Analyse
Un coup d'oeil sur les marchés il y a 9 ans - jeudi 15 mai 2008
Des marchés boursiers rassérénés.

En avril, les investisseurs ont été gâtés en statistiques qui, revirement notable, ne faisaient plus état d’une détérioration de l’activité économique. Il a suffi de quelques bons résultats de sociétés pour que les marchés boursiers se redressent (nettement). Sur les marchés obligataires par contre, les hausses de taux d’intérêt ont fait mal. Heureusement, certaines devises se sont appréciées et, mais oui ! l’euro a perdu quelques plumes .

· Il y avait un petit temps déjà que l’on n’avait plus vu les marchés boursiers en pareille forme. En moyenne, et pour toute la planète, les indices boursiers ont gagné 7,1 % en avril, et ce grâce à deux facteurs.
Primo, les nouvelles macroéconomiques, meilleures (ou moins mauvaises) que prévu, en provenance tant des Etats-Unis que de l’Europe. Certes, la conjuncture reste faible, mais elle semble avoir attaint un plancher. Secundo, les résultats des sociétés. Nombre d’entre elles ont fait mentir leurs sombres prévisions. Bref, il y avait de bonnes raisons de réinvestir en actions.

EVOLUTION DES BOURSES MONDIALES

Les Bourses se sont nettement redressées un peu partout en avril, celles des pays émergents
en tête.

Les bourses en avril 2008

Bourse

       Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

7.5%

-10.4%

Athènes (ATHEX 20)

7.9%

-11.9%

Bruxelles (BEL 20)

5.5%

-14.9%

Francfort (DAX 30)

5.0%

-9.0%

Hong Kong (H.SENG)

14.6%

11.5%

Lisbonne (PSI 20)

4.0%

-10.8%

Londres (FTSE 100)

8.3%

-18.1%

Madrid (IBEX 35)

4.0%

-4.0%

Milan (MIB 30)

7.4%

-20.7%

Nasdaq Composite

7.7%

-16.2%

New York (S&P 500)

6.6%

-18.1%

Paris (CAC 40)

6.2%

-16.2%

Stockholm (OMX 30)

4.3%

-24.1%

Sydney (ASX)

9.9%

-8.8%

Tokyo (Nikkei 225)

7.2%

-20.2%

Toronto (S&P/TSX)

8.3%

-0.1%

Zurich (SMI)

0.7%

-18.9%

(1) en %, après conversion en euro, fin avril 2008

· Il n’y a pas un seul mauvais élève dans la classe des sicav d’actions mondiales. AXA B Fund Talents (*, + 4,6 %), une sicav qui le mois précédent peinait à la tâche, est parvenue à engranger plusieurs pour cents. Si ses prestations sont inférieures à la moyenne, c’est à cause de ses actions Usen (Japon, médias; - 26,5 %), Immsi (Italie, holding industriel; - 14,3 %) et Dell (Etats-Unis, informatique; - 4,8 %). Dans le même temps, la très populaire Fortis L OBAM Equity World a réussi à empocher 11,5 % grâce au choix de ses gestionnaires en faveur des actions du secteur des matières premières dans les pays émergents surtout. Mais les plus belles prestations de son portefeuille sont le fait du géant helvético-suédois ABB (bureau d’études et construction, + 14,6 %) et de la brésilienne Vale Do Rio Doce (secteur minier, + 11,9 %), sans oublier évidemment le producteur de cuivre Freeport McMoran (+ 20,8 %). On objectera que les gestionnaires de cette sicav suivent une stratégie assez particulière, axée sur les pays émergents, mais ils le font avec talent. BGF Global Fundamental Value A (*, + 8,3 %) parvient à tirer son épingle du jeu avec une stratégie classique : grandes valeurs internationales, Etats-Unis et Europe surtout. Ses prestations sont supérieures à la moyenne grâce au géant pétrolier Royal Dutch Shell (+ 18,1 %) et au sous-traitant industriel Halliburton (+ 18,8 %).
· Les sicav d’actions mondiales sont intéressantes pour qui cherche à obtenir facilement une bonne diversification. Les gestionnaires ont pour tâche de sélectionner ce qu’il y a de mieux sur le marché, aux Etats-Unis, en Europe et dans les pays émergents.
· Mais les différences entre les sicav et les différences en qualité de gestion sont considérables. Des sicav comme Carmignac Investissement et Fortis L OBAM Equity World sont très populaires du fait de leurs bonnes prestations. Mais il faut savoir qu’elles misent surtout sur les pays émergents et les matières premières, dont les performances passées sont excellentes, mais rien ne dit qu’il en sera encore ainsi demain.
· Dans un premier temps, misez plutôt sur une sicav classique bien diversifiée comme notre favorite Petercam L Equities Opportunity (****). En ce moment, ses gestionnaires se concentrent sur le secteur de l’énergie dans le Benelux avec des holdings comme Sofina. Hélas, avec une valeur d’inventaire de 8 000 euros environ, cette sicav n’est guère accessible au plus grand nombre. Heureusement, il y a une alternative intéressante sur Euronext, ING Global Growth (ticker: INGGG), le type même de la sicav bien gérée et bien diversifiée mondialement. Vous pouvez acheter.

Nouvelle appellation

Toutes les sicav de la gamme Merrill Lynch International Investment Funds (MLIIF) sont désormais commercialisées sous l’appellation BlackRock Global Funds (BGF). Les sicav de la gamme Balzac ont aussi changé de nom. Elles apparaissent désormais dans les tableaux sous l'appellation State Street Global Advisor (SSgA).

GRÂCE AU DOLLAR
· Autre constat que nous n’avons plus pu faire depuis longtemps : le rendement des sicav d’actions américaines a été « boosté », après change en euros, par l’appréciation du dollar, lequel a gagné en avril 1,8 % par rapport à l’euro, ce qui a permis à Wall Street de faire mieux que les Bourses européennes (pour nous). Epinglons l’enviable prestation de Janus WF US Twenty A (***, + 10 %), une sicav qui n’investit que dans un nombre limité d’actions américaines comme Potash Corporation (agro-industrie, + 20,6 %), Google (+ 32,7 %), dont les résultats sont excellents, et Apple (+ 23,4 %) qui peut se targuer de ventes record de ses Mac, iPod et autres iPhone.
· Les actions américaines sont un des piliers de nos portefeuilles types. Selon votre profil d’investisseur et votre horizon temporel, vous pouvez y consacrer jusqu’à un quart de votre avoir.
· Notre marché ne manque pas d’intéressantes sicav d’actions américaines, activement et bien gérées. En premier lieu Janus WF US Strategic Value A (****) et sa variante plus risquée mais intéressante, elle aussi, Janus WF US Twenty A. Toutes deux sont disponibles en dollars et en euros, ces dernières incluant une protection contre les aléas du billet vert. Mais nous leur préférons les versions originales. A nos yeux, le potentiel d’appréciation du dollar est un argument de plus pour investir en actions américaines. Henderson American Equity (**, disponible entre autres chez Keytrade Bank) et Columbia Security (cotée sur Euronext Amsterdam, COLUM) sont aussi intéressantes à acheter.

Vlam 21

Contrairement aux autres sicav de l’ex-Banque Corluy, Vlam 21, la (populaire) sicav d’ABN Amro qui n’investit qu’en valeurs flamandes, bénéficie d’un traitement de faveur. Elle se transformera en… Fortis B Fund Vlam 21, un clone qui se distingue seulement de l’original par le fait qu’il compte des frais plus élevés (2,5 % à l’entrée et 1,25 % pour la gestion contre respectivement 2 % et 1,2 % pour Vlam-21). C’est sous ce nom que cette sicav apparaîtra dès le mois prochain dans notre revue.

AND THE WINNER IS…
· Personne n’a pu égaler le mois dernier les prestations des sicav investissant dans les pays émergents, notamment le Brésil et la Turquie. Fortis L Equity Latin America (+ 12,8 %), Templeton Latin America (+ 12,6 %) et Parvest Latin America (+ 12 %) ont gagné ce qu’elles ont gagné grâce à leurs actions brésiliennes. Attention aux amalgams : alors que la Bourse de São Paulo dansait la samba (+ 17,4 %), celles de Buenos Aires (+ 4,1 %), de Mexico (+ 0,7 %) et de Santiago (statu quo) faisaient nettement moins bien.
Le Brésil a surtout tiré parti du rating plus élevé attribué par S&P à son marché obligataire, ce qui a confirmé les bonnes nouvelles économiques en provenance du pays, attiré les capitaux, fait monter la devise (+ 5,2 %) et le marché boursier dans son sillage.
· La Turquie a fait mieux encore. EMIF Turkey a gagné… 21,2 % ! Qui dit mieux ? Personne évidemment. Les prestations de Fortis L Equity Turkey (+ 17,8 %) et de KBC Equity Turkey (+ 20,1 %), les autres sicav suivant la Bourse d’Istanbul, ne sont pas négligeables non plus. Une partie de ces hausses est due à la bonne tenue d’une livre turque (+ 6,5 %) qui, ces derniers mois, brillait nettement moins. Les tensions politiques au sommet du pays et une banque centrale quelque peu laxiste ont pesé sur la devise, laquelle a perdu quelque 20 % au 1er trimestre de cette année. Sa chute a donc connu un arrêt (provisoire ?) en avril. L’explication ? L’aplanissement des tensions et un rapport positif du Fonds monétaire international (FMI) sur l’économie turque.
· Investir dans les pays émergents ne peut se faire sur un coup de tête. Regardez le cheminement des actions turques : en mars lanterne rouge, en avril tête de course. Dans les conditions actuelles, personne ne peut dire comment ce marché boursier va évoluer. Nous irions même jusqu’à dire que les perspectives pour les pays émergents, compte tenu des cours actuels, sont insuffisantes pour compenser le supplément de risque qu’elles impliquent. Une exception toutefois, la Russie. Les audacieux parmi vous peuvent encore toujours acheter une sicav d’actions russes.

HAUSSE DES TAUX
· On en entend parler presque tous les jours : les prix s’affolent ! Les pressions inflationnistes devraient rester élevées les prochains mois. L’envolée du baril de pétrole devrait encore accentuer la chose. Face à cette menace qui ronge le pouvoir d’achat, les investisseurs exigent un rendement plus élevé pour leurs placements obligataires. On a ainsi assisté en avril, un peu partout dans le monde, à une hausse des taux d’intérêt. Or, quand les taux montent, les obligations existantes, devenant moins intéressantes, voient leur cours baisser, ce qui entraîne dans le même sens les sicav qui investissent dans ces actifs. Heureusement, pour qui a bien diversifié ses placements, certaines devises étrangères ont vu leur cours s’apprécier par rapport à l’euro, ce qui a compensé l’effet négatif de la hausse des taux.
· De ce fait, les sicav d’obligations en euros ont pour la plupart terminé dans le rouge. C’est surtout vrai pour les sicav investissant à long terme (- 0,7 % en moyenne), toujours plus sensibles aux taux. Par contre, les sicav d’obligations de sociétés (+ 1 % en moyenne en avril) se redressent. Ces sicav souffrent depuis plusieurs mois de la crise des ‘subprimes’ : les entreprises trouvent moins facilement du crédit. Le graphique ci-dessous montre que le supplément de rendement que doit offrir une obligation de société par rapport à une obligation d’Etat s’est considérablement élargi depuis la mi-2007. On a même enregistré des hausses de taux pour ces obligations alors que les taux des obligations d’Etat baissaient ! Cela explique leurs mauvaises performances au cours des douze derniers mois (- 2,8 % en moyenne).

RENDEMENT OBLIGATIONS D’ETAT ET ‘CORPORATE’ (en gras)

Après être resté longtemps stable, l’écart de rendement entre obligations d’Etat et ‘corporate’ s’est sensiblement élargi suite à la crise des ‘subprimes’. De quoi renforcer l’attrait des secondes.

Avril a donc été de pair avec un revirement, les taux de ces obligations dites « corporate » ont baissé : les investisseurs, moins pessimistes, ont revu leurs exigences de rendement à la baisse, ce qui a poussé à la hausse les cours des obligations existantes et donc des sicav concernées.
Pour vos placements en euros, préférez les sicav d’obligations de sociétés : elles offrent un complément de rendement par rapport aux obligations d’Etat, ce qui ne peut que faire du bien à votre portefeuille.

REBOND DU BILLET VERT
· Les sicav d’obligations en dollars américains ont terminé le mois dans le vert (+ 0,7 % en moyenne). La hausse du billet vert par rapport à l’euro (+ 1,8 %) a largement compensé les effets négatifs de la hausse des taux obligataires américains. Dans le courant du mois d’avril, le dollar avait pourtant enfoncé un nouveau plancher. Le 22 avril, il fallait 1,60 dollar pour 1 euro. Du jamais vu ! Le billet vert a ensuite repris de la vigueur pour terminer le mois au niveau de 1,55 dollar pour 1 euro.
Ce revirement de tendance s’explique par la perspective de voir se réduire le différentiel de taux entre les Etats-Unis et l’Europe alors que ces derniers mois la baisse des taux américains, destinée à relancer une économie en fort ralentissement, n’a cessé de peser sur le dollar. Dans le même temps, en Europe, les taux directeurs sont restés stables, l’économie européenne semblant relativement épargnée par les mauvaises nouvelles. Aujourd’hui, les choses ont changé : il s’avère que l’Europe ne pourra échapper à un ralentissement conjoncturel. La Banque centrale européenne (BCE) ne manifeste aucune hâte à vouloir baisser ses taux, mais à notre avis elle s’y résignera avant la fin de l’année.
Pendant ce temps, côté américain, le cycle conjoncturel baissier semble toucher à sa fin. Bref, le différentiel de taux entre les Etats-Unis et l’Europe devrait se réduire, pour le plus grand bien du billet vert. L’euro, lui, devrait pâtir de la baisse des taux européens.
· Les placements en dollars restent donc plus que jamais d’actualité. Mais nous ne pensons pas que les sicav d’obligations soient le meilleur véhicule. Nous leur préférons les comptes à terme.

DOLLAR KANGOUROU EN PLEINE FORME
ING (L) Renta Fund II AUD a progressé de 4,5 % en avril, KBC Renta AUD-Renta de 4,8 %. D’excellentes performances à mettre sur le compte de la hausse de la devise australienne, laquelle s’est appréciée le mois dernier de 5,1 % par rapport à l’euro. C’est que l’économie australienne se porte très bien. Le marché de l’emploi est très dynamique, grâce notamment à la bonne marche des affaires dans les groupes miniers qui doivent répondre à la forte demande mondiale. Cela stimule la consommation et l’ensemble de l’activité économique. L’inflation est toutefois menaçante, ce qui oblige les autorités monétaires à maintenir leur taux directeur à un niveau élevé (7,25 %). Les sicav d’obligations en dollars australiens sont intéressantes en raison justement de leur rendement élevé. Vous pouvez acheter les deux sicav citées en début de paragraphe.

Les devises en avril 2008

Code ISO

Cours (1)
(en euro)

    Evolution (2)

     Persp.(3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1340

-0.1%

-0.1%

=

=

SEK

0,1072

0.7%

-1.9%

+

++

NOK

0,1257

1.2%

2.0%

=

-

CHF

0,6167

-3.4%

1.6%

=

++

GBP

1,2721

1.4%

-13.2%

-

++

USD

0,6423

1.8%

-12.3%

+

++

CAD

0,6378

3.7%

-3.8%

=

++

AUD

0,6053

5.1%

-0.8%

+

=

NZD

0,5020

1.2%

-7.8%

=

--

JPY

0,6146

-3.1%

0.2%

+

++

(1) fin avril 2008 ; p.ex. 1 USD vaut xxx euros ; (2) en %, par
rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an
et à long terme.

Les secteurs en avril 2008

Secteur

      Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

5.1%

-24.5%

Pharma

2.1%

-21.3%

Télécom

4.3%

-4.1%

Technologie

6.6%

-20.0%

Consommation

1.3%

-12.7%

Distribution

1.6%

-24.7%

Utilité publique

4.9%

-0.4%

Dans le monde

Finance

8.8%

-21.1%

Pharma

2.1%

-21.4%

Télécom

6.1%

-2.5%

Technologie

8.7%

-11.9%

Consommation

2.3%

-10.7%

Distribution

5.2%

-17.7%

Utilité publique

5.5%

-4.8%

(1) en %, après conversion en euro, fin avril 2008

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