Analyse
Cet été sur les marchés il y a 8 ans - jeudi 10 septembre 2009
La Bourse a le vent en poupe, mais la circonspection s'impose plus que jamais.

Les indicateurs macroéconomiques étaient plus souvent positifs que négatifs cet été. Idem pour les résultats des entreprises. Les marchés boursiers en ont profité. L’euro a poursuivi sur sa lancée et les marchés obligataires se sont bien comportés. Bref, voilà un été qui avait tout pour ravir les investisseurs.

DE BONNES NOUVELLES
· Les marchés boursiers ont atteint cet été leur plus haut niveau depuis le début de l’année grâce à des chiffres macroéconomiques finalement meilleurs que prévu aux Etats-Unis et en Europe, entre autres en Allemagne et au Royaume-Uni. La moyenne mondiale est de +10% sur les deux mois d’été. Un chiffre qui repose aussi sur le fait que les résultats des entreprises étaient en fin de compte meilleurs que prévu dans nombre de secteurs. Même si, dans la plupart des cas, l’origine s’en trouve dans les réductions de coûts, les licenciements et autres mesures d’économies. Des entreprises comme l’italienne Enel (électricité, +18,4 %), la britannique Logica (télécoms, +40,8 %) ou la belge Agfa-Gevaert (traitement de l’image, +77,8 %) se sont particulièrement distinguées. Reste évidemment la question de savoir comment la situation évoluera une fois que toutes ces mesures auront été épuisées. Apparemment, les investisseurs n’en ont cure. Il y aussi l’effet d’entraînement. Lorsque les Bourses montent, cela attire du monde. Pour le dire autrement, ce fut un bel été en Bourse cette année.

BOURSE MONDIALE (en EUR)

Les Bourses ont bien travaillé. Toute euphorie est cependant à exclure. Soyez très circonspects.

· Les sicav qui investissent mondialement ont gagné en moyenne 10 % en juillet et en août, mais les écarts sont importants. La mauvaise tenue des mines d’or – l’américaine Newmont Mining (-3,9 %) et les canadiennes Kinross Gold (+1,3 %) et Goldcorp (+2,1 %) ont déçu – a pesé sur Carmignac Investissement (****, +5,5 %), toujours bénéficiaire mais moins que les autres. Chez Contrarian Equities at Work (Capitalat Work, *, +14,4 %) au contraire, on a tiré parti des performances du groupe français de produits de luxe LVMH (+22,6 %) et du groupe industriel, français également, Schneider (+18,4 %). La première a publié de bons résultats pour sa division ‘mode’, la seconde a poursuivi sur la lancée de son plan d’économies.
· Si vous cherchez à vous constituer facilement un portefeuille d’actions largement diversifié, optez pour ce type de sicav mondiale. Carmignac Investissement (distribuée entre autres par la Deutsche Bank et les brokers sur internet BinckBank, Keytrade Bank et Fortuneo, ISIN: FR0010148981) s’y prête parfaitement. Mais n’achetez pas sa version ‘branche 23’ chez AXA, où via Pizza Carmignac Investissement vous devrez débourser des frais annuels de 2,2 %, soit 0,6 % de plus que dans la version bancaire de ce produit.

Les bourses en juillet et août 2009

Bourse

       Evolution (1) sur

2 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

16.3%

-28.2%

Athènes (ATHEX 20)

15.1%

-28.5%

Bruxelles (BEL 20)

16.4%

-24.6%

Francfort (DAX 30)

13.6%

-18.6%

Hong Kong (H.SENG)

4.9%

-4.2%

Lisbonne (PSI 20)

10.1%

-9.0%

Londres (FTSE 100)

11.8%

-20.2%

Madrid (IBEX 35)

16.1%

-2.9%

Milan (FTSE MIB)

17.6%

-22.1%

Nasdaq Composite

7.0%

-12.9%

New York (S&P 500)

8.5%

-18.4%

Paris (CAC 40)

16.3%

-18.5%

Stockholm (OMXS 30)

21.3%

-3.6%

Sydney (ASX)

15.8%

-13.6%

Tokyo (Nikkei 225)

7.1%

-3.7%

Toronto (S&P/TSX)

8.3%

-21.9%

Zurich (SMI)

15.7%

-8.4%

(1) en %, après conversion en euro, fin août 2009

LES USA VONT MIEUX
· La Bourse américaine n’a pas raté le coche. Wall Street a gagné 9 % cet été (en EUR) grâce notamment au fait que le marché immobilier semble, lentement mais sûrement, s’extraire de l’ornière où il s’était enfoncé. Le champion dans cette catégorie est KBC Equity US Value (*, +12,1 %). Cette sicav investit en valeurs de rendement (par opposition aux valeurs de croissance), notamment les financières, copieusement présentes dans son portefeuille, par exemple JPMorgan Chase (+24,7 %) et Bank of America (+30,3 %). On ne peut en dire autant de Parvest US Small Cap (Cortal Consors, *, +4,4 %), dont les gestionnaires misent sur les petites valeurs américaines comme Aptargroup (emballage, -0,1 %) et Compass Minerals (matières premières, -4,7 %), aux performances peu convaincantes.
· L’économie américaine n’est pas encore sauve, surtout que certaines mesures comme les primes à la casse ou les réductions d’impôts sont arrivées à leur terme. Il n’empêche, la bouteille est plutôt à moitié remplie qu’à moitié vide quand on regarde les statistiques macroéconomiques et les résultats des entreprises.
Pour le long terme (sept ans ou plus) les sicav d’actions américaines méritent une place dans tout portefeuille de base diversifié. Nous vous conseillons Janus US Strategic Value A USD (disponible entre autres à la Citibank, ***, ISIN: IE0001256803).

JANUS US STR. VAL. USD ET JANUS US STR. VAL. EUR (base 100, en EUR)

Comme le billet vert a fléchi, la sicav en dollars (en gras) fait moins bien que son équivalente en euros. A terme, la situation devrait s’inverser.

ET CHEZ NOUS ?
· L’indice Bel 20, le plus populaire et le plus utilisé à Bruxelles, a gagné plus de 16 % cet été. Dans son ensemble, la Bourse belge, ses petites et ses grandes entreprises, a gagné 18 %. De belles performances nourries notamment par la belle progression de KBC (+101 %) et celle, plus en retrait, mais notable quand même, de Fortis (+22,8 %). La Bourse de Bruxelles reste très influencée par ses valeurs financières. Après des mois calamiteux, le secteur s’est nettement redressé cet été et cela se mesure pleinement aux prestations des sicav qui ont un faible pour ces valeurs. KBC Equity Fund Belgium (*, +19,9 %) par exemple, ou Degroof Equities Belgium Active (*, +18,6 %). L’inverse est tout aussi vrai. Les gestionnaires de Hermes Belgian Growth (Banque Delen, ****) évitent comme la peste les valeurs bancaires, ce qui explique que cette sicav n’ait gagné ‘que’ 9,6 % cet été. Son portefeuille est constitué surtout de valeurs industrielles comme Sipef (plantations, +5,9 %) et Lotus Bakeries (biscuiteries, +3,5 %). KBC Equity Fund Flanders (***, +19,6 %) s’est aussi fort bien comportée grâce au holding mère de KBC, KBC Ancora (+90 %), à D’Ieteren (automobile, +45,3 %) et à Afga-Gevaert (traitement de l’image, +77,8 %).
· Par rapport à son plancher de mars dernier, la Bourse de Bruxelles a gagné 50 %. Y a-t-il encore du potentiel ? De moins en moins. Comme nous vous le suggérons dans notre stratégie, profitez de la hausse des cours pour vendre. Ce n’est que si vous êtes un investisseur dynamique que vous pouvez rester en Bourse de Bruxelles, pour des raisons de diversification. Appuyez-vous sur Hermes Belgian Growth (Banque Delen), une sicav qui fait mieux que les autres depuis des années et qui évite le secteur bancaire où la situation est encore trop imprévisible.

HERMES BELGIAN GROWTH (en gras) ET BOURSE DE BRUXELLES (base 100)

La Bourse de Bruxelles est sortie de l’ornière et une sicav bien gérée comme celle de la Banque Delen (en gras) en a largement profité.

AUX ANTIPODES
· Bonnes performances aussi pour les sicav d’actions australiennes (+18,6 %), Dexia Equities L Australia AUD (**) en tête (+23,2 %), grâce surtout à National Australian Bank (+30,9 %) et à Westpac Banking (+23,9 %). Peu ont fait aussi bien.
· L’économie australienne ne se porte pas mal du tout. La devise non plus. La Bourse non plus. Ce qui nous incite à préférer le certain à l’incertain et à prendre partiellement notre bénéfice sur les sicav d’actions australiennes pour passer aux obligations, mais toujours dans la même devise.
Nous n’en restons pas moins convaincus que les sicav d’actions australiennes ont leur place dans un portefeuille correctement diversifié. L’économie australienne est saine, ce qui est prometteur pour les entreprises locales. Nous sommes tout aussi sûrs du fait que le dollar local restera robuste après sa forte progression cette année. La perspective de voir monter les taux nous renforce dans cette conviction. Nous vous suggérons Dexia Equities L Australia AUD (LU0078775011, **) ou SSgA Australia Index Equity (Deutsche Bank, ***, ISIN: FR0000018111).

Les secteurs en juillet et août 2009

Secteur

       Evolution (1) sur

2 mois

12 mois

En Europe

Finance

25.7%

-16.8%

Pharma

10.3%

-6.0%

Télécom

12.2%

-7.9%

Technologie

10.4%

-17.8%

Consommation

9.3%

-5.5%

Distribution

10.0%

1.1%

Utilité publique

10.2%

-24.0%

Dans le monde

Finance

16.5%

-13.0%

Pharma

7.2%

-3.8%

Télécom

5.1%

-10.2%

Technologie

10.3%

-6.3%

Consommation

8.6%

-5.0%

Distribution

7.9%

-2.8%

Utilité publique

6.1%

-16.3%

(1) en %, après conversion en euro, fin août 2009

L'OR BRILLE MOINS
· Aucune catégorie d’actions n’a perdu de plumes cet été. Mais le secteur des matières premières, lui, a souffert, les mines d’or notamment. Ce qui explique qu’une sicav comme BGF World Gold A (***, -1,4 %) ait piqué du nez, comme les valeurs qu’elle a en portefeuille Newmont Mining (-3,9 %), Lihir Gold (-4,3 %) et Randgold Resources (-10,7 %).
Ces contre-performances s’expliquent par la mauvaise tenue de l’or cet été (-1,2 %) et l’amélioration de l’atmosphère en Bourse, ce qui a incité certains investisseurs à quitter ce secteur considéré comme un refuge. Mais sur un an, tout comme les actions chinoises, les actions de mines d’or sont les seules à dégager un résultat positif.
· Les sicav d’actions de mines d’or sont intéressantes à titre de diversification. Le prix de l’or monte lorsque les choses vont moins bien sur le plan économique. Cela compense. Autrement dit, le fait de détenir ce type d’actif améliore la répartition du risque dans un portefeuille de sicav. Voyez à ce propos ce que nous en écrivions dans le F&S 171. Réservé aux audacieux à l’âme bien trempée.

EVOLUTION DE SHARE GOLD (en EUR)

Investir dans une sicav d’actions de mines d’or n’est pas pour les âmes sensibles. Cela secoue. Les fluctuations de cours peuvent être importantes.

OBLIGATIONS
· Il n’y a pas que les actions à avoir fait du bon travail cet été. Les marchés obligataires ont eux aussi progressé grâce à la baisse des taux d’intérêt. Une baisse (temporaire) qui s’explique par le fait que le redémarrage des économies est finalement plus lent qu’escompté et parce qu’il apparaît de plus en plus que le danger d’inflation ne devrait pas se concrétiser avant quelque temps. Voilà pourquoi les sicav d’obligations en euros d’une durée moyenne ont dégagé un bénéfice de 2,7 %. Les obligations à plus long terme (dix ans ou plus) sont toujours celles qui profitent le plus de la baisse des taux. Cela explique que Dexia Sustainable Euro Long Term Bonds (*) et Fortis (L) Bond Long Euro (*) ait gagné 5 %. Si vous détenez ce type de sicav, prenez votre bénéfice.
· Cet été, ce sont surtout les investisseurs qui misaient sur les obligations assorties à un peu de risque qui ont été récompensés. Ainsi, les sicav d’obligations à haut rendement ont en moyenne gagné 6,9 %. Ces sicav investissent dans des obligations émises dans des devises plus risquées donc plus rémunératrices comme le zloty polonais (+9,1 %) ou alors dans des obligations émises par des entreprises ou des organismes affichant une moins bonne santé financière. Petercam L Bonds Higher Yield par exemple a progressé de 14,5 %. Cette sicav investit en obligations de sociétés industrielles qui, en général, ont bien réagi en Bourse à la publication de résultats encourageants. Sur base annuelle la perte de cette sicav reste cependant phénoménale : -18,6 %. Trop risqué, ne pas acheter.

UN DOLLAR QUI FLANCHE
· Autre constat qui ne pouvait échapper à personne cet été, la faiblesse du dollar par rapport à l’euro : - 2,3 %. Heureusement cette mauvaise performance n’a pas trop pénalisé les investisseurs en sicav d’obligations en dollars US. Grâce à la baisse des taux d’intérêt. Seules les sicav obligataires à court terme comme KBC Renta Dollarenta (**, -0,7 %) et Parvest US Dollar Bond (***, -0,9 %) ont perdu de l’argent. Pourquoi ? Parce que l’évolution mensuelle de ce type d’obligations est surtout influencée par le cours du dollar et moins par les mouvements des taux d’intérêt. Il leur a donc été impossible d’échapper au reflux (-1,6 %).
· Les errements du dollar en étonnent plus d’un. Ne dit-on pas que l’économie américaine devrait se redresser plus rapidement que ses équivalentes européennes ?
La faiblesse du dollar est due en fait à plusieurs facteurs. Il n’y a pas que le déficit budgétaire ou les problèmes que pose le système de santé, il faut aussi compter avec l’appétit croissant des investisseurs américains pour les placements à l’étranger, avec l’affaiblissement du rôle du dollar en tant que monnaie refuge, avec son rendement faible et l’intention affirmée des Chinois de réduire leurs réserves en dollars. Tout cela pèse sur le billet vert. Pour qu’il cesse de baisser, il faudrait que les taux en dollars montent et qu’il apparaisse clairement que l’économie américaine va se rétablir plus vite que ne le fera l’Europe.
· Pour le moment, nous vous déconseillons les placements à revenu fixe en dollars. Nous sommes plutôt vendeurs qu’acheteurs (voir aussi F&S 173 ). Seule exception, les obligations en dollars liées à l’inflation. Vous ne les trouverez que sous la forme de trackers cotés en Bourse.

EVOLUTION DU DOLLAR AMERICAIN (en EUR)

Le billet vert a déçu ces dernier mois mais cela n’a rien de bien étonnant. Evitez pour le moment tout placement à revenu fixe en dollars.

Les devises en juillet et août 2009

Code
ISO

Cours (1)
(en euro)

    Evolution (2)

    Persp. (3)

2 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1343

0.1%

0.2%

=

=

SEK

0,0981

6.7%

-7.2%

+

++

NOK

0,1161

4.8%

-7.6%

=

+

CHF

0,6594

0.6%

6.6%

=

++

GBP

1,1357

-3.3%

-8.3%

=

++

USD

0,6968

-2.3%

2.6%

-

++

CAD

0,6345

3.4%

-1.0%

=

++

AUD

0,5875

1.9%

0.4%

=

=

NZD

0,4779

3.5%

0.0%

+

=

JPY

0,7512

1.7%

20.0%

=

++

(1) fin août 2009 ; p.ex. 1 USD vaut 0,6968 euros ; (2) en %,
par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à
1 an et à long terme.

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