Analyse
Coup d'oeil sur les marchés il y a 8 ans - jeudi 9 octobre 2008
Naviguer sur des flots déchaînés.

Le mois de septembre aura été le pire des mois boursiers. Seuls les détenteurs de certaines sicav d’obligations ont pu garder le sourire. Sur le front des devises, le dollar a repris le dessus, mais ce ne fut qu’un emplâtre sur une jambe de bois.

Dans les tableaux de ce mois, compte tenu des circonstances exceptionnelles, nous avons décidé de suspendre les conseils d’achat pour les investissements en actions. Nous restons néanmoins acheteurs d’une série de sicav d’obligations. Nous ne changeons rien à nos conseils en matière de fonds d’épargne pension.

Les investisseurs ne sont pas au mieux de leur forme. La confiance dans les Bourses est perdue. Et la crise ne fait grâce à personne, même aux actions autrefois bon père de famille telles que Fortis et Dexia. A l’échelle mondiale, les actions ont perdu plus de 9 %. Quant à la Bourse de Bruxelles, vu sa forte exposition aux actions financières, elle a perdu plus de 15 %. Sur les 12 derniers mois, c’est 40 % de la valeur globale des Bourses qui est partie en fumée.
Face à cela, l’investisseur devrait garder son sang froid et surtout ne pas faire de bêtises. Même si pas mal d’actions semblent bon marché, la rupture de confiance est telle que la plupart préfèrent rester dans l’expectative, dans l’attente de bonnes nouvelles avant de (r)acheter. Car il ne faut pas perdre de vue que le niveau de risque de la plupart des actions est accru, même après les récentes chutes. Tenez compte de ce risque et mettez le en balance avec votre profil. Et souvenez-vous qu’en cas de tempête, le meilleur capitaine doit savoir rester à quai.

Les bourses en septembre 2008

Bourse

Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

-19.7%

-38.7%

Athènes (ATHEX 20)

-13.5%

-42.1%

Bruxelles (BEL 20)

-14.8%

-38.2%

Francfort (DAX 30)

-9.2%

-28.3%

Hong Kong (H.SENG)

-10.7%

-32.8%

Lisbonne (PSI 20)

-6.6%

-33.2%

Londres (FTSE 100)

-10.9%

-32.8%

Madrid (IBEX 35)

-6.2%

-24.6%

Milan (MIB 30)

-12.1%

-35.5%

Nasdaq Composite

-7.4%

-21.6%

New York (S&P 500)

-4.7%

-22.6%

Paris (CAC 40)

-10.0%

-29.5%

Stockholm (OMX 30)

-14.8%

-40.9%

Sydney (ASX)

-14.7%

-36.5%

Tokyo (Nikkei 225)

-7.7%

-26.4%

Toronto (S&P/TSX)

-10.8%

-21.1%

Zurich (SMI)

-5.6%

-21.4%

(1) en %, après conversion en euro, fin septembre 2008

CRISE MONDIALE
· Alors que ING (L) Invest Global High Dividend (**) a limité les dégâts à 5,1 %, grâce au choix d’actions pharmaceutiques telles que Pfizer (+1,2 %) et Bristol Myers Squibb (+2,4 %) et d’actions telles que Bank of America (+20,1 %) et Citigroup (+13,2 %), on ne peut en dire autant des sicav orientées vers les pays émergents. Fortis L Fund OBAM World, qui place plus d’un tiers dans les pays émergents, a perdu 23,1 %. En cause, le chimiste allemand K+S (-39,3 %), le minier américain Freeport McMoRan (-33,3 %) et le fabricant de semi-conducteurs Memc Electronic Materials (-39,7 %).
· La catégorie des sicav d’actions mondiales est très étendue. Certaines investissent dans les pays émergents, d’autres pas. Certaines se couvrent contre les effets de change, d’autres pas, etc. Ce qui explique les grandes différences de prestations entre les différentes sicav.

ACTIONS A L’ECHELLE MONDIALE

La crise financière affecte les actions partout dans le monde. Il faudra restituer la confiance des investisseurs pour compter sur une amélioration.

L'EUROPE SOUFFRE
· Les sicav investies en actions européennes ont perdu en moyenne 13 %. A noter ici aussi les grandes différences de prestations au sein de la catégorie. Fidelity European Aggressive A (*) a ainsi perdu 26,9 %, presque la pire des prestations de nos tableaux. Mais la sicav joue toujours la carte des matières premières, ce qui lui a joué un vilain tour. Le tchèque New World Resources (-40,5 %), le norvégien Yara International (-42,4 %) et le finnois Metso (-36 %) ont été à l’origine de la chute. En tête du classement, on trouve Share Euroselection (Bearbull, **) qui n’a perdu que 4,6 %, grâce à sa position sur le groupe alimentaire français Danone (+5,1 %) et sur le fournisseur de services britannique Capita Group (+1 %).
· Dans la zone euro, Degroof Equities EMU Behavioral Finance (*, -17 %), une sicav qui devrait normalement profiter des “effets troupeau”, n’est pas parvenu à sauver les meubles. En cause, l’institution financière italienne Unicredit (-29,5 %) et le géant de l’acier ArcelorMittal (-33,9 %).
· Nous évitons les sicav d’actions européennes parce que nous croyons davantage à la robustesse de l’économie américaine pour faire face à la tempête financière. Et nous tablons aussi sur le potentiel du dollar face à l’euro.

Les secteurs en septembre 2008

Secteur

Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

-11.1%

-37.9%

Pharma

-5.4%

-13.8%

Télécom

-6.9%

-24.4%

Technologie

-16.4%

-39.3%

Consommation

-4.7%

-24.5%

Distribution

-7.1%

-34.4%

Utilité publique

-11.2%

-21.8%

Dans le monde

Finance

-6.4%

-33.1%

Pharma

-3.3%

-10.1%

Télécom

-7.0%

-25.2%

Technologie

-11.9%

-28.4%

Consommation

-3.5%

-17.9%

Distribution

-3.2%

-17.7%

Utilité publique

-9.5%

-18.4%

(1) en %, après conversion en euro, fin septembre 2008

MERCI LE DOLLAR
· La perte subie par les sicav d’actions américaines est de moitié moins forte que celle encourue par les actions européennes. C’est d’une part grâce au regain de forme du dollar (voir plus loin). Et d’autre part, à la reprise de quelques actions bancaires américaines en septembre. Néanmoins, votre propre perte dépendra de la sicav sur laquelle vous aviez misé. Le portefeuille assez limité de Janus World Fund US Twenty A USD (**) a démontré ses limites et a perdu 14,2 %. L’action canadienne Potash Corporation of Saskatchewan, jusqu’il y a peu une des meilleures actions au monde, a perdu 22 %. Research in Motion, a aussi signé la fin de son succès boursier avec une chute de 42,1 %. Les nouvelles furent meilleures pour KBC Equity US Value (**, -2,3 %), qui fut le mois dernier la sicav d’actions américaines qui s’est le mieux comportée. Les institutions financières Wells Fargo & Co (+30 %), US Bancorp (+19,9 %) et JPMorgan Chase & Co (+27,2 %) ont tiré la charrue.
· Nous sommes d’avis que le pays de l’Oncle Sam devrait sortir de la crise plus rapidement que l’Europe, grâce au dynamisme de son économie et à l’énergie de sa banque centrale.

EN BELGIQUE : LES SOLDES !
· Même si les cas Dexia et Fortis n’ont été résolus qu’en octobre, les spéculations ont agité les valeurs bancaires en septembre. Les sicav ont finalement perdu 13,3 %. A noter, la lourde perte de KBC Equity Belgium (*, -17,2 %), qui, parmi ses 10 actions les plus importantes, en compte sept dans le secteur financier. Les fers de lance Fortis (-54,6 %) et Dexia (-22,6 %) ont poursuivi leur chute. Et Umicore (-28 %) a aussi bu le bouillon !
· Les sicav d’actions belges ont réagi en moyenne de manière moins grave que l’ensemble de la Bourse (-15,2 %), parce qu’elles ont moins joué la carte de la finance et parce qu’elles conservent une partie de liquidités en portefeuille. Mais ce n’est qu’un emplâtre sur une jambe de bois. Car, en moyenne, c’est le secteur financier qui soutient les sicav d’actions belges…
· La Bourse belge est bon marché. Parmi les sicav qui y investissent, vous avez le choix dans une vaste gamme, dans laquelle certaines font mieux que le marché depuis plusieurs années. C’est notamment le cas de Hermes Belgian Growth (Banque Delen, mais disponible un peu partout, ****, -10,3 %), mais aussi de ING B Invest Belgian High Dividend (***) et de Fortis B Equity Belgium (***). Mais compte tenu de la volatilité actuelle des Bourses et des développements du secteur financier, nous jouons la prudence et vous conseillons de reporter vos achats. Conservez.

HERMES BELGIAN GROWTH (vet) EN BELGISCHE INDEX (basis 100)

La sicav de la Banque Delen a fait mieux que la Bourse parce qu’elle a laissé de côté le secteur financier.

PAYS EMERGENTS : PANIQUE
· Le mois dernier, c’est dans les pays émergents que les pertes ont été les plus lourdes. Les pertes sont en moyenne de 15 % mais les différences entre régions furent importantes. Malchance pour les investisseurs, qu’il s’agisse de l’Europe de l’Est ou de l’Amérique latine, ce sont les deux plus grands postes de ces régions qui ont subi les plus gros reculs (Russie : -20,7 % ; Brésil :-19,4 %).
– La Bourse de Moscou a à ce point dévissé qu’elle a dû fermer ses portes. Suite à quoi la négociation de certaines sicav a été suspendue. En moyenne, les fonds d’actions ont perdu 23 %. JPMorgan Russia A a reculé de 27,3 % et signe la pire performance de nos tableaux.
– Au Brésil, la Bourse a surtout souffert du recul des prix des matières premières. Le spécialiste de l’or Vale do Rio Doce (-25,4 %), le financier Bradespar (-27,9 %) et le sidérurgiste Usiminas (-39,3 %) ont entraîné dans leur chute BlackRock GF Latin American A (*, -23,7 %).
· Bizarrement, les pays émergents ont moins souffert de la crise financière que leurs grands frères occidentaux. Depuis le début de la crise en 2007, les Bourses y ont perdu en moyenne 19,4 %. L’Amérique latine a limité sa perte à 13 % (contre -34 % aux USA et -25 % en Europe). C’est grâce au fait que les institutions financières locales ne sont pas assez sophistiquées que pour s’embarquer dans des activités très spéculatives. De plus, les particuliers, de plus en plus riches, investissent surtout sur les Bourses locales. Un flux d’argent qui soutient les cours.

NOUS CONSOMMONS TOUJOURS
· En septembre, le meilleur secteur fut celui des biens de consommation. Le recul moyen des sicav n’y fut que de 2,2 %. Les prestations les plus spectaculaires (seules hausses de nos tableaux, de respectivement 0,6 % et 1,1 %) furent celles de Fortis L Equities Consumer Goods World et de SsgA Consumer Staples Index Equities. La sicav de Fortis a surtout profité des prestations de sa principale action Mc Donalds (+4,3 %). La sicav de State Street avait quant à elle misé sur Procter & Gamble (+4,7 %), Wal Mart Stores (+6,3 %) et Pepsico (+9,8 %).
· De bonnes prestations dues au caractère défensif du secteur (crise ou non, nous n’arrêtons pas de manger, boire ou nous vêtir) Le secteur s’en sort avec de beaux résultats et cela plaît aux investisseurs.

SSGA CONSUMER STAPLES INDEX (gras ) ET SON INDICE (base 100)

En optant pour les produits de base (aliments, boissons…), la sicav a fait mieux que la moyenne du secteur des biens de consommation.

DOLLAR EN FORME
· Le dollar a brillé en septembre, avec une appréciation de 4,8 %. Pourtant, divers analystes avait prédit que le plan Paulson et ses 700 milliards, pour remédier à la crise financière, mettrait la devise sous pression. A tort donc. Le dollar se profile comme la valeur refuge par excellence. De plus, les investisseurs estiment, avec raison selon nous, que la forte économie du Nouveau Continent parviendra à sortir plus rapidement de la crise que le Vieux Continent.
· Conséquence de tout ceci : les investissements en dollars se sont mieux tenus que ceux en euro. Les sicav d’actions n’ont perdu “que” 6,5 %, contre 12,6 % pour la zone euro. Et les sicav d’obligations en dollar américain ont gagné 3,3 %. CAAM US Dollar Bond (+5,2 %) et KBC Renta Dollarenta (+5,3 %) se sont distingués grâce à leur forte position en emprunts d’Etats, à une faible position en obligations émises par des banques et à une stratégie axée sur les obligations à plus court terme.
A noter, la moins bonne prestation de Fortis L Bond USD (-0,4 %), qui a tout de même reculé parce qu’une grosse part de son portefeuille est investie en obligations de sociétés privées.
· Pour l’instant, nous ne sommes pas acheteurs de sicav d’obligations en dollar. Nous misons sur le potentiel du billet vert, mais par l’intermédiaire d’un compte à terme à un an en dollar. Les meilleures conditions se trouvent chez Axa Banque Belgium, Centea et KBC. Plus d’info dans la rubrique “Comptes à terme” ou, si vous n’êtes pas abonné à Budget Hebdo, auprès de notre service d’aide individuelle, au 02/542 33 50.

EVOLUTION DU DOLLAR AMERICAIN (en EUR)

Le dollar s’est apprécié face à l’euro. Le billet vert reste en effet une valeur refuge appréciée en ces temps d’incertitude. Malgré la remontée, la devise conserve encore un potentiel de hausse appréciable.

LES OBLIGATIONS RESISTENT
· Heureusement, certaines performances de quelques sicav d’obligations restent à souligner. Même si beaucoup ont aussi baissé. Mieux valait ne pas être investi dans des obligations émises par des sociétés privées. Ces sicav corporate ont finalement perdu 5,2 %. Petercam L Bonds EUR Quality a même cédé 8,3 %. La plupart des obligations sont en effet issues du secteur financier, qui, faut-il le répéter a fort souffert.
· Les gagnantes furent les sicav misant principalement sur les emprunts d’Etats et, en deuxième lieu, sur des devises qui ont gagné du terrain par rapport à l’euro. Les sicav d’obligations en yen japonais ont ainsi gagné 6,3 %, grâce à la bonne forme du yen (+7,1 %), qui a profité du retour à la patrie de nombreux capitaux nippons. Aucune autre catégorie n’a fait aussi bien. Le franc suisse, valeur refuge, s’est cependant aussi distingué (+2,7 %). C’est SGAM Bonds CHF A (+5 %) qui en a le mieux profité grâce à sa spécialisation dans des obligations de long terme. Les taux obligataires suisses ont en effet fort baissé et ont ainsi stimulé les sicav d’obligations en franc suisse.

Les devises en septembre 2008

Code
ISO

Cours (1)
(en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1340

0.0%

-0.1%

=

=

SEK

0,1021

-3.5%

-6.1%

+

++

NOK

0,1204

-4.1%

-7.1%

=

+

CHF

0,6349

2.7%

5.5%

=

++

GBP

1,2690

2.4%

-11.4%

-

++

USD

0,7120

4.8%

1.2%

+

++

CAD

0,6696

4.5%

-5.4%

=

++

AUD

0,5616

-4.0%

-9.8%

=

+

NZD

0,4755

-0.5%

-10.5%

-

=

JPY

0,6706

7.1%

9.7%

+

++

(1) fin septembre 2008 ; p.ex. 1 USD vaut xxx euros ; (2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

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