Analyse
Déjà le printemps pour les télécoms il y a 7 ans - jeudi 14 janvier 2010
L'amour au premier regard ? Disons que pour les télécoms nous sommes plutôt tout oreille.

Porté aux nues dans les années nonante et voué aux gémonies depuis, le secteur des télécoms revient de loin. Notre favorite est la sicav Fortis B Equity Telecom Europe.

Les entreprises du secteur des télécoms n’en menaient pas large il y a quelques années au point que certaines d’entre elles étaient considérées comme quasi moribondes. L’émergence de nouveaux concurrents, un contexte réglementaire bousculé par la libéralisation, une surenchère insensée sur les octrois de licences – rappelez-vous l’épisode des dispendieuses licences UMTS en 2000 –, tout cela a fait trembler pas mal d’opérateurs télécoms à tel point que les grands du secteur, Belgacom, Deutsche Telekom ou France Télécom, en sont venus à regretter les temps bénis des monopoles publics et de leur position dominante sur leur marché domestique.

SECTEUR TELECOM EN EUROPE (en gras) ET INDICE EUROPEEN (base 100)

Les actions du secteur des télécoms ont longtemps fait moins bien que la moyenne, mais leur caractère défensif leur a permis, pendant la crise, de combler l’écart.

DÉFENSIF
· La crise l’a montré : les télécoms sont un secteur défensif. Crise ou pas, on téléphone, on s’envoie des messages, on va sur internet. Quitte à changer ses habitudes : on téléphone moins, mais on envoie plus de SMS, on surfe davantage et on achète plus de cartes prépayées. Cela pèse (un peu) sur la rentabilité (élevée) du secteur, mais soit.
· Les obstacles qui se dressent sur la route du secteur n’ont pas changé : forte concurrence, réglementations plus strictes, contexte économique incertain. Mais cela n’a rien de bien neuf.
· Ce qui est neuf par contre – et c’est un bienfait –, c’est que les grands du secteur ont affronté leurs problèmes avec succès. Ils sont endettés, mais cet endettement est supportable grâce au cash relativement stable qu’ils génèrent. Il y a eu libéralisation, mais les ex-monopoleurs ont le plus souvent consolidé leur position sur leur marché. Quant à leur rentabilité, elle reste fort élevée quand on compare à d’autres secteurs. Les actionnaires de leur côté sont gâtés côté dividende : 6 % de rendement en 2009 et un programme de rachat d’actions par les sociétés concernées. Moins d’actions en circulation donc une plus grande part du bénéfice pour les actionnaires restants. On ne peut pas dire non plus que ces actions soient trop chères. Au contraire, il est fort possible qu’on assiste à une manœuvre de rattrapage.

D'ABORD LA RENTABILITÉ
Le secteur se concentre en ce moment surtout sur le maintien de sa rentabilité et la compression de ses coûts. Cela se fait par réductions d’effectifs, sous-traitance (informatique, centrales d’appels) et synergies au niveau des infrastructures. Ainsi Vodafone et Telefónica partagent désormais leurs réseaux dans certains pays, ce qui devrait engendrer des baisses de coûts de 10 %. Même si quelques opérations de croissance externe ont été récemment lancées, à l'image du rapprochement entre les filiales britanniques de France Télécom et Deutsche Telekom, ce n’est que plus tard que l’on pensera à nouveau à la croissance, par exemple dans les pays émergents via l’internet mobile, très rentable (Blackberry, iPhone). Les grands du secteur sont aux premiers rangs pour sauter sur l’occasion lorsque le moment viendra.

LA MEILLEURE
· Pour en profiter, faites confiance aux sicav spécialisées. Lesquelles ? A ce jour où les grands comme BT Group (présent dans 170 pays), Deutsche Telecom (bien implanté aux Etats-Unis) et Telefónica (Amérique latine) ont déployé leurs ailes sur les autres continents, la question ne se pose plus de savoir s’il faut miser sur l’Europe ou sur le monde entier. Il faut tout simplement choisir la meilleure.
· Nous vous recommandons Fortis B Equity Telecom Europe (ISIN: BE0166112483, **). La sicav enregistre de bons résultats car ses gestionnaires ne craignent pas de sortir des sentiers battus. Ils misent à la fois sur les opérateurs de télécommunication fixe et mobile (Vodafone).
· L’alternative, ce sont les trackers. Vous en trouverez cinq cotés en ce moment sur Euronext Paris. Le meilleur est EasyETF Euro Telecom (ticker : SYT), mais comme à elle seule l’espagnole Telefónica pèse en ce moment 40 % de son portefeuille, mieux vaut s’abstenir. Nos confrères de Test-Achats invest trouvent l’action correctement évaluée : elle peut être conservée, sans plus, tant son marché domestique est déprimé. Sa forte position en Amérique latine n’y changera pas grand-chose dans les mois à venir.

Sous la loupe

Avec une capitalisation boursière de 1 400 milliards EUR, le secteur des télécoms représente 5 % du marché boursier mondial. C’est aussi le poids qu’il pèse dans les sicav mondialement diversifiées. Il fut un temps, au début des années 2000, où ce poids était de 15 %. Entre-temps, le secteur a perdu quelque 70 % de sa valeur boursière alors que les marchés boursiers mondiaux n’ont perdu, eux, que 20 %. Si on peut dire…

Voici les principales actions reprises dans les sicav :

1. AT&T, Verizon Comm. (USA)

2. China Mobile (Hong Kong)

3. Nippon T&T, NTT Docomo (Japon)

4. British Telecom, Vodafone (Royaume-Uni)

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