Analyse
La fin d'une longue hibernation il y a 9 ans - jeudi 10 janvier 2008
Stabilité politique, vigueur économique, maturité boursière et élargissement de l’offre de sicav font partie des raisons qui nous incitent à investir sur la Bourse de Moscou.

Stabilité politique, vigueur économique, maturité boursière et élargissement de l’offre de sicav font partie des raisons qui nous incitent à investir sur la Bourse de Moscou. Pour le long terme.

Celui qui ne craint pas un petit supplément de risque peut désormais consacrer une petite partie de son portefeuille à la Russie.
La désignation de Dmitry Medvedev comme dauphin de Poutine a mis fin à plusieurs mois d’incertitude politique. Le premier nommé deviendra ainsi plus que probablement Président en mars alors que Poutine endossera le rôle de Premier ministre. Un procédé certes peu orthodoxe, mais qui assurera aussi la stabilité politique du géant russe. Une des bonnes raisons pour nous, en plus d’autres facteurs, de miser sur la Russie. Mais attention, les températures peuvent aussi y être très froides et les fortes fluctuations dans les portefeuilles de fonds y constituent plutôt la règle que l’exception. Voilà pourquoi ce placement doit aussi s’envisager à long terme.

ECONOMIE EN FORME
Poutine a sans conteste redoré le blason de la Russie, aidé en cela par la forte demande mondiale de matières premières comme le pétrole, le gaz naturel et les métaux nobles. Aujourd’hui, les prévisions font état d’une croissance économique de 7 % en 2008 et de 6 % environ les années suivantes. Le gouvernement utilise les nombreux pétrodollars pour réduire rapidement la dette extérieure et constituer des réserves, une politique qui a assuré la stabilité du rouble par rapport à l’euro ces dernières années.
Mais la flambée des prix des matières premières n’explique pas tout. La consommation intérieure est aussi un élément-clé. Les investissements (dans les infrastructures par exemple) n’ont jamais été aussi importants et la population est toujours plus riche. Les salaires ont ainsi augmenté ces dernières années de 25 % annuellement, compensant la forte inflation (9 %). Le combat contre la hausse des prix reste néanmoins d’actualité, ce qui conduira, au final, à une baisse des taux, et rendra les emprunts plus abordables, accentuant encore la consommation. Le consommateur russe est donc prêt à reprendre le flambeau de la croissance si les prix des matières premières devaient diminuer.

UNE BOURSE BON MARCHE
Malgré la mainmise du Kremlin sur certains secteurs (rappelez-vous Yukos), la Bourse locale s’est remarquablement comportée. Et la bonne nouvelle est qu’elle n’est pas encore chère au regard des excellents chiffres bénéficiaires de nombreuses sociétés. Pas question donc ici de dérives comme en Chine ou en Inde. Le principal danger se situe au niveau des actions de matières premières (environ la moitié de la Bourse). La baisse des prix fera en effet baisser les bénéfices, mais cet effet sera aussi partiellement compensé par la forte demande intérieure qui soutiendra les entreprises de secteurs comme les finances, la distribution et la construction.

BOURSE RUSSE (gras) ET INDICE MONDIAL (base 100)

Même après sa progression, la Bourse de Moscou reste intéressante. Vous pouvez acheter pour le long terme.

DIVERS TYPES DE SICAV
Le meilleur moyen d’investir dans des actions russes consiste à investir dans une sicav d’actions spécialisée misant exclusivement sur la Bourse de Moscou. Vous avez le choix, aujourd’hui, entre quatre sicav. A l’exception de JPMorgan Russia Fund, qui joue clairement moins que les autres la carte de l’énergie, ABN AMRO Russia Equity, Fortis L Equity Russia et Horizon Access Russia sont gérées d’une manière similaire. Choisissez dans ce cas la sicav la plus facile à acheter pour vous.
– Le tracker Lyxor ETF Russia, coté sur Euronext Paris, permet aussi d’accéder à la Bourse russe. Malgré de faibles frais de gestion (0,65 %), nous ne sommes toutefois pas favorables à ce produit, non seulement en raison du fait qu’il verse chaque année un dividende doublement imposé (2 x 25 % de précompte), mais aussi, et surtout, parce que son gestionnaire suit l’indice DJ Rusindex Titans 10 et n’investit donc que dans 10 actions, une diversification insuffisante à nos yeux.
– Enfin, il existe aussi de nombreuses sicav axées sur l’Europe de l’Est qui font la part belle à la Russie. Près de la moitié du portefeuille est ainsi affectée à la Bourse de Moscou, le reste revenant à la Pologne, à la Turquie et, dans une moindre mesure, à la Hongrie. Les sicav BRIC, qui investissent chaque fois un quart au B(résil), en R(ussie), en I(nde) et en C(hine), représentent un autre type de sicav régionales. L’anagramme nous apparaît toutefois surtout comme un gadget marketing et les sicav BRIC offrent peu de valeur ajoutée par rapport aux sicav (multi-)régionales existantes. Comme nous préférons jouer la carte de la Russie, nous n’investissons pas non plus dans ce genre de sicav.

Grandes actions

La Russie a beau être un Goliath économique, sa Bourse fait plutôt figure de David. Même la Bourse de Bruxelles était, jusqu’à la mi-2005, plus grande. Toutefois, les bonnes performances de ces dernières années lui ont permis d’attirer toujours plus de capitaux et de sociétés.
Les principales actions sont Gazprom, Rosneft et Lukoil (énergie), Norilsk Nickel et Severstal (matières premières), Sberbank et VTB Bank.

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