Analyse
Coup d'oeil sur les marchés il y a 8 ans - jeudi 9 juillet 2009
Les Bourses soufflent le chaud et le froid.

Les marchés boursiers ont fait la pause le mois dernier, ce qui a mis fin aux belles progressions du printemps. A quelques exceptions près, il n’y a eu ni vainqueurs, ni perdants en juin. Le mot d’ordre ? Prudence.

Globalement, à l’échelon mondial, le mois de juin se solde par un statu quo pour les sicav d’actions du fait surtout de l’image contrastée dégagée par les statistiques macroéconomiques et les prises de bénéfice.
Il semble bien pourtant que la fin du tunnel soit en vue. Toute une série d’indicateurs, partout dans le monde, sont remontés par rapport aux planchers qu’ils hantaient il y a quelques mois à peine. Mais en même temps l’idée fait son chemin que le prix payé pour éviter que le monde ne sombre dans une profonde récession est vraiment très élevé. Tôt ou tard, il faudra augmenter les impôts pour s’extraire du marais de dettes contractées pour injecter des masses de capitaux dans le système économique. Les taux d’intérêt pourraient aussi repartir à la hausse sur fonds de craintes inflationnistes. La croissance que l’on a connue les années précédentes ne reviendra dès lors pas si vite. Pour l’investisseur, les mots d’ordre sont prudence, modération et circonspection. Au moyen de l’analyse qui suit.

Les bourses en juin 2009

Bourse

Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

-1.8%

-40.2%

Athènes (ATHEX 20)

-7.4%

-39.1%

Bruxelles (BEL 20)

-2.0%

-35.9%

Francfort (DAX 30)

-2.7%

-28.3%

Hong Kong (H.SENG)

2.1%

-6.0%

Lisbonne (PSI 20)

-1.6%

-20.1%

Londres (FTSE 100)

-0.9%

-29.8%

Madrid (IBEX 35)

3.9%

-18.7%

Milan (FTSE MIB)

-4.1%

-35.0%

Nasdaq Composite

4.4%

-10.1%

New York (S&P 500)

0.9%

-19.3%

Paris (CAC 40)

-4.2%

-29.2%

Stockholm (OMXS 30)

1.2%

-19.1%

Sydney (ASX)

5.5%

-30.0%

Tokyo (Nikkei 225)

4.4%

-8.8%

Toronto (S&P/TSX)

-4.7%

-29.6%

Zurich (SMI)

-0.1%

-18.3%

(1) en %, après conversion en euro, fin juin 2009

TOPS ET FLOPS
· Les marchés boursiers restent très volatils. On le voit fort bien dans notre ‘Palmarès du mois’. Les ‘flops’ du mois de juin ne sont rien d’autre que les… ‘tops’ du mois de mai. Les actions russes surtout ont souffert le mois dernier. En moyenne, ces sicav ont perdu 8,2 %. Horizon Access Fund Russia (CBC-KBC) a fait pire encore, - 11,8 %, ce qui en fait le cancre de nos tableaux. Ces mauvaises prestations de la Bourse russe sont étonnantes puisque juin a été de pair avec une hausse sensible (+ 12 % en euros) des prix du pétrole, dont la Russie est un gros producteur. Les premiers concernés comme Gazprom (+14 %) et le sous-traitant TMK (+29,8 %) en ont d’ailleurs largement profité, mais l’atmosphère générale était plutôt aux prises de bénéfice en Bourse de Moscou. Les producteurs de matières premières Silvinit (engrais, -21 %) et Acron (chimie, -14 %) ainsi que la financière VTB Bank (-18,6 %) en sont les plus beaux exemples. La stabilité politique, le soutien qu’offrent les matières premières à l’économie russe et le caractère plus mature de la Bourse de Moscou plaident en faveur des sicav d’actions russes, mais le risque est encore trop élevé pour (r)acheter. Par contre, vous pouvez conserver.

EVOLUTION DE LA BOURSE DE MOSCOU (après conversion en euros)

Beaucoup de capitaux étrangers ont quitté la Bourse de Moscou en juin. Les mois précédents, il est vrai, avaient été très bons. A conserver.

· La seule vraie sicav d’actions canadiennes disponible dans notre pays, SSgA Canada Index Equity Fund (Deutsche Bank, **) a pris des coups, elle aussi : - 4,6 %. Un recul imputable entièrement à celui de la devise canadienne (-4,8 % par rapport à l’euro). Le dollar local a cédé lorsqu’on a appris que les problèmes des Etats-Unis pesaient davantage qu’on l’avait cru sur l’économie canadienne. Le fabricant d’engrais Potash Corporation (-18 %), un poids lourd en Bourse canadienne, n’a pu échapper aux effets de la baisse du prix de ses produits. Profitez de l’occasion pour renforcer votre avoir dans cette devise en achetant la sicav citée plus haut ou un tracker spécialisé.
· Les sicav d’actions de mines d’or ne s’en sortent pas mieux, au contraire même : -8,9 %. Du fait de la remontée du dollar, le prix de l’or a baissé, lui (-1,4 % en euros). C’était le signal qu’attendaient pas mal de gens, semble-t-il, pour prendre leur bénéfice et réduire leurs positions (spéculatives) en actions de mines d’or. SGAM Equities Gold Mines A (SG Private Banking, -10,8 %, **) a le plus souffert. La chose s’explique par la dégringolade des mines américaine Newmont Mining (-15,4 %) et canadiennes Silver Wheaton (-20 %) et Yamana Gold (-23,2 %).
Les amateurs de diversification teintée d’une touche spéculative peuvent conserver une petite part de leur avoir en actions de mines d’or. Les meilleures sicav de la catégorie sont BGF World Gold A (Deutsche Bank, ***) et Share Gold (Bearbull, ***) qui disposent toutes deux d’un portefeuille bien diversifié de producteurs d’or et dans une moindre mesure d’argent.

PAS DE FINANCIERES
· La Bourse de Bruxelles a déçu en juin. Le Bel 20, l’indice regroupant les principales sociétés cotées sur notre marché, a perdu 2 %. En moyenne, les sicav spécialisées ont fait un peu moins mal (-1 %), mais les écarts sont grands. Ainsi AXA B Fund Equity Belgium (*) a perdu 3,8 % alors que Argenta Fund Actions flamandes (*) a gagné 1 %. Ce sont surtout les valeurs financières KBC (-10,3 %), Fortis (-10 %) et GBL (-8,4 %) qui ont pesé sur l’ambiance contrairement au spécialiste de l’audiovisuel digital EVS Broadcast Equipment (+5 %), à l’armateur Euronav (+12,9 %) et au groupe de télécoms Telenet (+7,5 %).
· Si vous n’avez pas encore de sicav d’actions belges, songez à Hermes Belgian Growth (ISIN: BE0172066855, ****), une excellente sicav gérée par la Banque Delen mais que vous pouvez acheter pratiquement partout. Contrairement aux autres, cette sicav ne se concentre pas sur le secteur financier. Elle n’y investit pas au bénéfice de valeurs industrielles comme Lotus Bakeries (biscuiterie), Van de Velde (lingerie) ou Etex Group (matériaux de construction). Une stratégie qui en ce moment nous paraît justifiée.

HERMES BELGIAN GROWTH (en gras) ET BOURSE DE BRUXELLES (base = 100)

Si vous voulez investir en Bourse de Bruxelles, recourez à la sicav de la Banque Delen (en gras).

SANTE !
· Sur le plan sectoriel encore, on ne peut ignorer les bonnes prestations des sicav pharma (+3,8 % en moyenne) comme BlackRock GF World HealthScience A (+8,3 %) qui se distingue grâce à ses investissements en valeurs biotechnologiques comme Celgene (+14,3 %) et Vertex Pharmaceuticals (+21,9 %), dont les fortes hausses de cours sont dues à la présentation de spécialités déjà bien avancées dans leur phase clinique. DWS Invest Life Science LC (+8,3 %) s’en sort tout aussi bien grâce, une fois encore, à Celgene mais également à Intercell (+15,5 %), une autre entreprise de biotechnologie qui se concentre notamment sur le virus de la grippe mexicaine.

FIDELITY GLOBAL HEALTHCARE A (en gras) ET INDICE PHARMA (base = 100)

La sicav de Fidelity est un investissement parfaitement sain. Secteur intéressant, même après les gains enregistrés ces derniers mois.

· Si vous privilégiez une approche sectorielle, nous continuerions actuellement à mettre l’accent sur la santé pour de nouveaux investissements. Ses grands noms brassent encore et toujours beaucoup d’argent, il est moins sensible que d’autres aux aléas de la conjoncture et ses comptes sont sains. Notre préférence va à Fidelity Global HealthCare A (**) que vous pouvez acheter sans frais à la Deutsche Bank.

Les secteurs en juin 2009

Secteur

Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

-1.4%

-32.1%

Pharma

1.8%

-8.6%

Télécom

2.6%

-17.7%

Technologie

-0.5%

-17.7%

Consommation

1.8%

-11.8%

Distribution

0.8%

-6.3%

Utilité publique

-2.4%

-33.3%

Dans le monde

Finance

0.9%

-21.8%

Pharma

3.1%

0.8%

Télécom

2.0%

-13.3%

Technologie

3.9%

-10.3%

Consommation

2.3%

-7.6%

Distribution

2.1%

-2.4%

Utilité publique

1.2%

-21.5%

(1) en %, après conversion en euro, fin juin 2009

OBLIGATIONS EN FORME
· Juin a été un bon mois pour les obligations. Les taux d’intérêt ont nettement baissé dans la zone euro, si bien que les sicav misant sur les emprunts d’Etat ont vu leur valeur d’inventaire gonfler jusqu’à 2,7 %. Ce fut le cas pour Dexia Sustainable Euro Long Term Bonds (*), qui mise surtout sur les emprunts français et néerlandais d’une durée de 10 ans ou plus. Les sicav misant sur le moyen terme (5-7 ans surtout) sont un peu moins sensibles aux mouvements des taux d’intérêt et ont donc moins profité de la situation (+1,3 %). A notre avis, il vaut mieux attendre avant de (ré)investir en obligations d’Etat en euros. Les taux sont relativement peu élevés et le risque est réel de les voir (re)monter dans un proche avenir.
· D’autant qu’on trouve mieux ailleurs. Si vous voulez investir en obligations en euros, optez pour une sicav d’obligations indexées sur l’inflation. En ce moment l’inflation est fort peu élevée (-0,1 %), mais il est certain qu’elle va se redresser avec la reprise économique. Pour vous prémunir contre la perte de pouvoir d’achat que cela entraîne immanquablement, vous pouvez acheter CAAM Euro Inflation Bond (disponible entre autres à la Deutsche Bank), KBC Bonds Inflation-Linked Bonds ou SISF Global Inflation Linked Bond A (Deutsche Bank également). Cela se justifie d’autant plus que les cours de ces obligations ne sont pas très élevés.

EVOLUTION DE KBC BONDS INFLATION BONDS EN EUROS

La sicav de KBC est un bon moyen de se protéger contre une possible résurgence de l’inflation.

· Vous pouvez aussi vous intéresser aux sicav d’obligations d’entreprise en euros à durée fixe. Il n’y a pas de garantie sur le rendement, mais comme ces sicav investissent dans des obligations dont l’échéance coïncide plus ou moins avec la leur, le risque est réduit, quelle que soit l’évolution des taux d’intérêt. Les compartiments concernés de Fortis B Fund Best of Bonds nous paraissent particulièrement dignes d’intérêt. N’achetez que pendant la période de souscription des tranches (la 7ème devrait sortir le mois prochain).

HAUSSE DES TAUX US
· La forte hausse des taux d’intérêt américains n’a échappé à personne le mois dernier. Avec pour conséquence une baisse des sicav obligataires en dollar, mais… en dollars seulement. La hausse des taux obligataires a en effet fait grimper le billet vert de 0,9 % par rapport à l’euro, si bien qu’au bout du compte le bilan de juin est positif.
· Cette hausse des taux obligataires est la conséquence de la mauvaise situation des finances publiques de l’Oncle Sam. Les trous dans le budget sont tellement énormes que pas mal de gens se posent des questions et exigent des rendements élevés pour financer les déficits américains.
· Nous n’investirions pas en obligations en dollar américain. Le déficit de la balance des paiements et du budget pèse comme une épée de Damoclès sur le cours du billet vert. Une situation à nos yeux trop périlleuse.
Préférez-leur les obligations en dollars australiens et néo-zélandais (voir "L'heure du kiwi revient") pour étoffer votre portefeuille. Ces devises sont non seulement sous-évaluées par rapport à l’euro, mais elles offrent aussi un avantage en rendement par rapport à leurs équivalentes européennes. Certes, l’offre en sicav est limitée, mais la qualité est au rendez-vous avec ING (L) Renta Fund II AUD (***, +0,7 %) KBC Renta AUD-Renta (**, +1 %) et KBC Renta NZD-Renta (**, +1,6 %).
· Selon le portefeuille que vous suivez (voir page 20), vous pouvez aussi vous tourner vers les obligations en dollars canadiens. Profitez de la baisse de cette devise (-4,8 % en juin) pour vous bâtir une position de 5 % environ de votre avoir grâce à ING (L) Renta Fund II CAD (**, -4,2 %) ou à KBC Renta Canarenta (**, -3,8 %) dont l’attrait premier est la forte sous-évaluation (environ 20 %) du dollar canadien par rapport à l’euro.

EVOLUTION DU DOLLAR CANADIEN (en euro)

Profitez de la récente baisse du ‘loonie’, le petit nom du dollar canadien, pour investir en obligations dans cette devise bon marché.

STERLING CHAMPION
Les grands vainqueurs du mois de juin sont les détenteurs de sicav obligataires en livres sterling (+5,2 %). Fidelity Sterling Bond A (distribuée entre autres par la Deutsche Bank, *) a gagné 6,4 % (c’est la deuxième meilleure performance obligataire de nos tableaux) grâce à son mix d’obligations d’Etat et d’entreprises – ces dernières surtout ont bien travaillé.
Ces sicav ont bénéficié en premier lieu de la bonne tenue de la livre par rapport à l’euro (+3,1 %). Une performance due, le mois dernier et les mois précédents, à la diminution de l’écart de taux d’intérêt entre la zone euro et le Royaume-Uni (voir graphique). La Banque d’Angleterre a préféré renoncer à une nouvelle baisse de ses taux directeurs, déjà très bas (0,50 %) il est vrai, alors que la Banque centrale européenne, elle, disposait encore d’une belle marge de manœuvre pour réduire ses taux directeurs et soutenir ainsi l’économie.
· Nous prendrions aujourd’hui notre bénéfice. Le Royaume-Uni affronte une des pires récessions de son histoire et le gouvernement injecte des masses énormes de capitaux dans l’économie, ce qui à terme va miner la valeur de la livre sterling. Vendez.

EVOLUTION DE L’ECART DE TAUX ENTRE LA LIVRE STERLING ET L’EURO (en %)

Le recul du différentiel entre les taux directeurs au Royaume-Uni et ceux de la zone euro a soutenu le cours de la livre ces derniers mois. Trop d’incertitudes pèsent maintenant sur cette devise. Vendez.

Les devises en juin 2009

Code
ISO

Cours (1)
(en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1343

0.0%

0.2%

=

=

SEK

0,0920

-1.3%

-12.8%

+

++

NOK

0,1108

-1.4%

-11.1%

=

++

CHF

0,6555

-1.0%

5.2%

=

++

GBP

1,1741

3.1%

-7.1%

=

++

USD

0,7130

0.9%

12.4%

-

++

CAD

0,6139

-4.8%

-1.9%

=

++

AUD

0,5764

1.9%

-5.4%

=

+

NZD

0,4619

2.1%

-4.4%

+

+

JPY

0,7389

-0.2%

23.5%

=

++

(1) fin juin 2009 ; p.ex. 1 USD vaut 0,7130 euros ; (2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

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