Analyse
Retour en grâce des valeurs pharma il y a 7 ans - jeudi 15 octobre 2009
Le secteur de la santé a bien résisté à la crise. Aujourd'hui il traîne la patte. Explication.

La crise boursière a montré que le secteur de la santé était capable de résistance. Les investisseurs l’ont compris et lui retrouvent toutes les qualités requises pour qu’il soit à nouveau admis comme un complément utile dans leur portefeuille. A bon droit. Le potentiel du secteur est réel. Vous pouvez acheter Fidelity Global HealthCare A et Fortis B Equity Pharma Europe, les meilleures sicav spécialisées dans le secteur pharma.

A posteriori, la crise boursière aura peut-être une bonne chose pour les actions du secteur de la santé (on dit aussi « secteur pharma »). Pourquoi ? Parce qu’elle a mis en avant les points positifs de ce secteur. Un secteur qui pourtant a connu sept (sic) années de vaches maigres lorsqu’on compare ses prestations à celles de l’indice boursier général. Mais l’an dernier, le secteur de la santé n’a perdu « que » 9 % alors que l’indice boursier mondial a perdu, lui, quelque 40 %. Cette année par contre le secteur n’a pas réussi à regagner plus de 5 % environ alors que les Bourses mondiales ont récupéré, elles, quelque 25 %. Un problème ? Non, une opportunité. Lorsqu’on compare les cours boursiers de ces valeurs à leur potentiel bénéficiaire, on constate que plusieurs d’entre elles sont bon marché. C’est la raison pour laquelle investir dans une sicav spécialisée nous paraît être une bone opération – à l’intérieur d’un portefeuille diversifié bien entendu. Et à la condition que ce soit pour le long terme (sept ans ou plus).

INDICE PHARMA MONDIAL (en gras) ET INDICE BOURSIER MONDIAL (base 100)

Les actions du secteur de la santé offrent une résistance à la crise boursière supérieure à la moyenne. Mais, revers de la médaille, elles n’ont pas participé au rally qui a précédé.

CÔTÉS NÉGATIFS…
Ces dernières années, l’industrie pharmaceutique a beaucoup souffert de la désaffection des investisseurs, lesquels ne voyaient que ses côtés négatifs. Notamment le fait que les brevets sur les fameux blockbusters, ces spécialités pharmaceutiques qui rapportaient des milliards, allaient tomber dans le domaine public. Les médicaments génériques, tout aussi efficaces mais nettement meilleur marché, ont de fait entraîné une forte baisse des ventes des spécialités originales, ce qui a exercé une forte pression sur les bénéfices des entreprises du secteur. Ajoutez-y une réglementation toujours plus stricte, quelques tests cliniques aux échecs spectaculaires, la difficulté croissante de mettre au point de nouvelles molécules et vous obtenez le faisceau des raisons pour lesquelles les investisseurs faisaient la fine bouche.

… ET ATOUTS
· Bien que la crise boursière de l’an dernier n’ait épargné aucun secteur, celui de la santé a tout de même fait montre de ses qualités défensives. Beaucoup d’entreprises pharmaceutiques présentent des bilans sains, génèrent toujours beaucoup de cash, offrent des perspectives bénéficiaires relativement stables et aisées à prévoir parce que peu sensibles à la conjoncture.
· Il faut aussi compter avec certains facteurs positifs (pour le secteur) comme le vieillissement de la population, l’explosion de maladies comme le diabète ou le sida, le développement de nouveaux marchés dans les pays émergents. Tous facteurs qui vont dans le bon sens pour le chiffre d’affaires du secteur.
· Enfin, le secteur de la santé a lui aussi serré la vis des coûts (Novartis), éliminé ou revendu certaines activités (AstraZeneca), procédé à des rachats de produits ou de filiales, entamé des collaborations entre sociétés classiques du secteur ou avec des acteurs de la biotechnologie, souvent dans le but d’obtenir la masse critique nécessaire pour pouvoir continuer à investir dans la recherche, de plus en plus coûteuse.
Le processus est d’ailleurs toujours en cours comme en témoigne la vente récente de la division pharma de Solvay au groupe américain Abbott Labs. Ce n’est jamais que la troisième grosse reprise de l’année puisqu’avant cela Pfizer, le n° 1 mondial, a repris Wyeth et Merck a fait main basse sur Schering-Plough.

SICAV OU TRACKER ?
· On peut ranger les sicav pharma en deux groupes. Celles qui investissent à l’échelon mondial misent surtout sur les géants comme les américains Johnson & Johnson, Pfizer et Amgen (jusqu’à 60 % de leur portefeuille), suivis par les suisses Roche et Novartis (10 %). Dans cette catégorie, Fidelity Global HealthCare A (ISIN: LU0114720955, **) présente l’avantage d’offrir des prestations régulières. Vous pouvez acheter. BlackRock World Healthscience (**) mise, elle, sur la biotechnologie (Celgene, Genzyme). Mais le risque est supérieur à la moyenne, raison pour laquelle nous vous déconseillons ce placement. Parmi les sicav investissant uniquement en Europe, vous pouvez acheter Fortis B Equity Pharma Europe (ISIN: BE0166265075, **), qui a investi plus de la moitié de son avoir dans les valeurs suisses précitées et dans les britanniques AstraZeneca, GlaxoSmithKline et Shire. Aucune autre sicav ne se comporte mieux dans cette catégorie.
· Au rayon des trackers, Euronext vous en propose désormais cinq qui, tous, misent sur les entreprises européennes. Hélas, question rendement ils doivent tous, sauf un, s’inscliner devant la sicav de Fortis, malgré des coûts moins élevés. Seule iShares DJ STOXX 600 Health Care Swap fait mieux, mais il n’investit qu’en produits dérivés, pas en actions, ce qui rend tout jugement problématique, notamment quant à la fiabilité des émetteurs de ces produits.

Partagez cet article