Analyse
Dans nos petits souliers il y a 10 ans - jeudi 13 septembre 2007
Les Bourses en chute libre, des fonds qui suspendent leurs transactions et les banques centrales qui interviennent partout dans le monde.

Les Bourses en chute libre, des fonds qui suspendent leurs transactions et les banques centrales qui interviennent partout dans le monde. C’est la façade de la crise hypothécaire américaine. Et derrière ?

On ne peut pas dire que nous aurons vécu un été de tout un repos. Regardez le tableau ci-dessous. Qui aurait cru que les vacances, traditionnellement paisibles sur les marchés financiers, auraient pu aller de pair avec un tel tremblement ? La crise des prêts hypothécaires ‘subprime’ (voir encadré) qui, au départ, n’était jamais qu’un phénomène local ne concernant que certains ménages américains a finalement dégénéré et créé la panique que l’on sait. Du jamais vu.
Les banques centrales, européenne et américaine en tête, ont injecté des milliards d’euros dans le circuit monétaire de manière à prévenir toute crise monétaire. Avec succès. Les échanges interbancaires, qui avaient été stoppés, ont aussitôt repris. Mais, revers de la médaille, en voyant ce qui se passait, les investisseurs se sont dit que la situation était pire que ce qu’ils avaient imaginé. Ils se sont mis à vendre en masse. On se serait cru revenu en arrière, lors des attentats de New York en septembre 2001. On l’a su les jours suivants : les banquiers centraux avaient cependant raison d’agir ainsi.

PRESTATIONS BOURSIERES

Marché

Pendant
la crise

Depuis janvier

Etats-Unis

 -7,5 %

+2,6 %

Monde

 -9,1 %

+5,8 %

Zone euro

-12,2 %

+5,8 %

Asie

 -6,9 %

+6,6 %

Belgique

-13,3 %

+0,9 %

 

 

 

 

 


QUE S’EST-IL PASSE ?
· A posteriori, il est facile de désigner le coupable: le marché hypothécaire américain. Mais au moment même, ou avant, qui aurait pu imaginer que les problèmes d’une catégorie bien précise de ménages aux Etats-Unis, les emprunteurs subprime, auraient provoqué une telle secousse ?
· C’est pourtant ce qui s’est passé. Les hausses successives des taux d’intérêt américains (17 au total !) ont eu pour conséquence que toute une série de familles américaines aux moyens financiers limités n’ont plus pu rembourser leur crédit logement. Ces défauts de paiement, en se multipliant, ont déstabilisé le marché hypothécaire et mis dans l’embarras d’abord, en faillite ensuite, certaines institutions financières spécialisées comme la fameuse New Century Financial. Avec le risque de voir s’effondrer tout le marché immobilier des Etats-Unis. Voire, dans le pire des cas, toute l’économie américaine, comme on a pu le lire. Autant d’incertitudes dont on se serait bien passé. Lorsque certaines institutions financières non américaines comme Axa ou BNP Paribas ont dû annoncer qu’elles avaient aussi des problèmes et qu’elles interrompaient les transactions sur certains de leurs fonds de placement, les investisseurs ont choisi de fuir en masse, craignant que ce qu’ils voyaient de la crise n’était que la partie émergée de l’iceberg.

MINI-CRISE SUR LES BOURSES AMERICAINES (en gras) ET MONDIALES

La crise hypothécaire américaine s’est étendue avant que nous ayons pu dire
‘que se passe-t-il ?’

GARDEZ LA TETE FROIDE
· Seul l’avenir permettra de dire si cette crise aura (eu) des conséquences graves. Fondamentalement, les marchés boursiers sont solides. On le voit non seulement aux données macroéconomiques (croissance, inflation), mais aussi aux résultats des sociétés. Les derniers chiffres trimestriels en provenance des entreprises américaines sont meilleurs que prévu dans plus de deux cas sur trois. Idem pour les bénéfices des institutions financières américaines, les plus touchées pourtant par cette crise du crédit.
· Toute la question est évidemment de savoir si les résultats des trimestres suivants seront affectés par le problème, mais les premières estimations sont assez optimistes : il ne devrait pas y avoir de gros accidents. Les institutions financières et les compagnies d’assurance ne devraient y perdre qu’une partie de leurs bénéfices, une fraction seulement de la valeur perdue par le secteur en Bourse.
· Nous espérons que les informations négatives que relayent quasi quotidiennement les médias ne vous empêchent pas de dormir. La réaction rapide des banques centrales, du secteur financier et des amateurs de bonnes affaires a permis d’éviter le pire. Notre message est très simple : vendre n’était pas la solution, au contraire d’excellentes opportunités se présentent progressivement.

Un ‘Subprime’ , c’est...?

Les prêts ‘subprime’ ou ‘prêts de la seconde chance’ sont des crédits hypothécaires de moindre valeur parce que vendus à des ménages aux moyens financiers limités qui ne peuvent présenter les garanties exigées pour un crédit classique. La part de marché de ces ‘subprimes’ est évaluée à 10 % environ.

En échange d’un taux plus élevé et souvent fluctuant, ces ménages peuvent réaliser ce qui reste une part de ‘l’American Dream’, être propriétaire de leur logement. Hélas, les hausses successives des taux d’intérêt américains à court terme sont venues briser ce rêve chez plus d’un. La suite, vous la connaissez.

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