Analyse
Un coup d'oeil sur les marchés il y a 9 ans - mercredi 12 décembre 2007

Naufrage boursier.

La quasi-totalité des sicav d’actions reprises dans notre sélection a terminé dans le rouge en novembre. Les déboires du secteur financier, liés à la crise des « subprimes », et le ralentissement économique américain ont fait baisser les marchés boursiers. Moins confiants, les investisseurs ont privilégié les obligations, ce qui a fait grimper les cours. Tout n’est pas rose pour autant pour les sicav obligataires. Plusieurs devises ont encore perdu des plumes par rapport à l’euro, ce qui a lourdement pesé sur le rendement des sicav concernées.

NOIR, JAUNE…
… rouge ! Les investisseurs en sicav d’actions belges ont vu rouge en novembre. Ces dernières ont en moyenne perdu 5,2 %. La Bourse belge a beaucoup souffert. En cause, le matraquage des valeurs financières, fort présentes dans notre indice national et donc dans les sicav. Les poids lourds que sont Fortis et Dexia ont respectivement perdu 17 et 16 % en un mois seulement ! Les investisseurs s’interrogent encore sur les conséquences de la crise immobilière américaine – les fameux « subprimes » – dans le bilan des banques : à quel point sont-elles affectées ? D’autres valeurs ont aussi souffert, à l’image du brasseur Inbev (-8 %) dont les derniers résultats trimestriels ont déçu, d’UCB (pharma, - 20 %), dont la commercialisation d’un nouveau médicament, le Cimzia (maladie de Crohne), est compromise dans l’immédiat, ou encore d’Agfa Gevaert (-21 %), dont la restructuration tarde à se concrétiser. Faut-il s’inquiéter outre mesure de cette mauvaise performance ? Nous ne le pensons pas. Le matraquage qu’ont subi certaines actions, les financières notamment, nous semble exagéré. Voyez plutôt la baisse du cours de ces sicav comme l’occasion d’acheter à meilleur prix – si vous ne l’avez pas déjà fait. 
Vous noterez que la sicav Osiris Equities Belgium Active, commercialisée par la Banque Degroof, se nomme désormais Degroof Equities Belgium Active. Elle vient aussi de perdre sa quatrième étoile. En réalité, elle l’a perdue de peu. C’est pourquoi nous la reprenons encore pour l’instant d’autant qu’elle reste, avec Petercam Equities Belgium (****), parmi les sicav les mieux gérées dans sa catégorie.

DEGROOF EQUITIES BELGIUM ACTIVE (en gras) ET MARCHE BELGE (base 100)

La sicav gérée par la Banque Degroof, bien qu’affichant une petite baisse de régime, continue malgré tout à faire mieux que l’indice des actions belges sur le long terme. Vous pouvez acheter.

Les bourses en novembre 2007

Bourse

        Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

-7.4%

6.3%

Athènes (ATHEX 20)

-4.9%

16.5%

Bruxelles (BEL 20)

-6.3%

0.5%

Francfort (DAX 30)

-1.9%

21.6%

Hong Kong (H.SENG)

-10.3%

36.3%

Lisbonne (PSI 20)

0.9%

23.1%

Londres (FTSE 100)

-6.6%

0.4%

Madrid (IBEX 35)

-0.8%

13.8%

Milan (MIB 30)

-4.1%

-2.7%

Nasdaq Composite

-8.3%

-1.2%

New York (S&P 500)

-5.8%

-4.5%

Paris (CAC 40)

-3.0%

6.4%

Stockholm (OMX 30)

-8.2%

0.2%

Sydney (ASX)

-8.5%

22.1%

Tokyo (Nikkei 225)

-4.0%

-9.3%

Toronto (S&P/TSX)

-12.3%

10.8%

Zurich (SMI)

-1.0%

-0.3%

(1) en %, après conversion en euro, fin novembre 2007

PESSIMISME EXCESSIF ?
Les valeurs financières, nous le disions, ont bu la tasse en novembre. Les sicav spécialisées leur ont logiquement emboîté le pas : -7,4 % en moyenne pour celles reprises dans notre sélection. KBC Equity Finance (CBC-KBC, *) a perdu davantage encore (-8,6 %), souffrant de son investissement dans HSBC Holdings (-15 %). Il faut savoir que HSBC est un des seuls acteurs européens à avoir souffert directement de son exposition aux « subprimes » américains, ces crédits immobiliers à risque. Ce qui ne veut pas dire que les autres n’ont pas souffert ! Outre les problèmes liés directement à ces crédits hypothécaires aux Etats-Unis, le secteur financier a aussi été affecté par un ralentissement de ses activités (notamment les conseils en fusions et acquisitions) et ses pertes en Bourse. Difficile de connaître aujourd’hui déjà l’ampleur des dégâts. Beaucoup craignent de découvrir encore des cadavres dans les placards. Cela affecte la confiance des investisseurs, au point que certains sont devenus exagérément pessimistes. Autrement dit, si on ne peut exclure à court terme de nouveaux soubresauts, il faut voir, dans une perspective de long terme, la chute des valeurs financières comme une occasion d’acheter à bon compte les sicav qui y investissent. Nous vous conseillons Fidelity Financial Services A (distribuée par Deutsche Bank, *).

EVOLUTION DE FIDELITY FINANCIAL SERVICES A (en euro)

Dire que le secteur financier a fini de manger son pain noir serait sans doute prématuré. Néanmoins, la chute récente des cours a créé des opportunités à saisir dans la perspective d’un placement à long terme.

RALENTISSEMENT AUX USA
Les sicav d’actions américaines ont reculé de 5,8 % en novembre. Une baisse qui est due au ralentissement économique annoncé aux Etats-Unis et qui est exacerbée par la crise de liquidités qui secoue le pays depuis cet été. La banque centrale américaine a déjà baissé ses taux directeurs à plusieurs reprises, dans le but justement de soutenir l’économie, mais il ne faut pas s’attendre à de véritables éclaircies tant que la situation du secteur financier – le pourvoyeur de fonds de toute l’économie – ne se sera pas stabilisée. D’ores et déjà 2008 s’annonce comme une année mitigée. A plus long terme toutefois, on ne peut ignorer la capacité de rebond de l’économie américaine. Ce qui continue d’en faire un placement de choix, d’autant que le dollar américain, actuellement sous-évaluée de quelque 20 % par rapport à l’euro, est très bon marché. Côté sicav, vous pouvez acheter JWF US Strategic Value A USD (distribuée pat Citibank, ***). Nous n’achèterions plus (mais vous pouvez conserver) Pictet USA Index P (distribuée par Cortal Consors), dont les prestations sont en baisse **. Lorsqu’on tient compte du rendement et du risque, il ne semble pas que la situation doive s’améliorer significativement.

Les secteurs en novembre 2007

Secteur

        Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

-7.1%

-3.2%

Pharma

2.5%

-3.8%

Télécom

-0.9%

27.2%

Technologie

-6.9%

4.5%

Consommation

-3.9%

15.3%

Distribution

-6.5%

9.2%

Utilité publique

0.4%

30.3%

Dans le monde

Finance

-7.8%

-2.9%

Pharma

0.3%

-3.5%

Télécom

-5.1%

24.0%

Technologie

-8.5%

1.3%

Consommation

-3.3%

9.5%

Distribution

-5.4%

-0.5%

Utilité publique

-0.6%

21.3%

(1) en %, après conversion en euro, fin novembre 2007

PLONGEON CANADIEN
Balzac Canada Index, qui investit en actions canadiennes, a perdu 12,2 % le mois dernier. Les valeurs financières, largement représentées dans cette sicav, ont contribué à ce mauvais résultat et les valeurs minières et énergétiques n’ont rien fait pour arranger les choses. Le cours de la mine d’or Barrick Gold Corporation, avec une perte de 10 %, baisse juste un peu moins que la moyenne.
Il faut toutefois préciser qu’une bonne partie de ces pertes est à mettre à l’actif du dollar canadien, en baisse de 6,3 % par rapport à l’euro, les investisseurs ayant anticipé une baisse des taux directeurs, baisse qui s’est d’ailleurs concrétisée début décembre. La banque centrale canadienne semble aujourd’hui se préoccuper surtout des risques qui pèsent sur la croissance canadienne dans un contexte économique mondial incertain. L’économie canadienne reste malgré tout robuste et la baisse de la devise ne devrait pas se poursuivre. Vous pouvez donc encore acheter.

TAUX EN BAISSE
Voyons les bonnes nouvelles maintenant. Les ventes en masse enregistrées sur les marchés boursiers et dues à la crainte des investisseurs de voir la crise hypothécaire américaine se répandre bien davantage qu’on l’avait cru au départ ont provoqué une ruée sur les placements moins risqués que sont les obligations. Le malheur des uns… Cette frénésie à l’achat de tout ce qui n’a rien à voir avec le risque boursier a fait monter les cours des obligations et fait baisser les taux. Ce qui est une bonne chose pour les sicav investissant dans ce type d’actifs. Le mouvement est surtout très visible dans les pays où les Bourses ont le plus tangué, notamment le Canada et l’Australie, fort sensibles à l’évolution du cours des matières premières. Beaucoup d’investisseurs ont échangé leurs actions contre des obligations et des placements en liquidités en attendant de voir le ciel boursier s’éclaircir.

TAUX OBLIGATAIRES ET COURS OBLIGATAIRES DANS LA ZONE EURO

Rien ne sourit davantage au marché obligataire (échelle de droite) que des baisses des taux d’intérêt (échelle de gauche). Merci aux turbulences boursières qui ont amené tout ce beau monde vers les placements à faible risque.

EURO, MON BEL EURO…
· Ces bonnes performances enregistrées ici et là ont été occultées par le marché des changes. L’effet positif de la baisse des taux d’intérêt a été, dans bien des cas, plus que compensé par la faiblesse des prestations de certaines devises par rapport à l’euro. Un euro qui apparemment fait de la musculation pour se positionner en champion incontesté de l’année… Les conséquences sur les portefeuilles n’en sont pas négligeables. Les devises de la zone dollar, avec en tête la chute de 6,3 % du dollar canadien, mais aussi la livre sterling (- 2,4 %) et la couronne danoise (- 1,9 %) en sont de cruels exemples. C’est gênant pour qui, au départ de l’euro, a investi dans ces pays. Faut-il en faire son deuil ? Surtout pas. Beaucoup de devises sont sous-évaluées, si bien qu’elles offrent un potentiel à terme.
· Heureusement, il y a toujours des exceptions à la règle. Par exemple la bonne tenue du yen japonais (+ 2,4 %) et du franc suisse (+1,2 %). Nous y reviendrons.

MERCI, LA CRISE
· Dommage que le dollar US ait encore déçu (- 1,4 %), sinon les sicav obligataires dans cette devise auraient connu un mois de novembre faste. En dollars en effet, elles ont gagné près de 4 % grâce à la baisse des taux américains. De ce fait, il y a de fortes chances que, pour la première fois depuis fort longtemps, les obligations en dollar américain finissent par faire mieux que les actions sur base annuelle. On en reparlera dans le prochain numéro.
· Regardons les choses de plus près : deux sicav seulement sont restées dans le rouge, MLIIF US Dollar Core Bond A (Deutsche Bank, ***) et Threadneedle Dollar Bond (Deutsche Bank et Keytrade Bank, ***) qui, toutes deux, ont perdu 0,7 %. C’est dû à quelques placements dans des obligations “corporate” plus risquées et dans des émissions des grands noms du marché hypothécaire américain comme Fannie Mae, Ginnie Mae et Freddie Mac.
· Le choix est vaste dans la catégorie des sicav d’obligations en dollar américain. Beaucoup d’entre elles sont correctement gérées. A nos yeux, il est intéressant d’y investir pour tirer parti du potentiel considérable de la devise (sous-évaluée de plus de 20 % par rapport à l’euro). Selon votre horizon de placement (plus il est court, plus vous pouvez investir) et votre profil de risque (plus il est faible, plus vous pouvez investir), misez jusqu’à 20 % de votre avoir dans ce type de sicav. Utilisez notre stratégie comme fil rouge.

DOLLAR AMERICAIN EN EURO

Le dollar a à nouveau souffert, cette fois des effets de la crise hypothécaire américaine. Une crise qui a fait fuir les investisseurs vers les autres devises. Le franc suisse et le yen japonais en ont bénéficié.

ET LES GAGNANTS SONT…
On peut considérer que deux catégories d’obligations se sont distinguées des autres en novembre.
· Le yen japonais, qui est sous-évalué, a gagné du terrain par rapport à l’euro (+2,4 %). Beaucoup de Japonais ont rapatrié une partie de leurs avoirs aux Etats-Unis pour investir dans leur propre pays, surtout en obligations d’Etat, le placement en ce moment le plus sûr et le plus liquide. Les conséquences en sont doubles. D’une part les taux japonais ont baissé et d’autre part le yen a gagné en valeur par rapport à quasiment toutes les autres devises. Ce qui a créé de considérables plus-values pour les détenteurs de sicav d’obligations en yens. KBC Renta Yenrenta (***) par exemple a gagné 3,2 %. Investir en yens est surtout intéressant du fait du potentiel de la devise et dans un but de diversification.
· Le franc suisse a retrouvé, lui, tous ses attributs de valeur refuge. Résultat : + 1,2 %. Certaines sicav, comme SGAM Bonds CHF A (SG Private Banking, **) ont gagné plus de 2 %. Profitez de ce réveil temporaire de la monnaie helvétique pour vendre ce qu’il vous reste de sicav d’obligations dans cette devise. A notre avis, son potentiel est limité.

Les devises en novembre 2007

Code ISO

Cours (1)
(en euro)

    Evolution (2)

   Persp. (3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1341

0.0%

0.0%

=

=

SEK

0,1066

-1.9%

-3.3%

+

++

NOK

0,1229

-4.2%

0.3%

=

-

CHF

0,6034

1.2%

-4.2%

=

++

GBP

1,4009

-2.4%

-5.6%

-

+

USD

0,6813

-1.4%

-9.7%

=

++

CAD

0,6816

-6.3%

3.2%

=

+

AUD

0,6025

-5.9%

1.2%

+

=

NZD

0,5223

-1.8%

1.1%

=

-

JPY

0,6142

2.4%

-5.8%

+

++

(1) fin novembre 2007 ; p.ex. 1 USD vaut xxx euros ; (2) en %,par
rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à
long terme.

ACTIONS ET OBLIGATIONS ?
· En moyenne, les sicav mixtes du type défensif ont perdu quelque 1,5 %, les neutres 3 % et les dynamiques 4,4 %. Les sicav de la série Portfolio MultiManager (Banque J. Van Breda) ontfait moins bien du fait de la faiblesse des sicav d’actions américaines qu’elles ont en portefeuille. La série Universal Invest de Capital & Finance (distribuée par Fortis Banque) a une nouvelle fois fait mieux que les autres grâce au profil défensif de tous ses compartiments. Ses gestionnaires n’ont que peu investi dans la zone dollar et moins en actions que la plupart de leurs confrères et concurrents. La relative modestie de ses avoirs en actions explique aussi pourquoi Transparant Balance (Dierickx, Leys & Cie, -1,4 %, ****) a pu limiter les dégâts. Le fonds d’assurance Piazza AXA IM Optimal Balance (-0,1 %, *) a limité les dégâts, lui, grâce au fait qu’il n’investit qu’en Europe et qu’il avait conservé pas mal de liquidités.
· Dans la catégorie des sicav mixtes, lesquelles investissent tant en actions qu’en obligations, la question qui se pose est toujours la même : quel est le type d’actifs qui doit dominer ? Les actions ou les obligations ? Ces deux formes de placement évoluent le plus souvent en sens contraire. Ce qui fait que lorsque l’une va bien, l’autre va moins bien. Il va de soi que cela freine les performances, mais d’un autre côté cela donne une répartition de portefeuille nettement plus équilibrée. Et c’est précisément cet atout, cette diversification, qui fait la force des sicav mixtes.
Il faut encore se poser une autre question : quelle sicav mixte choisir ? Faut-il opter pour davantage d’actions (sicav dynamiques ou agressives), pour un équilibre (sicav neutres) ou pour advantage d’obligations (sicav défensives) ? Le choix dépend de vous, de votre attitude face au risque et de votre horizon de placement.

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