Analyse
Quelle sécurité pour nos sicav ? il y a 8 ans - jeudi 9 octobre 2008
En ces temps boursiers difficiles, votre épargne et l’argent investi en sicav est-il en sécurité ?

La crise financière est pour beaucoup une source d’anxiété. Faut-il vider son compte–titres et retirer toute l’épargne qu’on a en dépôt ? Bien sûr que non. Mais c’est le moment ou jamais de s’informer sur la sécurité de notre patrimoine. Jetons un œil sur ce qui concerne les sicav.

La crise financière fait du tapage. Après les Etats-Unis, ou des institutions réputées sont tombées en faillite (Bear Stearns, Washington Mutual, Lehman Brothers) ou ont été sauvées in extremis (AIG), l’Europe n’est pas épargnée… Fortis en tête. Et les images de la presse montrant des files d’épargnants voulant récupérer leur avoir (comme pour la banque anglaise Northern Rock) font monter la pression.
En Belgique, les banques sont contrôlées de manière permanente par la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA), ce qui minimise les risques de faillite. Mais après les récents évènements, il n’est certes pas superflu de se pencher à nouveau sur l’impact qu’aurait la faillite d’une banque sur vos avoirs en sicav.

Dans la rubrique ‘Didactique’, nous nous penchons sur la sécurité des divers produits de placement. Pour plus d’info, contactez notre service d’aide individuelle au 02 542 33 50.

SICAV
· Les sicav ne sont pas couvertes par le Fonds de protection des dépôts et des instruments financiers. Ce fonds garantit désormais, en cas de faillite d’une banque, le remboursement de toutes les liquidités du client en dépôt à la banque, pour 100 000 EUR maximum par client, sans couvrir les avoirs en devises non européennes. (en septembre cette couverture se limitait encore à 20 000 EUR ; Nous plaidons pour que les sicav bénéficient aussi de cette protection.
· Les sicav sont des sociétés distinctes, sans lien direct avec les banques qui les commercialisent. Si une banque tombe en faillite, cela n’a pas d’impact sur les sicav qu’elle commercialise. La valeur de la sicav dépend de la valeur des produits sous-jacents détenus en portefeuille. Quant aux fonds communs de placement, les actifs sont la propriété de l’investisseur, au sein même du fonds.
· Ce qui n’échappe pas, en revanche, aux conséquences de la faillite, ce sont les actions, obligations et liquidités émises par la banque elle-même. Et celles-ci peuvent alors créer des trous dans la valeur d’inventaire des sicav qui en ont en portefeuille. Cette perte de valeur sera la plupart du temps plus lourde pour les sicav émises par l’institution faillie, parce que, très souvent, les liquidités que la sicav possède, sont parquées sur des comptes de l’institution en question. Toutefois, les fonds et sicav ont l’obligation légale de se diversifier suffisamment, pour garantir leur protection en cas de faillite.
· Ce qui peut éventuellement arriver, c’est que le calcul de la valeur d’inventaire soit momentanément suspendu. Ce fut le cas en septembre pour divers trackers (voir page 8) spécialisés dans les matières premières, après que la situation d’AIG a dû être divulguée. Quelques produits assortis d’une protection de capital ont aussi perdu le nord (voir ci-après).

EVOLUTION DU FIDELITY FINANCIAL SERVICES FUND (EUR)

Fidelity a beau être lourdement investi dans le secteur financier, il ne tombera pas en faillite. Pour s’en protéger, il investit dans de nombreuses actions différentes.

FONDS D’ASSURANCE
Tout comme les sicav, les assurances-vie liées à des fonds de placement (produits de la branche 23) ne bénéficient pas d’une protection légale. Pour ces produits aussi, la valeur des parts dépend de la valeur d’inventaire du fonds sous-jacent.

PROTECTION DU CAPITAL
· Les problèmes constatés aux Etats-Unis ne sont pas de lointains tracas dont nous pouvons nous désintéresser. Car une institution comme Lehman Brothers se portait garant pour la garantie en capital d’une vingtaine de produits de placement proposés chez nous. Il s’agit soit de notes de Citibank (14 produits) et de la Deutsche Bank (2), soit de produits de la branche 23 investis dans une note Lehman Brothers chez Ethias (2), Fortis AG (2), Nateus (1) et Swiss Life (1). Conséquence : le prix et la négociation de ces produits sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.
· Et pour l’avenir ? Tout dépendra de l’institution qui reprendra à son compte les engagements de Lehman Brothers. Si aucune solution n’est trouvée, les produits structurés seront traités comme le sont les obligations en cas de faillite. Une note est en effet une dette considérée, d’un point de vue fiscal, comme une obligation. Le détenteur d’une obligation s’ajoute à la liste des créanciers qui réclament leur part. Maigre consolation : les détenteurs de notes passent avant les actionnaires. Mais on n’en est pas encore là. Il faut attendre la suite des évènements.
· L’affaire suscite de nombreuses questions. Car des produits vendus comme des placements sans risque s’avèrent finalement touchés par la débâcle. L’information et la communication à propos de ces produits doit donc être renforcée.

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