Analyse
Bénéficiez d'un savoir-faire local il y a 9 ans - jeudi 13 mars 2008
Les actions belges méritent toujours une petite place dans votre portefeuille. Leurs récents replis sont dans ce cas les bienvenus.

Les sicav d’actions belges n’ont pas connu des temps glorieux ces derniers mois. Les secousses qui ont ébranlé le secteur financier, très représenté dans ces sicav, n’y sont évidemment pas étrangères et 2008 n’a apporté aucun soulagement jusqu’ici. Si, comme nous, vous croyez au redressement du secteur financier, investissez en Bourse de Bruxelles. Vous tirerez en outre parti du savoir-faire des gestionnaires locaux.

· Les sicav d’actions belges ont déjà connu des temps plus glorieux. Sur un an, leur recul est de 13,5 %. Le marché dans son ensemble a perdu, lui, un peu plus de 15 %. Les sicav misant sur les actions flamandes comme KBC Equity Flanders (***, - 9,5 %) et Vlam-21 (ABN AMRO, **, - 10,7 %) ont pu limiter les dégâts grâce à la composition spécifique de leur portefeuille. On ne peut en dire autant de iShares MSCI Belgium (tracker coté à New York, -22,1 %), d’EMIF Belgium Index Plus (-21,3 %) et de KBC Equity Belgium (*, - 20,3 %). Le recul de ces fonds est dû au fait qu’ils n’ont pas (dans le cas du tracker) ou pas assez investi dans l’action vedette Suez (+ 19,3 %) et trop dans le secteur financier.
· Qui l’eût cru ? Il y a six mois à peine le ciel était encore serein et les actions belges se portaient fort bien. Il ne faut pas chercher très loin : la Bourse de Bruxelles est plus exposée que les autres aux aléas du secteur financier. Cela tient au fait que plusieurs de nos grandes valeurs appartiennent à ce secteur (voir encadré « Le club des financières du Bel 20 ») qui pèse à lui seul un bon 40 % dans l’indice boursier national. Si l’on prend l’ensemble des actions cotées à Bruxelles, ce poids est même de plus de 50 %. Bref, croire en la Bourse de Bruxelles, c’est croire en l’avenir du secteur financier. Et inversement (voir graphique).

Des financières de poids (valeurs du secteur financier et poids dans le Bel 20)

2. KBC (14 %)

3. Dexia (10 %)

5. Fortis (10 %)

6. GBL (6 %)

13. CNP (2 %)

EVOLUTION DE LA BOURSE DE BRUXELLES ET DU SECTEUR FINANCIER

Le parallélisme entre l’évolution de la Bourse de Bruxelles (en gras; base 100), prise dans son ensemble, et celle du secteur financier est étonnant. Cela ne changera pas de si peu.

MOUTON À CINQ PATTES
· Vous l’avez remarqué dans les lignes qui précèdent, les sicav misant sur les valeurs flamandes ont bien résisté, à savoir KBC Equity Flanders et Vlam-21 plus Argenta Fund Actions flamandes (**) et – partiellement – IN.Flanders Index (CBC-KBC, *). L’an dernier, elles ont fait, KBC Equity Flanders en tête, nettement mieux que la moyenne. Il n’y a donc rien d’étonnant au fait que nos lecteurs nous demandent : faut-il sauter dans le train ?
· Réponse : non. Nous vous déconseillons d’investir dans ces sicav. Leur portefeuille est axé pour un quart seulement sur les valeurs financières. C’est deux fois moins que les autres. Or, à notre avis, les valeurs financières ont leur avenir devant elles.

UN VASTE CHOIX
Optez donc plutôt pour une bonne sicav belge classique. L’offre ne manque pas: il y en a 30 ! Sicav, fonds d’assurance (branche 23) et trackers.
Bien qu’à nos yeux la qualité moyenne de cette offre soit en baisse ces dernières années, il y a encore suffisamment de sicav bien gérées. Grâce notamment à l’atout que constitue le suivi d’un marché domestique. Le phénomène est mondial : les meilleurs gestionnaires de sicav géographiques sont des autochtones ! Cela vaut pour la Belgique aussi. Trois sicav nous paraissent se distinguer, Petercam Equities Belgium (***), accessible au meilleur prix à la Deutsche Bank ou chez Rabobank.be (voir aussi notre article "Comment acheter chic et pas cher" ). Son clone, le fonds d’assurance WFS Belgian Assets (***), n’est plus disponible depuis la fusion entre AXA Belgium et Winterthur Europe. Nos deux autres candidates à l’achat sont ING (B) Invest Belgian High Dividend (***) et Hermes Belgian Growth (Banque Delen, ****). Si cette dernière investit un peu moins en valeurs financières, ses gestionnaires n’ont pas leur pareil pour sélectionner au moment qu’il faut les petites valeurs qu’il faut . Nous n’achèterions plus notre favorite de longue date, Degroof Equities Belgium Active (***), qui peine depuis quelques temps à accumuler de la valeur ajoutée.

C’est bon, c’est du belge

Fiscalement parlant, il est plus intéressant d’acheter des parts d’une sicav de droit belge (dont le code ISIN commence par ‘BE’). Pourquoi ? Parce que ces sicav peuvent récupérer le précompte de 25 % qu’elles ont payé sur les dividendes des actions belges qu’elles ont en portefeuille. C’est un avantage important, d’autant que les sociétés belges paient justement des dividendes élevés. Les sicav de droit luxembourgeois (code ISIN commençant par ‘LU’) ne peuvent par contre pas récupérer le précompte. C’est le cas d’Argenta Fund Actions flamandes, d’Argenta Fund Actions belges, d’AXA L Fund Small Caps Benelux (portefeuille belge à 50 %) et d’EMIF Belgium Index Plus (CBC-KBC).

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