Analyse
Les premiers seront les derniers il y a 8 ans - jeudi 12 février 2009
Le yen japonais s'est envolé, mais le vent tourne. C'est le moment de prendre votre bénéfice.

Profitez de la plus-value accumulée par le yen pour revendre vos parts de sicav obligataires dans cette devise. Cela concerne les sicav Parvest Japan Yen Bond, ING (L) Renta Fund Yen et KBC Renta Yenrenta.

Le yen est le grand gagnant de l’an dernier avec une hausse qui frise les 30 % par rapport à l’euro. Grâce au fait que les Japonais ont rapatrié en masse leurs avoirs et de ce fait acheté de grandes quantités de leur devise (et vendu autant de devises étrangères). Grâce aussi aux spéculateurs, notamment les « hedge funds ». Ces spéculateurs, des « shorters », comme on dit, avaient tablé sur la baisse du yen, en le vendant en masse, pour le racheter moins cher par la suite. Les problèmes ont commencé, pour eux, quand le yen a commencé à s’apprécier. Ils ont alors été contraints d’acheter des yens à toute vitesse pour limiter autant que possible les pertes qu’ils avaient accumulées dans cette devise. Cette nouvelle vague d’achats a alimenté un peu plus la montée du yen.
Le comble est sans doute que cela continue. Contrairement à toute attente (économique), la devise japonaise a encore gagné 9,5 % par rapport à l’euro en janvier. C’est gênant pour le Japon, dont l’économie repose pour plus de la moitié sur des exportations ainsi singulièrement renchéries. Résultat des courses : pour la première fois en trente ans, la balance commerciale nipponne est dans le rouge. Les Japonais ont en effet davantage importé qu’exporté ces derniers mois.

EVOLUTION DU YEN EN EUROS

Le yen est la « success story » de 2008 sur le marché des changes. Et 2009 a commencé tout aussi bien. Mais ça ne devrait pas durer.

VERS UN YEN PLUS BAS
· Le Japon est dans une situation peu reluisante : la consommation est en panne et la production industrielle suit. Au cours des derniers mois de 2008, elle a baissé de 8 %. Le pays s’enfonce dans la récession à une vitesse vertigineuse. Il n’y a donc rien d’étonnant au fait que les autorités japonaises aient décidé d’intervenir pour faire descendre le yen. Une décision historique qui jusqu’ici n’a guère eu beaucoup d’effet. Comme les mots ne suffisent pas, on passe à l’acte, même si lors de sa dernière réunion, le G8 a plaidé pour le non-interventionnisme sur le marché des changes. Les autorités japonaises n’étaient plus intervenues ainsi depuis 2003 et 2004, lorsqu’elles avaient mis 40 milliards de yens sur le marché pour faire descendre leur devise. Avec succès : -11,5 puis -5,3 %. Ce devrait encore être le cas cette fois.
· La banque centrale japonaise a déjà ramené quelques fois ses taux directeurs à un niveau proche de 0,1 %. C’est fort bas et si l’on tient compte du fait que le contexte économique exclut à peu près toute remontée pour demain, cela devrait inciter les spéculateurs et autres « hedge funds » à reprendre leurs opérations spéculatives, au détriment du yen. Compte tenu de ce scénario, il vaut mieux vendre ses yens.

LE FISC VEUT SA PART
· Si vous vendez maintenant vos parts de sicav, ce sera sans doute à un niveau historiquement élevé pour le yen. Autrement dit, vous empocherez une belle plus-value. Affaire réglée ?
· Hélas non, car le fisc va se rappeler à votre bon souvenir. Les trois sicav spécialisées reprises dans notre tableau disposent du passeport européen et tombent donc sous le coup du précompte sur la plus-value des sicav obligataires. Un impôt qui vaut à la fois pour les sicav de distribution et pour les sicav de capitalisation (voir F&S 169). Il est de 15 %, est libératoire comme les autres et se calcule sur la différence entre la valeur d’inventaire à la vente et celle à l’achat. La date limite d’achat est le 1er juillet 2005. Cette différence, exprimée en yens, est ensuite changée en euros au cours du jour de la vente.
· L’impact de cet impôt est toutefois relativement limité du fait que ces sicav sont cotées en yens et pas en euros. De ce fait, le fisc ne prend pas en compte la totalité de la plus-value monétaire. Prenons un exemple. Imaginons que vous déteniez des parts de KBC Renta Yenrenta depuis le lancement de cette sicav (en 2001). Vous avez décidé de vendre fin janvier dernier. Pour calculer la plus-value taxable, le fisc va prendre les valeurs d’inventaire de fin janvier (77.916 yens) et du 1er juillet 2005 (76.938 yens). La différence, soit 978 yens, est changée en euros au cours de fin janvier, soit 0,8689 euro pour 100 yens. Cela donne une plus-value de 8,50 euros par part. Le fisc va en prélever 15 %, soit 1,27 euro, ce qui correspond à une perte d’à peine 0,2 % sur la valeur d’inventaire. Le même exercice nous apprend que, pour le même scénario, la ponction est de 0,07 % sur la sicav d’ING et de 0 % sur celle de Parvest.

ECHANGER
· Que faire du produit de cette vente ? Déposez-le sur un compte d’épargne à haut rendement en attendant que les marchés financiers se redressent.
· Si vous n’avez pas encore d’obligations en dollars australiens, vous pouvez faire l’échange chez KBC entre KBC Renta Yenrenta et KBC Renta AUD-Renta, ce qui évitera de nouveaux frais d’entrée. Chez ING, l’échange n’est pas possible sans frais entre ING (L) Renta Fund Yen et ING (L) Renta Fund II AUD. Tout dépendra dès lors de la relation que vous entretenez avec votre intermédiaire et de vos talents de négociateur pour tenter de limiter vos frais (maximum 3 %). Quant à Parvest, il n’existe malheureusement pas de sicav en dollars australiens au sein de la gamme.

Partagez cet article