Analyse
Subprime : quand l'occasion fait le larron il y a 9 ans - jeudi 10 janvier 2008
Oui, la crise liée aux crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis a conduit à une méfiance généralisée envers le secteur financier.

Oui, la crise liée aux crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis a conduit à une méfiance généralisée envers le secteur financier. Et oui encore, cette méfiance a rendu le recours au crédit plus difficile pour les entreprises. Mais à qui profite le crime ? A vous, si vous savez vous y prendre. Lisez plutôt.

Souvenez-vous. Été 2007. Une météo particulièrement maussade qui annonçait aussi le début d’une crise dont on était loin de mesurer les retombées. C’était la fameuse crise des subprimes. Ces crédits immobiliers octroyés aux Etats-Unis à des ménages financièrement précaires. Cette crise s’est rapidement propagée à toute la planète, telle une traînée de poudre disséminée impudemment à tous vents par des professionnels de l’ingénierie financière. Comment ? En reconditionnant ces risques au travers d’obligations ou d’autres instruments particulièrement complexes et apparemment inoffensifs. Au final, ce sont des dizaines de milliards de dollars qui ont dû être provisionnés de par le monde pour se couvrir contre cette menace subitement mise en exergue.

 « CORPORATE » DÉLAISSÉ…
La méfiance s’est installée un peu partout. Les investisseurs sont devenus plus réticents à prêter de l’argent à n’importe qui. Cette prise de conscience des risques liés au financement des entreprises a détourné les investisseurs des emprunts ne présentant pas autant de garanties que les emprunts d’Etat. Avec pour conséquence que les entreprises qui veulent encore se financer sur les marchés des capitaux doivent désormais payer le prix fort. Alors qu’elles devaient en moyenne consentir un supplément de rendement de l’ordre de 0,4 % à la mi-2007 sur les obligations émises, elles doivent aujourd’hui payer une prime de près de 1,20 % par rapport aux emprunts d’Etat (voyez le graphique).

ECART DE RENDEMENT ENTRE LES OBLIGATIONS « CORPORATE »
ET LES EMPRUNTS D’ETAT EN EURO

Depuis l’été dernier, les taux offerts sur les emprunts « corporate » n’ont cessé de gagner du terrain sur la rémunération des emprunts d’Etat. Pour les obligations libellées en euro, l’écart a pratiquement triplé. A vous d’en tirer parti.

… OPPORTUNITÉ À SAISIR
Si les entreprises en quête de capitaux ne voient pas d’un bon œil ce renchérissement du crédit, les investisseurs opportunistes, en quête de placements plus rémunérateurs, pourront y voir une poche à exploiter. Mais attention, il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. Pas question ici de se ruer sur les obligations d’émetteurs douteux. Non. Des obligations d’entreprises, oui, mais pas ces obligations de pacotille – on dit junk bonds dans le jargon – qui relèvent de la pure spéculation.

CONCRETEMENT
Deux voies s’ouvrent à vous pour tirer parti des obligations d’entreprises. Ou bien vous achetez directement des obligations individuelles, mais dans ce cas, vous devez veiller à choisir les émetteurs combinant le plus avantageusement rendement et risque. Et surtout répartir votre avoir sur différents émetteurs, histoire de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier. Ou bien vous optez pour le prêt-à-porter avec une sicav spécialisée dans les obligations d’entreprises. Principal avantage, une diversification immédiate sur un nombre parfois impressionnant d’émetteurs sans les soucis de la gestion. C’est dans cette seconde voie que nous vous guidons ici.

QUELLE SICAV ?
Nous avons sélectionné des sicav dont la stratégie d’investissement est axée sur les obligations d’entreprises. En prenant toutefois soin d’exclure celles misant sur des émetteurs moins fiables. Exit donc les sicav dont la politique est plus guidée par la hauteur des coupons que la qualité des émetteurs. Vous trouverez dans notre tableau la répartition des portefeuilles de ces sicav sur base précisément de la qualité des émetteurs. Celle-ci est évaluée par des agences de notation spécialisées. Les ratings compris entre AAA et BBB (Standard & Poor’s) ou Aaa et Baa (Moody’s) concernent des émetteurs affichant une situation financière suffisamment solide pour être jugées dignes d’investissement. En deçà, on parle plutôt de spéculation. Dans la dernière colonne, nous y avons adjoint notre indicateur de performance. Il permet de se faire une idée de la qualité de gestion des sicav par rapport à ce segment de marché. Vous voyez que Petercam L Bonds EUR Quality (***, 96) devance ses concurrentes d’une courte tête. Elle mérite un achat privilégié. Mais dans la mesure où les écarts observés au niveau de la performance restent limités, vous pouvez aussi opter pour une autre sicav *** affichant 90 ou plus au compteur.

Composition des portefeuilles (%) selon la qualité de l'émetteur

Sicav

Distribuée par

AAA

AA

A

BBB

(1)

Perf. (2)

Petercam L Bonds
EUR Quality

Petercam

9

11

48

31

1

96

Dexia Sustain.
Euro Corp. Bds

Dexia

9

38

36

13

4

93

DWS Invest Euro Corp Bds LC

Deutsche Bank

8

26

42

19

5

92

Pictet (Lux) EUR
Corp. Bonds P

Cortal Consors

15

16

43

22

4

91

Parvest Euro
Corporate Bond

Cortal Consors

5

20

42

19

14

91

KBC Bonds
Corporate Euro

KBC – CBC

1

31

37

26

5

90

Fortis L Fd Bond
Corp. Euro

Fortis

1

8

47

43

1

87

ING (L) Renta
Fund Eurocredit

ING

2

21

53

20

4

85

(1) Emetteurs de qualité moindre ou ne bénéficiant pas d'une notation
(2) Indicateur de performance (base 100 = marché de référence)

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