Analyse
Un coup d'oeil sur les marchés il y a 9 ans - jeudi 13 mars 2008

A la recherche d'un second souffle.

Après un mois de janvier désastreux, les investisseurs ont profité du mois de février pour panser leurs plaies. Les marchés émergents se sont redressés et l’ambiance en Europe s’est faite moins sombre. Les marchés obligataires ont également enregistré certains gains. Le dollar ? Il a tout simplement poursuivi sa chute…

MARCHÉS FLUCTUANTS
· Après un mois de janvier désastreux, le mois de février aura finalement été moins douloureux que prévu grâce aux chasseurs de bonnes affaires qui ont permis d’éviter que le sentiment boursier négatif, bien que toujours présent, ne débouche sur un nouveau camouflet. Les sicav d’actions européennes ont gagné 1,4 % en moyenne alors que les destinations exotiques ont gagné jusqu’à 12,9 % ! Ce fut le cas de BlackRock Merrill Lynch Latin America A (*), sicav géographique la plus performante de nos tableaux grâce, surtout, aux actions brésiliennes comme AmBev (brasserie, + 13,6 %) ou Usiminas (acier, + 21,2 %). Les sicav de matières premières ont elles poursuivi sur leur lancée, gagnant en moyenne 12 % (cf. infra).

Les bourses en février 2008

Bourse

       Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

1.2%

-8.9%

Athènes (ATHEX 20)

-7.2%

-12.6%

Bruxelles (BEL 20)

0.9%

-12.7%

Francfort (DAX 30)

-1.5%

-2.1%

Hong Kong (H.SENG)

1.4%

8.2%

Lisbonne (PSI 20)

-1.9%

-6.3%

Londres (FTSE 100)

-2.3%

-15.8%

Madrid (IBEX 35)

-0.4%

-7.6%

Milan (MIB 30)

-1.2%

-17.1%

Nasdaq Composite

-7.3%

-18.2%

New York (S&P 500)

-5.9%

-17.7%

Paris (CAC 40)

-1.6%

-13.2%

Stockholm (OMX 30)

2.9%

-17.5%

Sydney (ASX)

1.8%

0.8%

Tokyo (Nikkei 225)

-0.3%

-23.5%

Toronto (S&P/TSX)

3.7%

8.5%

Zurich (SMI)

-0.5%

-12.7%

(1) en %, après conversion en euro, fin février 2008

 

· Pourtant, tout n’a pas forcément été rose au pays des sicav. Les sicav d’actions américaines (- 4,2 %) ont surtout mordu la poussière en raison de la faiblesse du dollar alors que les sicav investies dans des actions du secteur télécoms ont perdu en moyenne 6 %. Aucune autre catégorie n’a fait pire ! Principale victime dans ce cas, Balzac Telecommunications Index (*) avec une perte de 8,1 %. La sicav n’a en réalité rien pu faire contre les pertes boursières essuyées par BT Group (- 14,5 %) et AT&T (- 11,7 %). Le dernier chiffre d’affaires communiqué par le plus grand opérateur téléphonique britannique a déçu alors que l’action américaine a plongé en raison de la crainte d’un renforcement de la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile aux Etats-Unis. Enfin, les valeurs financières ont encore, fort logiquement, souffert (- 4,8 %). Dexia Equities B Top Finance (*), dont plus d’un tiers du portefeuille est investi outre-Atlantique, a ainsi perdu 7,8 % après la chute des actions américaines Bank of America (- 12,2 %), American International Group (- 16,9 %) et Citigroup (- 17,9 %). Les sicav d’actions financières restent à l’achat avec une préférence pour Fidelity Global Financial Services A (**).

SECTEUR FINANCIER (gras) ET INDICE MONDIAL (base 100)

La crise du subprime a mis le feu aux poudres dans les rangs des valeurs financières, feu qui s’est propagé ensuite à l’ensemble des secteurs et de la Bourse.

Les secteurs en février 2008

Secteur

      Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

-2.2%

-23.3%

Pharma

-2.5%

-17.0%

Télécom

-5.4%

3.0%

Technologie

-2.8%

-13.1%

Consommation

-0.6%

-5.2%

Distribution

-2.1%

-15.9%

Utilité publique

-1.0%

9.0%

Dans le monde

Finance

-4.4%

-21.5%

Pharma

-3.0%

-16.0%

Télécom

-4.3%

0.7%

Technologie

-3.4%

-13.6%

Consommation

-1.4%

-6.0%

Distribution

-4.7%

-17.8%

Utilité publique

-1.9%

1.5%

(1) en %, après conversion en euro, fin février 2008

LE DOLLAR, ÉPINE DANS L'ŒIL
· Les sicav investies au pays de l’Oncle Sam ont à nouveau eu la vie dure en février avec, toutefois, des fortunes diverses. KBC Equity US Value (*) a ainsi perdu 7,8 % – deuxième plus mauvaise performance des tableaux –, perte qui n’a rien d’étonnant puisque cette sicav mise surtout sur des valeurs financières comme Bank of America (- 12,2 %), Wells Farco & Co (- 15,5 %), JP Morgan Chase (- 16,4 %) et le prêteur Wachovia (- 20,9 %). Parvest US Small Cap (Cortal Consors, ***), par contre, a limité les dégâts à - 0,7 % grâce à sa concentration sur de plus petites actions comme Compass Minerals (fabricant de minerais, + 31,6 %), Petrobank Energy & Resources (exploration pétrolière et gazière, + 15,4 %) ou Bucyrus International (sous-traitant minier, + 5,1 %).
· Les actions américaines restent une source de soucis pour les investisseurs de la zone euro. Outre les coups essuyés par Wall Street, le marché boursier a cédé 2,7 % en février, le dollar a également gâché le plaisir. D’un autre côté, le dollar affiche aussi un cours historiquement faible qui crée des opportunités d’achat. Les sicav d’actions américaines méritent donc toujours votre attention avec une préférence pour Henderson American Equity (e.a. chez Deutsche Bank, **, - 1,2 %), Janus World Fund US Strategic Value A USD (e.a. chez Citibank, ****, - 4,1 %), mais aussi Janus WF US Twenty A USD (***, - 0,7 %). Le gestionnaire de cette sicav mise sur une trentaine d’actions de croissance cotées sur les Bourses américaines et opère régulièrement des choix judicieux, en témoigne l’achat à un stade précoce de la société agricole canadienne Potash Corporation of Saskatchewan (+ 10,1 % en février, + 163,8 % sur base annuelle).

 

Janus Capital Group se profile de plus en plus comme le spécialiste des sicav d’actions nord-américaines. Ses sicav sont proposées chez nous tant en dollar qu’en euro. Ces dernières permettent certes d’éviter tout risque de change mais comme le potentiel du dollar représente selon nous un plus important pour les sicav d’actions américaines, nous vous conseillons d’opter pour la variante en USD.

BRUXELLES SE REPREND
· Euronext Bruxelles a été une des Bourses occidentales les plus performantes en février (+ 1,2 %). Seules quelques sicav sont parvenues péniblement à faire mieux. AXA B Belgian Equities (*) a ainsi brûlé la politesse à la concurrence avec un gain de 4,9 % grâce, surtout, à son importante position dans InBev (+ 9,4 %). KBC Equity Flanders (***, + 2,2 %) a décroché, une fois de plus, le titre de première sicav d’actions à racines flamandes. Outre InBev, le portefeuille a surtout été porté par la société chimique Umicore (+ 11,1 %). Argenta Fund Actions belges (**, + 0,3 %) n’a par contre guère convaincu, l’importante participation dans KBC (- 1,9 %) ayant pesé sur le portefeuille.
· Les sicav d’actions belges restent à l’achat (cf. notre analyse "Bénéficiez d'un savoir-faire local" ). Hermes Belgian Growth (Bank Delen, ****, + 1,7 %) est une des trois sicav que nous jugeons intéressantes. Elle n’investit pas dans les grandes actions belges classiques, mais préfère des actions ‘plus modestes’ comme le groupe de construction CFE (+ 6 %) ou le holding de plantations Sipef (+ 10,1 %), des choix qui nous semblent mériter l’attribution de quatre étoiles. Vous trouverez de plus amples informations à ce sujet sur notre site internet (tapez le nom de la sicav dans notre moteur de recherche et vous accéderez à notre dernière analyse en date).

Sicav Carmignac

Deutsche Bank distribue depuis peu les sicav Carmignac (cf. aussi notre article "Carmignac et le fisc" ). Une bonne chose car celles-ci ne sont proposées nulle part ailleurs à un prix aussi intéressant : 2 % de frais d’entrée et même 0 % pour Carmignac Emergents (*). Voilà pourquoi cette institution remplacera désormais Cortal Consors (2,5 % de frais d’entrée) comme ‘distributeur’ dans nos tableaux.

MATIÈRES PREMIÈRES
· Les sicav de matières premières reprises dans nos tableaux ont été sans concurrence en février avec un gain de 15,8 %. Ce fut le cas de BlackRock Merrill Lynch World Mining A USD (*) qui mise sur les grandes entreprises mondiales actives dans l’industrie minière et la métallurgie. Avec les cours historiquement élevés de l’argent (+ 14,3 %), de l’or (+ 2,6 %) et du cuivre (+ 16,6 %), les producteurs se frottent les mains. Des actions comme Rio Tinto, Vale Do Rio Doce, Impala em Anglo American, largement représentées dans la sicav, ont allègrement franchi la barre des 10 % de gain, le français Eramet gagnant même plus de 45 % ! BlackRock ML a aussi décroché la palme des sicav de mines d’or avec World Gold Fund (****, + 8,5 %), portée par Goldcorp (+ 14,3 %) et Kinross Gold (+ 10,4 %). Freinée par sa principale action en portefeuille (le brésilien Petrobras, + 3,5 %), Carmignac Commodities n’a par contre gagné ‘que’ 9 % et s’est classée bonne dernière dans sa catégorie.
· Le potentiel des matières premières n’est certainement pas encore épuisé malgré les prix élevés qu’affichent actuellement nombre d’entre elles. Ceci est lié, d’une part, à l’inévitable règle économique de l’offre (limitée) et de la demande (importante) et, d’autre part, aux nombreuses tentatives de rapprochement. C’est le cas par exemple de l’australien BHP Billiton qui entend mettre la main à tout prix sur son rival Rio Tinto, même si celui-ci fait de la résistance. Dans le même temps, le chinois Chinalco, avec son homologue américain Alcoa, est solidement ancré dans Rio Tinto et pourrait se montrer plus gourmand encore. De son côté enfin, le brésilien Vale est intéressé par l’helvético-britannique Xstrata.
Ceux qui souhaitent diversifier leur portefeuille et ne sont pas effrayés par le risque peuvent miser sur une sicav de mines d’or avec une préférence pour BlackRock ML World Gold (distribuée e.a. par Deutsche Bank) et Share Gold (Bearbull).

COURS DE L’ONCE D’OR EN USD

La chute du dollar, l’inflation plus importante que prévu aux Etats-Unis et la perspective de nouvelles baisses des taux dopent le cours de l’or. Les sicav de mines d’or restent à l’achat à titre spéculatif. Uniquement pour les plus téméraires.

L'EURO DANS UN RÔLE-CLÉ
· Nouveau mois et nouvelle poussée de l’euro. L’intransigeance de la Banque centrale européenne en matière de taux rend les obligations en euro relativement plus intéressantes que les placements dans des devises de pays ayant abaissé récemment leurs taux, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne. Le dollar a à nouveau cédé 3,5 % et la livre a perdu 2,4 %, performances qui ont inévitablement pesé sur les rendements des sicav concernées. La perte moyenne des sicav obligataires en USD a été identique au recul du billet vert (- 2,1 %). Parvest US Dollar Bond (***) a limité les dégâts à 1,5 % en optant uniquement, d’une part, pour des obligations de première qualité (rating AAA) et, d’autre part, pour des obligations d’une durée moyenne de cinq ans, les plus recherchées par les investisseurs et donc les plus lucratives en ce moment. Threadneedle Dollar Bond (**) a eu moins de chance et a perdu 3,4 %. Son portefeuille se compose essentiellement d’obligations non gouvernementales moins prisées par les investisseurs soucieux, en février, de limiter autant que possible les risques.
· Les sicav obligataires en livre sterling ont perdu en moyenne 4 % malgré la baisse des taux obligataires. JPMorgan Sterling Bond A (Puilaetco Dewaay, *) a même perdu 7,2 %, plus mauvaise performance des sicav obligataires reprises dans nos tableaux, à cause d’émissions de débiteurs américains, comme Wachovia (cf. supra), qui ont pris le vent de face pendant la crise du subprime .

LIVRE STERLING EN EURO

Le recul de la livre par rapport à l’euro prend tout doucement des proportions hallucinantes. Profitez du potentiel de la devise en investissant dans des actions britanniques. La Bourse de Londres est pratiquement la moins chère des bourses occidentales à l’heure actuelle.

LE DOLLAR AUSTRALIEN SAUVE LA MISE
· Une devise particulièrement performante a été le dollar kangourou (+ 2,2 %), soutenu par l’intérêt des investisseurs pour les actions et obligations australiennes. La Bourse de Sydney profite de la hausse des matières premières et les obligations en AUD sont très prisées en raison de taux alléchants (souvent 8 % et plus). L’offre de sicav spécialisées dans cette catégorie est pour le moins restreinte mais les deux possibilités, ING (L) Renta Fund II AUD (***, + 1,5 %) et KBC Renta AUD-Renta (***, + 0,9 %), sont d’excellente qualité et restent à l’achat. Le dollar aussie recèle encore un certain potentiel de hausse et les taux obligataires sont élevés.
· Notons toutefois que les sicav ont été moins performantes que la devise. Ceci s’explique par le fait que le marché obligataire local a été un des seuls au monde à mordre la poussière le mois dernier. La prévision – confirmée depuis – d’une hausse des taux (à 7,25 %) par la Banque centrale australienne avait fait grimper les taux obligataires à l’avance, d’où logiquement une baisse des cours obligataires. La solidité de la devise a heureusement permis de rectifier cette situation.

Les devises en février 2008

Code ISO

Cours (1) (en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1342

0.1%

0.0%

=

=

SEK

0,1068

1.2%

-1.0%

+

++

NOK

0,1263

1.7%

2.5%

=

-

CHF

0,6311

1.3%

1.8%

=

++

GBP

1,3104

-2.4%

-11.7%

-

++

USD

0,6587

-2.5%

-13.0%

=

++

CAD

0,6726

0.4%

4.2%

=

+

AUD

0,6162

2.2%

3.3%

+

=

NZD

0,5282

-0.2%

-0.4%

=

-

JPY

0,6328

-0.4%

-1.0%

+

++

(1) fin février 2008 ; p.ex. 1 USD vaut xxx euros ; (2) en %, par
rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et
à long terme.

STATU QUO
· Les sicav mixtes n’ont guère été très lucratives le mois dernier mais n’ont pas non plus provoqué de lourdes pertes. Celles-ci investissent tant dans des actions que des obligations et existent sous trois variantes. Les défensives (plus d’obligations que d’actions) ont fait du surplace, seule Degroof Global ISIS Low (****) se distinguant avec un gain de 0,8 %. La sicav n’investit qu’un quart de son portefeuille en actions et dans l’immobilier et se concentre surtout sur les valeurs européennes. L’excellente performance d’une des principales valeurs en portefeuille, la sicav immobilière propre Atlas Real Estate EMU (**, + 5,3 %), a constitué la cerise sur le gâteau. Côté sicav mixtes neutres (équilibre entre actions et obligations) et dynamiques (plus d’actions que d’obligations), les mouvements ont été globalement nuls avec une exception dans le chef des sicav Carmignac. Dans la catégorie neutre, Carmignac Patrimoine (****) a gagné 3,1 %. La sicav est couverte en grande partie contre le risque dollar et a pu compter, par exemple, sur le brésilien Petrobras (+ 3,5 %) ou l’américain Smith International (sous-traitant énergétique, + 13,7 %). Au niveau des sicav mixtes agressives, la performance la plus marquante a été à mettre à l’actif de Carmignac Profil Réactif 100 (***, + 3,9 %), fonds de fonds qui investit dans les excellentes sicav Carmignac Commodities (+ 9 %), Carmignac Emergents (+ 5,1 %) et Carmignac Investissement (+ 6,2 %).
· Les sicav mixtes représentent une solution intéressante pour l’investisseur qui vise un portefeuille diversifié avec un seul placement. Optez pour la stratégie qui correspond le mieux à votre profil de risque et à votre horizon de placement.

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