que les risques encourus. En d’autres mots, les compartiments de sicav qui ont adopté cette méthode de gestion (comme le CAAM Quant du Crédit Agricole ou le Dexia Quant) n’offrent pas suffisamment de signes de plus-values pour entrer en ligne de compte pour un achat. Une exception peut-être à l’heure actuelle : la sicav d’actions américaines Dexia Quant Equities USA : au contraire de son compartiment consacré aux actions européennes (voir graphique), sa gestion informatisée lui permet jusqu’ici de réaliser d’excellentes performances. Mais elle est encore trop jeune pour que nous puissions nous prononcer avec certitude sur sa qualité globale.
Quoi qu’il en soit, il est très probable que nous reviendrons encore sur le sujet.

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