Analyse
Pour mieux comprendre... il y a 9 ans - jeudi 14 février 2008

Le jeu des 7 différences.

Qu’il y ait beaucoup de sicav, cela, vous le savez. Mais qu’elles puissent se ressembler à ce point, vous ne le savez peut-être pas. Nous nous sommes fait recaler au jeu des 7 différences.

Ce ne sont pas des centaines, mais des milliers de sicav qui vous sont proposées dans les pages financières des quotidiens. Et il s’en ajoute tous les jours. C’est tout simplement hallucinant ! Et comme il y a davantage de sicav que d’actions différentes cotées en Bourse, il est logique que les gestionnaires soient plusieurs à pêcher dans les mêmes eaux. Côté investisseurs, c’est le point d’interrogation : laquelle choisir ? Un exercice de plus en plus compliqué, elles se marchent toutes sur les pieds.

REDONDANCES
· C’est d’autant plus vrai que les redondances sont multiples à l’intérieur des mêmes banques. Par exemple lorsqu’il y a des variantes ‘gestion passive’ (= reproduire les performances d’un indice) et ‘gestion active’ (= faire mieux que l’indice). Il faut aussi compter avec les sicav dites ‘de style’ dont la particularité est qu’elles mettent l’accent sur un type d’action bien précis, par exemple les actions offrant un rendement élevé sur dividende. Ou les actions à petite capitalisation (small caps). Ou encore les actions de croissance (growth) qui cohabitent avec les actions de valeur (value). Certaines opérations, comme par exemple la fusion de sicav trop spécialisées ou trop petites, ont débouché sur la naissance de nouvelles sicav bien souvent redondantes. Sans oublier les variantes juridiques comme les sicav de droit belge ou luxembourgeois qui se ressemblent comme des jumelles, n’est-ce pas, messieurs de chez Fortis ? Ne croyez pas que Fortis B Pharma Europe soit fort différente de Fortis L Pharma Europe...
· Ce sont en fait les grandes banques (Dexia, ING, CBC-KBC et Fortis) qui, avec leurs vitrines encombrées, compliquent la tâche des investisseurs. Elles proposent non seulement des nuées de sicav qui investissent plus ou moins dans les mêmes actifs, mais elles ne cessent d’en lancer d’autres qui pêchent dans les eaux du voisin ! De plus, toutes ces sicav sont généralement gérées par une seule et même équipe selon les mêmes méthodes, ce qui explique que les différences entre les portefeuilles sont souvent moins importantes qu’on le croit.
Ainsi, CBC-KBC et sa branche ‘assurances’ proposent une quinzaine de sicav qui investissent au niveau mondial, Dexia et ING disposent chacune d’une dizaine de sicav régionales diversifiées sur l’Europe et Fortis est dans la même situation avec une gamme investissant cette fois dans la zone euro. Sans oublier les sicav sectorielles.

KBC EQUITY BELGIUM (en gras) ET KBC MULTI TRACK BELGIUM (en base 100)

Ces deux sicav de CBC-KBC misent sur les mêmes marchés. La première tente de faire mieux que la Bourse de Bruxelles, la seconde la suit à la trace. Mais les différences entre les deux sont minimes. Laquelle choisir ? Aucune des deux. Le marché vous offre mieux ailleurs.

ACTIONS BELGES
Prenons l’exemple des sicav d’actions belges. Chez CBC-KBC, on en trouve six différentes dont les portefeuilles sont fort semblables. Trois d’entre elles sont reprises dans nos tableaux de la p. 12. Certaines sont gérées activement comme KBC Equity Fund Belgium (+ 15,9 % sur les 12 derniers mois, *) et EMIF Belgium Index Plus (+ 15,1 %, *), d’autres passivement comme KBC Multi Track Belgium (+ 17,9 %, *) alors que KBC Multi Track High Dividend Belgium (+ 15 %) vise, elle, les actions à rendement élevé sur dividende.
Si vous comparez leurs fiches techniques, vous verrez que les ressemblances en matière de portefeuille et de répartition sectorielles sont aussi étonnantes que les différences en frais de gestion ! Pour les sicav gérées activement il faut débourser 1,25 % par an pour KBC Equity Fund Belgium et 1,15 % plus une allocation supplémentaire sur rendement pour EMIF Belgium Index Plus. La sicav gérée passivement KBC Multi Track Belgium ne compte elle que 0,5 % de frais de gestion annuels et… c’est la meilleure des trois !
CBC-KBC propose aussi deux sicav n’investissant qu’en actions flamandes, la sicav gérée passivement IN.FLanders Index Fund (+ 24 %, *) et la sicav gérée activement KBC Equity Flanders (+ 22,1 %, ***). Leur portefeuille est légèrement différent de celles qui précèdent, mais pas suffisamment pour y investir à part.

QUALITE D'ABORD !
· Sachez ce que vous achetez ! Détenir deux sicav différentes de la gamme décrite ci-dessus n’a aucun sens puisqu’elles investissent quasiment dans les mêmes actifs. Si l’une monte, l’autre suivra, fût-ce à distance. Et inversement. Ne croyez surtout pas que parce que vous avez deux de ces sicav en portefeuille, celui-ci est mieux diversifié !
· Que choisir en fin de compte ? Un conseil, attachez-vous tout d’abord aux qualités intrinsèques des sicav pour faire votre choix. Nos étoiles vous aideront dans cette démarche. Ceci implique toutefois de ne pas limiter votre champ de vision à une seule institution. Dans la catégorie ‘actions belges’ par exemple, les sicav les mieux gérées actuellement appartiennent à deux institutions différentes : Degroof Equities Belgium Active (Banque Degroof, ***) et Petercam Equities Belgium (Petercam, ***).

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