Analyse
Les sicav d'actions ? On peut y repenser il y a 8 ans - jeudi 14 mai 2009
Reprendre le chemin de la Bourse ? Vous pouvez y penser. Mais avec la prudence qui s'impose...

Le moment est venu de sortir du bois. Nous vous conseillons à nouveau d’investir en sicav d’actions. Mais sans précipitation et surtout en n’achetant pas n’importe quoi.

Fin septembre de l’an dernier nous vous avons conseillé de faire le gros dos et de laisser passer l’orage. Les marchés boursiers avaient déjà perdu un tiers de leur substance et personne n’osait se prononcer sur l’avenir immédiat. De fait, la plupart des cours ont continué à baisser, fortement même, quelle que soit leur valeur fondamentale ou les perspectives offertes par leur secteur. Nous avons estimé que le statu quo était la moins mauvaise solution en attendant que la situation s’éclaircisse quelque peu.
Aujourd’hui, (plus de) six mois plus tard, il est temps de faire le point et de poser la question à un million d’euros : faut-il, oui ou non, se risquer à remettre un pied en Bourse, fût-ce timidement ?

ANTICIPATION
· Ceux qui ont cru que fin septembre les marchés boursiers avaient mangé leur pain noir en sont pour leurs frais. Le plancher est encore descendu d’un bon tiers. Ou plutôt, il était encore encore descendu d’un bon tiers début mars. Depuis, la situation s’est redressée. Partiellement, mais à concurrence de 20 % tout de même. Un rally qui est dû pour l’essentiel à la forte baisse des taux d’intérêt à court terme et aux plans de relance qui visent, un peu partout dans le monde, à redonner du tonus aux économies. Certaines d’entre elles, la Chine par exemple, donnent d’ores et déjà des signes de rétablissement. Mais les nouvelles en provenance des Etats-Unis, notamment de l’industrie manufacturière ou la confiance des industriels, sont meilleures, elles aussi. Après des mois de déprime.
· Il ne faut cependant pas voir dans ces données davantage que des éclaircies. A notre avis, la croissance économique mondiale sera négative cette année, de l’ordre de -0,5 %. On n’a plus vu ça depuis un demi-siècle ! Dès 2010, par contre, on devrait revenir dans le positif (+1,5 %). Et 2011 devrait aller de pair avec un retour à la vitesse de croisière.
· Tous les indicateurs ne sont donc pas au vert – loin de là –, mais il faut être conscient du fait que lorsque ce sera le cas les marchés boursiers auront déjà anticipé. C’est dans leur nature, ils sont toujours en avance. Sur les bonnes comme sur les mauvaises nouvelles. C’est la raison pour laquelle nous vous conseillons d’envisager à nouveau, mais modérément, d’investir en actions. Des actions qui bien souvent ont été malmenées, au-delà du raisonnable, ce qui en rend plus d’une bon marché.

EVOLUTION DES MARCHES BOURSIERS MONDIAUX (en euros)

La crise n’a épargné aucun marché boursier. Pour le moment, les indicateurs ne sont pas encore au vert, mais il y a un mieux.

DANS QUOI INVESTIR ?
· Vu les nombreuses incertitudes qui demeurent, il convient d’être très prudent. Nous nous contenterions pour le moment de limiter nos achats aux catégories de sicav reprises dans notre stratégie géographique et pour lesquelles nous tenons compte de plusieurs facteurs, en premier lieu l’évaluation boursière sur la base des modèles classiques comme le rapport cours/valeur comptable, le rendement sur dividende, etc, mais aussi le risque, le potentiel de la devise concernée et la plus-value qu’une combinaison de ces différentes catégories de sicav peut apporter à un portefeuille. Si les sicav d’actions australiennes par exemple réagissent différemment des sicav belges aux mêmes informations économiques, il peut être intéressant d’avoir les deux en portefeuille. Nous sommes donc acheteurs de sicav d’actions australiennes, belges, canadiennes et américaines (voir encadré).
· Nous n’achèterions pas (encore) de sicav sectorielles, exception faite des mines d’or et en étant conscient du fait qu’il s’agit d’actifs spéculatifs. Nous estimons d’ailleurs qu’en ce moment une bonne répartition du risque est plus importante qu’une concentration sur l’un ou l’autre secteur. Pour cela, il vaut mieux attendre de voir comment se présentent les résultats dans les entreprises. Ce n’est qu’alors que l’on saura quels sont les secteurs qui sortiront gagnants de la crise. Si l’on prend en compte leur évaluation boursière et leur risque, on constate que seuls les secteurs des services aux collectivités, de la consommation et de la santé présentent encore un potentiel. Ces actions ont été fortement touchées par la crise, mais elles peuvent être conservées. Pour le secteur financier, c’est la bouteille à encre. La crise laissera des traces, c’est sûr. A conserver, mais ne surtout pas (r)acheter.

PAS DE PRÉCIPITATION
Nous estimons que les cours des actions tiennent compte de la brutalité de la crise et de la sévérité des pires scénarios. Les premiers signes de reprise se manifestent déjà, les Bourses anticipent (voir plus haut). Nous vous déconseillons toutefois de vous précipiter sur les sicav d’actions. Dans un contexte encore très volatil, on ne peut en effet pas exclure une rechute passagère des cours. Quelques catégories et quelques sicav méritent néanmoins d’être achetées.

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