Analyse
Un coup d'oeil sur les marchés il y a 9 ans - jeudi 15 novembre 2007

Le calme avant la tempête ?

Impossible de ne pas voir les bonnes prestations des marchés boursiers des pays émergents en octobre. Plus près de chez nous, c’est moins spectaculaire, mais on n’a pas lieu de se plaindre. Sur le marché obligataire non plus, où la baisse des taux d’intérêt a été bénéfique pour la plupart des sicav d’obligations. Pas de negative ? Si, la hausse de l’euro. Bref, octobre est à ranger dans les bons mois pour les investisseurs.

Toujours plus haut. Cela semble être le slogan pour les placements dans les pays émergents. On l’a vu en octobre encore avec des hausses boursières de plus de 10 %. Il est intéressant de noter que ce sont tant l’Asie (+ 11,6 %) que l’Amérique latine (+ 10,1 %) et l’Europe de l’Est qui vont ainsi de l’avant. Mis à part la Hongrie, tous les marchés boursiers des pays concernés ont progressé – même après change en euros. A première vue, il semble qu’il y ait de moins en moins d’investisseurs qui fassent la différence entre les pays. Ce sont carrément les trois régions qu’ils poussent en masse vers le haut.
Les gagnants du mois se trouvent donc dans cette catégorie. Dexia Equities B Red Chips a gagné 14,6 % (actions chinoises, **), Dexia Equities B BRIC (*) 14,1 % et Fortis L Equity Asia 13,7 %. Du beau travail.
Nous trouvons qu’il est temps de faire le point. Nous prendrions donc notre bénéfice sur ce type de placement  (voir aussi l'article "Mettez votre bénéfice en sécurité").

INDICE PAYS EMERGENTS (en USD)

Le rally boursier des pays émergents semble ne pas devoir connaître de fin, en Asie et en Amérique latine surtout. Nous vous conseillons pourtant de prendre votre bénéfice.

VALEURS SURES
· Les catégories de sicav d’actions mondiales et européennes les plus populaires continuent à alterner bonnes et moins bonnes prestations. On a même vu certaines sicav piquer du nez alors que leur marché était bien orienté. A l’échelon mondial, c’est le cas de Merrill Lynch IIF Global Fundamental Value A (*, - 0,5 %) et de Rolinco (*, - 0,3 %). A l’échelon européen, c’est le cas de Share Euroselection (*, - 0,9 %) et de Puilaetco Dewaay High Growth Europe (*, - 0,1 %). Faut-il revendre ? Non. Simplement, les gestionnaires de ces sicav ont été mal inspirés à l’échelon mondial avec leurs actions américaines (voir plus loin) et à l’échelon européen avec leurs actions des secteurs pharmaceutique (- 2,6 %) et technologique (- 2,7 %).
· Cela ne doit pas faire de l’ombre à d’autres qui, eux, ont réussi à tirer leur épingle du jeu, qu’il s’agisse des 8 % de hausse de Fortis L OBAM Equity World ou des 7 % de Carmignac Investissement (**). Grâce précisément à leurs placements… dans les pays émergents!
A l’échelon européen, épinglons Fidelity European Aggressive A (**, + 5,8 %) et Carmignac Euro-Entreprise (+ 4,9 %). Les gestionnaires de la première ont tiré parti de leurs placements en actions russes (+ 6,5 %) et turques (+ 8,3 %). Sur ce dernier point, idem chez Carmignac Gestion.
· Nous estimons qu’il vaut mieux se constituer soi-même un portefeuille équilibré à l’aide des stratégies que nous proposons. Mais si vous n’avez ni le temps, ni l’intérêt pour ce genre de chose, une sicav d’actions mondiales est tout indiquée. D’un coup, vous avez un portefeuille bien diversifié. Petercam L Equities Opportunity (*****) est notre préférée dans cette catégorie. Ses gestionnaires mettent l’accent en ce moment sur les actions du Benelux et du secteur financier. Hélas, cette sicav est handicapée par sa valeur d’inventaire de près de 9.000 euros. Il y a une alternative, Fortis L OBAM Equity World. Cette sicav se débrouille très bien, les états de service de son équipe de gestion (aux pays-Bas) sont excellents. L’accent est mis sur la zone euro, sans craindre toutefois de s’aventurer ici et là hors des sentiers battus, par exemple en direction des pays émergents.

DÉCEVANT DOLLAR
· Un mois s’est écoulé et le dollar a encore baissé par rapport à l’euro. Comme cela s’est déjà vu plusieurs cette année, le billet vert souffre de la vigueur de l’euro. Son recul de 1,7 % en octobre porte sa dépréciation sur un an à 11,8 %. Il n’y a donc rien d’étonnant au fait que les prestations des sicav en actions américaines soient elles aussi décevantes après change en euros.

BOURSE DE NEW YORK (en euros)

La Bourse de NEW YORK est loin d’avoir donné les résultats attendus après change en euros. La cause en est bien sûr les errements du dollar. Voyez-y une occasion d’acheter.

Pourtant, l’essentiel a pu être préservé puisque l’on est proche du statu quo grâce à la hausse de 2 % enregistrée par wall Street en octobre. Notons la très bonne prestation de Parvest US Small Cap (**, + 4 %) qui, comme son nom l’indique, investit en petites actions comme Aptargroup (santé, + 16 %) ou Dionex (technologie, + 9 %). Une stratégie qui a déjà permis à cette sicav de se distinguer par le passé. Fidelity America A (*) ne s’en tire pas mal du tout avec une hausse de 1,8 %. Ici ce sont les valeurs technolgiques comme Google (internet, + 22,5 %) et Apple (+ 22 %) qui ont fait le travail. La perdante du mois est Pictet USA Index (- 1,7 %) qui n’a pu trouver compensation au recul des  valeurs financières Citigroup (- 12 %) et Bank of America (- 6 %).
· Nous continuons à conseiller les placements en dollars, actions et obligations. Le billet vert est très bon marché, c’est un très bon argument.

Les bourses en octobre 2007

Bourse

       Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

1.3%

12.6%

Athènes (ATHEX 20)

5.2%

25.2%

Bruxelles (BEL 20)

2.7%

7.2%

Francfort (DAX 30)

2.0%

24.6%

Hong Kong (H.SENG)

13.8%

51.5%

Lisbonne (PSI 20)

8.2%

23.7%

Londres (FTSE 100)

4.2%

5.4%

Madrid (IBEX 35)

9.0%

15.5%

Milan (MIB 30)

1.5%

3.4%

Nasdaq Composite

4.0%

6.6%

New York (S&P 500)

-0.2%

-0.8%

Paris (CAC 40)

2.3%

9.3%

Stockholm (OMX 30)

-3.2%

9.2%

Sydney (ASX)

6.0%

33.8%

Tokyo (Nikkei 225)

-2.2%

-8.5%

Toronto (S&P/TSX)

6.7%

23.3%

Zurich (SMI)

0.0%

-0.4%

(1) en %, après conversion en euro, fin octobre 2007

RETARD PHARMACEUTIQUE
· Les actions du secteur pharmaceutique prennent coups sur coups. En octobre encore. En moyenne, le recul est encore limité, mais lorsqu’on y regard de plus près l’écart est considérable entre AXA B Fund Pharma & HealthCare (-3,8 %, *) et Janus World Fund Global Life Sciences EUR (+4,1 %, ****). La première doit son statut de lanterne rouge aux mauvaises prestations de la japonaise Takeda Pharmaceutical (- 13 %), punie pour ses mauvais résultats alors que Roche Holdings (- 10,4 %) l’était, elle, pour un chiffre d’affaires décevant. La seconde par contre a tiré parti de ses gros investissements chez Gilead Sciences (+ 11,1 %) et Merck & Co (+ 10,9 %). De plus, ses gestionnaires se sont couverts contre le risque lié au dollar. Le mois dernier, c’était banco!

 SECTEUR PHARMA (en gras) ET INDICE BOURSIER MONDIAL (base 100)

Le moins qu’on puisse dire est que les prestations du secteur déçoivent. Il a pourtant bien des atouts, par exemple sa bonne évaluation. A acheter comme diversification à long terme.

· Nous l’avons déjà écrit : on a l’impression que les sociétés pharmaceutiques sont pénalisées quoi qu’elles fassent. L’avertissement sur résultat de l’une va provoquer des remous dans tout le secteur. Aujourd’hui, quelques belles occasions s’offrent toutefois aux amateurs, par exemple AstraZeneca, GlaxoSmithKline et Pfizer. Un placement bien diversifié et à long terme via une sicav se justifie donc toujours.

Les secteurs en octobre 2007

Secteur

       Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

2.7%

3.4%

Pharma

-2.6%

-8.6%

Télécom

7.7%

28.7%

Technologie

-2.7%

13.4%

Consommation

3.8%

21.1%

Distribution

4.2%

16.7%

Utilité publique

6.2%

35.3%

Dans le monde

Finance

3.2%

4.0%

Pharma

-1.2%

-7.3%

Télécom

6.2%

29.9%

Technologie

4.0%

10.8%

Consommation

2.6%

12.6%

Distribution

2.3%

3.7%

Utilité publique

6.0%

24.6%

(1) en %, après conversion en euro, fin octobre 2007

BON MOIS OBLIGATAIRE
Sauf pour les sicav libellées dans des devises qui ont perdu des plumes face à l’euro, le mois d’octobre a été bon pour les sicav d’obligations. Les taux d’intérêt ont légèrement reflué, ce qui a poussé le prix des obligations existantes à la hausse. Les sicav d’obligations mondiales ont progressé en moyenne de 0,5 %. A noter la bonne performance de Bonds@Work (+1,2 %, **** depuis ce mois). Ses gestionnaires nous ont expliqué qu’ils investissent environ un cinquième du portefeuille de la sicav en obligations de pays émergents. Or les devises de la plupart de ces pays se sont appréciées le mois dernier, à l’instar du zloty polonais (+3,9 %), du real brésilien (+4 %) ou encore du rand sud-africain (+ 3,7 %). Rorento (+ 0,8 %) vient aussi de décrocher une quatrième étoile. Cela fait un petit temps que ses gestionnaires obtiennent de bons résultats, ce qui s’explique notamment par le fait qu’ils se sont prémunis contre les fluctuations monétaires. Cette sicav n’a donc pas eu à souffrir de la baisse du billet vert. Une arme à double tranchant cependant, car lorsque le dollar reprendra des forces elle n’en profitera pas non plus. Quoi qu’il en soit, pour  Bonds@Work ou Rorento, nous attendrions une confirmation de leur quatrième étoile avant d’investir.
Templeton Global Bond A (+0,9 %) jouit aussi de ****. Cette sicav mise essentiellement sur les obligations de pays émergents. Le risque nous paraît trop élevé pour vous conseiller d’y investir. En définitive, pour diversifier en une fois votre portefeuille obligataire, optez pour Petercam (L) Bonds Universalis (+ 0,7 %, ****) dont les gestionnaires prouvent depuis plusieurs années leur capacité à dégager régulièrement de bons rendements. Vous pouvez acheter notamment via Deutsche Bank et Rabobank.be.

EVOLUTION DE PETERCAM (L) BONDS UNIVERSALIS ET RORENTO (base 100)

La sicav de Petercam (en gras) obtient régulièrement de bons résultats et Rorento rattrape son retard. Ses gestionnaires transformeront-ils l’essai ?

CHUTE SANS FIN
Si, d’un mois à l’autre, la valeur d’inventaire de vos sicav obligataires en dollars a augmenté grâce à la baisse des taux, une fois converti en euros le rendement de ces mêmes sicav est négatif : -0,8 % en moyenne et -7,9 % sur les douze derniers mois. La glissade du billet vert, qui a encore perdu 1,7 % par rapport à l’euro le mois dernier, semble sans fin. Lentement mais sûrement, on s’approche du seuil de 1,50 dollar pour un euro. Le billet vert subit de plein fouet le ralentissement de l’économie américaine et la baisse des taux directeurs qui l’accompagne. La banque centrale américaine a baissé ses tarifs une nouvelle fois le 31 octobre (pour les ramener de 4,75 à 4,50 %). Des taux moins élevés, cela donne une devise moins attrayante, d’autant qu’en Europe c’est le statu quo au niveau des taux. Tant que cette situation ne s’inversera pas, le dollar restera sous pression. Mais, au niveau actuel déjà, nous estimons sa baisse exagérée, à tel point que nous jugeons le billet sous-évalué de plus de 20 % par rapport à l’euro. C’est l’occasion de renforcer vos avoirs dans cette devise.

EVOLUTION DU DOLLAR AMERICAIN (en euros)

La baisse du billet vert pèse lourdement sur les sicav. Mais lorsqu’il se reprendra, à condition de faire preuve de patience, vous pourrez compter alors sur une jolie plus-value.

DOLLAR AUSTRALIEN
Les sicav d’obligations en dollars australiens ont encore signé une belle performance en octobre. ING (L) Renta Fund II AUD a progressé de 2,8 % tandis que KBC Renta AUD-Renta s’appréciait de 2,4 %. L’Australie est pourtant un des rares pays où les taux obligataires ont grimpé en octobre en prévision de la hausse des taux directeurs intervenue entre-temps début novembre. Cela aurait dû être néfaste pour les sicav, mais cette hausse des taux rend le dollar australien d’autant plus intéressant. Il s’est donc apprécié de 2,9 % face à l’euro. De quoi donner suffisamment de tonus aux sicav pour les ramener dans le vert.
Un petit mot encore sur l’évolution du dollar australien début novembre. En une bonne dizaine de jours, la devise a perdu quelques 5 % face à l’euro. A l’origine de cette baisse (comme cet été), une aversion au risque grandissante, en ces temps boursiers chahutés, qui pousse les investisseurs à clôturer leurs placements risqués. En l’occurrence leurs opérations de « carry trade » par lesquelles ils empruntent à faible taux en yens pour investir dans une devise à haut rendement comme le dollar australien. En clôturant leurs positions, ils revendent donc des dollars australiens, ce qui pèse sur la devise. Pas d’inquiétude toutefois. Le dollar australien est correctement évalué et au-delà de ces mouvements spéculatifs la devise devrait être soutenue à court terme par la nouvelle hausse des taux directeurs qui est prévue ces prochains mois. L’économie locale est en excellente santé, le taux de chômage est pratiquement au plus bas depuis plus de trente ans et les autorités monétaires souhaitent donc éviter tout dérapage de l’inflation. Profitez de la baisse actuelle pour acheter si vous ne l’avez pas encore fait.

EVOLUTION DU DOLLAR AUSTRALIEN (en euros)

Après une belle progression en octobre, le dollar australien est malmené depuis début novembre. Pas d’inquiétude toutefois. La hausse de taux encore attendue devrait soutenir cette devise qui est correctement évaluée par rapport à l’euro.

Les devises en octobre 2007

Code ISO

Cours (1)
(en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1342

0.0%

0.0%

=

=

SEK

0,1087

0.0%

0.2%

+

++

NOK

0,1282

-1.1%

7.0%

=

-

CHF

0,5964

-0.9%

-5.3%

=

++

GBP

1,4359

0.2%

-3.9%

=

=

USD

0,6912

-1.7%

-11.8%

=

++

CAD

0,7277

2.8%

4.1%

=

=

AUD

0,6406

2.9%

5.7%

+

-

NZD

0,5316

0.1%

1.3%

=

-

JPY

0,5996

-1.9%

-10.3%

+

++

(1) fin octobre 2007 ; p.ex. 1 USD vaut xxx euros ; (2) en %, par
rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à
long terme.

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