Analyse
Que sont les tigres devenus ? il y a 10 ans - jeudi 12 juillet 2007
Dix ans après avoir subi les affres d’une crise financière majeure, les tigres asiatiques ont-ils retrouvé de leur superbe ?

Dix ans après avoir subi les affres d’une crise financière majeure, les tigres asiatiques ont-ils retrouvé de leur superbe ? A voir les prestations des Bourses locales, on serait tenté de le croire. Mais sachez où mettre le pied.

Inutile de se voiler la face, l’Asie est bel et bien le pôle de développement le plus dynamique de la planète. Et bien que la Chine ait tout particulièrement attiré l’attention avec une croissance excédant régulièrement les 10 %, d’autres pays de la région sont sortis renforcés de l’épisode douloureux d’il y a dix ans. C’était l’été 1997...
Epicentre d’un séisme qui s’est rapidement propagé à l’ensemble de la région, la Thaïlande constitue à cet égard la parfaite illustration du redressement spectaculaire qui s’en est suivi. La région est ainsi maintenant à la tête d’importantes réserves en devises et les finances publiques ont été assainies. De bonnes raisons qui donnent à penser qu’il est peu probable de voir se répéter un scénario aussi catastrophique que celui d’il y a une décennie. D’autant que si le talon d’Achille de la région demeure sa forte dépendance à l’égard des exportations, notamment vers les Etats-Unis, la consommation locale ne demande qu’à prendre le relais avec le potentiel démographique que l’on connaît.

DISPARITES LOCALES
Pour une région aussi vaste que l’Asie, il est difficile de porter un regard univoque sur des situations économiques multiples. Dans le dernier numéro de F&S, nous évoquions ainsi les défis que les autorités chinoises doivent relever pour maîtriser une machine économique toujours à deux doigts de l’emballement.
Autre géant régional, l’Inde n’est pas peu fière de son développement. L’optimisme de la population locale combiné à un accès bon marché au crédit ont porté la consommation locale à des sommets se traduisant par une croissance économique revigorée. Revers de la médaille, la forte demande fait grimper les prix à la consommation et l’inflation menace, attisée par un outil de production passablement inadapté et peinant à suivre le rythme de la demande. Routes, chemins de fer, ports, aéroports, voilà autant de sources potentielles de défaillance qui assombrissent le tableau. Parallèlement, la Bourse de Bombay a plus que doublé en l’espace de deux ans. De quoi en exacerber la vulnérabilité. Une situation orageuse qui n’est d’ailleurs pas un cas isolé.
En Indonésie, en Malaisie, aux Philippines ou encore au Vietnam, les Bourses locales ont atteint des sommets, portées par l’impressionnant redressement économique opéré au prix de profondes mutations. Ainsi, les autorités indonésiennes ont réduit énergiquement la dette publique du pays à quelque 40 % de son PIB (= produit intérieur brut ou total de la richesse créée en un an dans une économie donnée). Attention toutefois : si ce redressement économique ne fait pas de doute, l’ampleur des envols boursiers donne matière à réflexion.
Dans un registre plus modéré, Hong Kong, porte d’accès au vaste marché chinois, la Corée du Sud, qui occupe le douzième rang économique au niveau mondial et a acquis une maturité qui n’est plus remise en question, mais aussi la Thaïlande ou encore Singapour parviennent à aligner des performances économiques remarquables en gardant les pieds sur terre au niveau boursier.

EVOLUTION DES MARCHÉS BOURSIERS ASIATIQUES (HORS JAPON)

Les marchés boursiers asiatiques ont le vent en poupe. Mais n’allez surtout pas en déduire qu’y investir coule de source. Les disparités locales sont importantes et la prudence est de mise.

CONCRETEMENT
· Oui, la situation économique en Asie est florissante et ce continent devrait pouvoir continuer à jouer un rôle de premier plan au niveau mondial. Oui, les marchés financiers locaux reflètent l’évolution positive qu’a connue la région sur la dernière décennie. Mais, oui aussi, certains d’entre eux pèchent par un excès d’optimisme les rendant vulnérables. Pour tirer parti du potentiel de la région, il faut donc être conscient du risque et faire les bons choix.
· Investir via une sicav est sans doute le meilleur moyen d’approcher ces marchés boursiers encore difficiles d’accès pour le particulier. Hélas, les champions n’y sont pas légion. Beaucoup de sicav investissant en Asie affichent en effet de piètres performances. Par ailleurs, si l’on se limite aux quelques marchés boursiers qui ne donnent pas le vertige après leur récente ascension, l’offre se réduit comme une peau de chagrin.
Seule Axa Rosenberg Pacific Ex Japan Small Cap répond à nos critères d’allocation d’actifs et de gestion. Malheureusement, il n’est plus possible d’y souscrire. Si vous en détenez des parts, vous pouvez certainement conserver. Pour les autres sicav de la catégorie, en ce compris Templeton Asian Growth A qui figurait sur notre liste d’achat, mieux vaut prendre votre bénéfice. Le portefeuille de ces sicav est investi pour plus de moitié sur des marchés boursiers à nos yeux vulnérables.
Si vous voulez investir, mieux vaut vous diriger vers une sicav investissant à Hong Kong (voir aussi F&S 152 ). SISF Hong Kong Equity (*****), proposée par la maison de gestion anglo-saxonne Schroders et distribuée en Belgique par (notamment) la Deutsche Bank, est, à cet égard, la sicav qui mérite toute votre attention.

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