Analyse
Méconnues, mal-aimées, ignorées il y a 7 ans - jeudi 10 décembre 2009
Fidelity et JPMorgan renoncent au marché belge. Pourquoi et comment réagir ?

Fidelity International et JPMorgan Asset Management ont décidé de ne plus vendre une quarantaine de leurs sicav dans notre pays, et dans notre pays seulement. Cela montre une fois encore à quel point il est difficile de percer en Belgique lorsque l’on n‘y dispose pas d’un réseau de distribution propre. Même si leur valeur intrinsèque est indubitable, ces sicav, souvent peu connues, sont mal-aimées du grand public.

· C’est sans doute une coïncidence, mais il se fait que le mois dernier Fidelity International et JPMorgan Asset Management ont annoncé qu’ils cesseraient de vendre certaines sicav dans notre pays dès mi-décembre.
· Ces deux noms ne vous disent peut-être pas grand-chose. Il s’agit pourtant de deux gestionnaires de sicav parmi les plus importants au monde. Vous avez bien lu : au monde ! Leur faible notoriété est due au fait qu’ils ne disposent pas de vitrine, ni de réseau de distribution dans notre pays. Ils travaillent via des canaux de distribution traditionnels comme le réseau de la Deutsche Bank ou via des brokers en ligne comme Keytrade Bank ou BinckBank. JPMorgan Asset Management présente en outre la particularité de ne s’intéresser qu’au marché des  investisseurs professionnels et pas du tout aux particuliers.

DÉCISION ÉCONOMIQUE
· Distribuer ses produits exclusivement par le canal de tiers présente des désavantages qui, apparemment, sont fort lourds :
– les sicav que l’on propose sont noyées dans la masse. Ce n’est pas une bonne chose pour la notoriété, surtout lorsqu’on travaille avec des brokers en ligne qui offrent une plate-forme passive où la quantité est plus importante que la qualité. Les investisseurs doivent eux-mêmes se frayer un chemin dans la jungle des produits proposés. Dans ce cas, ils sont souvent tentés par les produits gérés par des noms connus ;
– le coût d’utilisation d’une telle plate-forme est de plus en plus élevé. Une bonne part des frais de gestion annuels des sicav vont dans la poche des distributeurs ;
– rien ne dit que les produits proposés le seront encore demain. Les distributeurs concluent sans cesse des accords avec d’autres. On ne peut donc parler de revenus stables  pour les gestionnaires.
· Il s’agit donc d’une décision économique. Fidelity International et JPMorgan Asset Management ont pesé le pour et le contre et rayé du marché belge des sicav qu’ils y considèrent comme trop peu rentables. Nous en avons repris une sélection dans le tableau ci-dessous.

FIDELITY FUNDS
· Fidelity surtout a sensiblement réduit son offre. Le 17 décembre ce sont 28 compartiments de Fidelity Funds qui disparaissent du paysage belge. Tous les détenteurs de ces sicav sont priés de descendre du train. Ils peuvent d’ici là en prendre un autre heureusement, et ce sans payer de frais d’entrée.
· Comme il s’agit le plus souvent de parts de sicav de distribution, il n’y a pas de taxe boursière de 0,5 % à payer non plus. Il y a toutefois sur les compartiments Emerging Market Debt Fund, Growth & Income Fund, International Bond Fund, Multi Asset Navigator Fund et Sterling Bond Fund un impôt sur la plus-value puisqu’il s’agit de sicav investissant en placements à revenus fixes.
· Que faire ? Vendre. Vous n’avez pas le choix. Utilisez les moyens ainsi libérés pour réinvestir dans une sicav que nous conseillons, pour autant que cela cadre dans votre stratégie personnelle. Fidelity South-East Asia A (actions asiatiques, LU0048597586, ***) et Fidelity Global Healthcare A (actions du secteur pharm, LU0114720955, **) sont à conseiller.

FIDELITY STERLING BOND (en GBP)

La sicav de Fidelity qui mise sur les obligations en livres sterling était à notre avis la meilleure du marché. Hélas, elle disparaît des rayons...

JPMORGAN (INV.) FUNDS
· Ce sont 3 compartiments de JPMorgan Investment Funds et 9 de JPMorgan Funds qui disparaissent après ‘examen interne’ de leurs qualités par leur gestionnaire. Nous avons demandé à en savoir plus sur cette décision. Pas de réponse. Mais ici vous avez le choix. Vous pouvez conserver vos parts, mais vous ne pourrez plus racheter sur le marché belge et l’information sur le produit ne sera plus diffusée dans notre pays. Ce n’est évidemment pas l’idéal. Vous trouverez cependant les rapports annuels et les fiches techniques sur www.jpmorganassetmanagement.lu.
· Lors de la revente éventuelle de ces sicav – de capitalisation -, il y a une taxe boursière de 0,5 %. Et un impôt sur la plus-value s’il s’agit de sicav investissant en placements à revenu fixe (type ‘capitalisation’ ou ‘distribution’, peu importe). Nous vous conseillons de vendre.  Il y a mieux ailleurs.

QUELQUES SICAV QUI DISPARAISSENT DU MARCHE BELGE

Fidelity International
(sélection)

ISIN

JPMorgan Asset Management
(sélection)

ISIN

European

LU0238202427

IF Global Select
130/30

LU0088298020

Greater China

LU0048580855

IF Global Select
Equity

LU0070217475

International

LU0048584097

F Global Aggregate Bond

LU0053696067

International
Bond

LU0048582984

F Global
Healthcare

LU0432979614

Sterling Bond

LU0048620586

F Sterling
Bond

LU0210535463

CITADELLE
· Ce n’est pas la première fois que des sicav disparaissent ainsi des rayons. Elles sont supprimées, fusionnent ou sont reprises par d’autres. Mais décider comme ici de stopper la distribution en Belgique de sicav qui continuent à être commercialisées – parfois avec une agressivité accrue – dans d’autres pays, voilà qui en dit long. Le cas de Fidelity International surtout est frappant. Récemment cette société de gestion a racheté une plate-forme pour renforcer sa position sur le marché allemand des sicav.
· C’est surtout révélateur de la manière dont fonctionne notre pays. Depuis des années, les gestionnaires étrangers, anglo-saxons en premier lieu, tentent d’ouvrir une brèche dans la citadelle belge. Sans grand succès. Ce sont d’abord nos grandes banques qui leur barrent la route. On ne voit pas ce qui les retiendrait. Elles disposent d’une large gamme de sicav et d’une clientèle captive. Et la crise financière les incite plus que jamais à garder pour elles tous les revenus qu’elles peuvent générer.
· Ce n’est pas du tout le cas chez nos voisins du nord, où les grandes banques de la place tiennent aussi le haut du pavé, mais quelques-unes parmi elles, comme ABN AMRO, ING Bank et Rabobank, offrent aussi des sicav de tiers et le service qui va de pair. Le mois dernier, ABN AMRO a encore élargi son offre avec des sicav de Schroders et de Pictet. En Allemagne, la Commerzbank agit ainsi depuis 2001, pour la plus grande satisfaction de sa clientèle.

VÉRITÉ UNIVERSELLE
· Personne ne détient la vérité universelle. Il est toujours intéressant de comparer les propositions de divers gestionnaires de sicav. D’autant que les différences sont importantes.
· Pour cela, recourez autant que possible à des institutions comme BinckBank, Deutsche Bank ou Keytrade Bank. Elles vous donnent accès à un large éventail de sicav de tiers à des tarifs intéressants et vous y trouvez aussi toutes les informations et tous les documents utiles.
· Nos articles vous propose de nombreux conseils et si ça ne devait pas suffire vous pouvez appeler au 02/542 33 50.

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