Analyse
Classes tous risques il y a 8 ans - jeudi 15 janvier 2009
Les documents officiels rendent mal compte pour le moment du degré de risque de bien des sicav.

Pour les investisseurs en actions, 2008 est à oublier au plus vite. Pour les amateurs d’obligations ce fut une année de satisfaction. Une chose est sûre : on n’avait plus vu depuis longtemps de tels écarts de fluctuation. Ce qui amène à se poser des questions sur ce que l’on appelle les ‘classes de risque’.

Inutile de vous le rappeler : cela a chahuté l’an dernier sur les marchés financiers. Un simple coup d'oeil sur les rendements annuels des sicav de nos tableaux est éloquent.
· En euros, ils vont, pour les sicav d’actions, de -76,9 % (JPMorgan Russia, actions russes) à -17,9 % (SSgA Health Care Index Equity Fund, soins de santé). Un monde de différence mais… dans le rouge !
· Et les sicav obligataires ? Les rendements vont de -45 % (Petercam L Bonds Higher Yield, obligations à haut rendement) à +32,6 % (ING (L) Renta Fund Yen, obligations en yens).
· Les sicav de trésorerie en euros n’ont pas échappé à la tempête. Ce sont pourtant des instruments qui par nature sont peu risqués. Pour la première fois de mémoire d’homme certaines ont cédé beaucoup de terrain. Petercam L Liquidity EUR a perdu 18,7 % et Pictet EUR Turbo Income 14,8 % en 2008.

PETERCAM L LIQUIDITY EUR (en EUR)

La sicav de Petercam a glissé de son piédestal, certains de ses placements ayant mal tourné. Etonnant pour une sicav de la classe de risque ‘0’.

VOUS AVEZ DIT 'RISQUE' ?
Le risque se concrétise par les fluctuations à la hausse ou à la baisse de la valeur d’un placement. Il se calcule sur la base de la fluctuation entre les rendements mensuels pendant une période donnée (généralement 5 ans) et leur moyenne. En jargon financier, on parle d’écart-type. Plus son écart-type est élevé, plus un placement est susceptible de connaître des hauts et des bas et donc plus il est risqué (voir pyramide ci-dessous). Ainsi l’écart-type est plus élevé pour les sicav d’actions que pour les sicav d’obligations.

CLASSES DE RISQUE
· Pour que chacun puisse se faire une idée du risque global de ses sicav et pour inciter les institutions financières à recourir à la même méthodologie, la Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) et l’association professionnelle des gestionnaires de sicav (BEAMA) ont mis au point le système des classes de risque. Chaque sicav se voit attribuer une classe de risque allant de ‘0’ (peu élevé) à ‘6’ (élevé). Les sicav de trésorerie en euros et les sicav d’obligations à court terme en euros sont de la classe ‘0’ ; les sicav de mines d’or et les sicav d’actions d’Europe de l’Est sont de la classe ‘6’.
· Ces classes doivent obligatoirement être reprises dans le prospectus et la fiche technique de chaque sicav. En pratique, elles sont souvent à la base du dialogue qui doit s’installer entre l’investisseur et sa banque, conformément à la directive MiFID, de manière à déterminer le profil de risque de chacun.

LIMITES
· Avec la tempête qui a sévi sur les marchés boursiers en 2008, on connaît les limites de ces classes de risque. Il s’est avéré que les fluctuations de cours de la plupart des sicav se situaient en fait une ou deux classes au-delà de la leur.
· Si l’on compare les classes de risque de fin décembre avec celles en vigueur un an plus tôt on constate que 65 % des sicav ont changé de classe pour passer à celle supérieure. Les sicav d’actions financières, d’actions australiennes et d’actions belges sont même passées de la classe ‘3’ à la classe ‘5’. Par contre aucune sicav n’est descendue de classe.

NE PAS SE BRAQUER
· Il y a beaucoup de chances que vous possédiez des sicav dont la classe reprise dans leur fiche technique ou leur prospectus n’est plus d’actualité. Tenez-en compte dans votre profil de risque et posez-vous la question : ce placement a-t-il encore sa place dans mon portefeuille ? Les classes de risque nouvelles, lisez “plus élevées”, devraient normalement faire leur apparition dans les fiches techniques en cours d’année.
· Retenez que les classes de risque donnent une idée du risque global de votre sicav, mais que ce n’est pas toujours la panacée, comme ce fut démontré en 2008. Les classes reposent en effet sur un passé normal, sans prendre en compte les mouvements exceptionnels, comme la volatilité actuelle des marchés.

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