Analyse
Les taux d'intérêt il y a 7 ans - jeudi 11 février 2010
Taux d'intérêt peu élevés. Vont-ils monter ?

Les Etats et les banques centrales ont recouru à la baisse rapide des taux d’intérêt et à l’injection de liquidités pour endiguer la crise. Aujourd’hui, la situation s’éclaircit progressivement, si bien que certains en viennent à craindre un retour de manivelle qui serait sanglant sur le marché obligataire. Question subséquente : faut-il vendre vos sicav d’obligations ?

Réponse : non, ne vendez pas. Si nous nous attendons à voir monter les taux à long terme un peu partout dans le monde au fur et à mesure que les économies se redressent, leur hausse ne sera que progressive et limitée. Les placements à taux fixe restent donc un des piliers de votre portefeuille. Ne fût-ce qu’en raison de leur rôle de coussin protecteur lorsque les marchés financiers dégringolent. Mais là comme ailleurs, il faut faire les bons choix.

COMME LA PESTE
· Les sicav d’obligations craignent toute (brusque) hausse des taux comme la peste. C’est normal. Une (brusque) hausse des taux fait que les emprunts nouvellement émis le sont à des conditions plus intéressantes – lisez, avec des coupons plus généreux. Ce qui fait baisser les cours des emprunts existants. Comme les sicav d’obligations détiennent (forcément) des emprunts existants, leur valeur d’inventaire se tasse.

TAUX OBLIGATAIRES (en gras) ET COURS OBLIGATAIRES DANS LA ZONE EURO

Du fait de la crise, les cours des obligations d’Etat ont monté (échelle de droite) alors que les taux obligataires, eux, ont baissé (échelle de gauche, en %).

· Le graphique le montre bien. La crise frappant, les investisseurs se sont dirigés vers les havres sécurisants que sont les obligations d’Etat en euros. La demande était telle que les cours de ces obligations (échelle de droite, en fin) se sont envolés, ce qui a fait baisser de manière spectaculaire les taux obligataires (échelle de gauche, en gras). Les sicav investissant en obligations d’Etat en euros de durée moyenne ont ainsi gagné plus de 6 % en 2009. C’est une moyenne, mais c’est impressionnant.

HAUSSE PROGRESSIVE
· Certains craignent aujourd’hui un retour de manivelle. Ils ont tort. Nous ne nous attendons pas à voir exploser l’inflation, qui est actuellement de 1 % dans la zone euro. La croissance économique et le marché de l’emploi sont bien trop faibles pour ça. De plus, les banques centrales savent fort bien que toute hausse rapide des taux à court terme tuerait la reprise dans l’œuf et créerait des turbulences sur les marchés financiers. Elles y réfléchiront donc à deux fois.
· Quant à la hausse des taux d’intérêt à long terme, si elle est inévitable une fois la reprise en route, elle ne sera que progressive et elle n’aura que peu d’effet sur les sicav obligataires. Leurs gestionnaires tiennent d’ores et déjà compte de ce scénario et ils réagiront tout de suite en sautant sur les meilleures émissions du moment.
· Il faudra toutefois se faire à l’idée que les rendements seront moins généreux. Et cela vaut pour toutes les catégories de sicav obligataires.

STRATÉGIE
· Comme nous l’avons écrit plus haut, il faut faire les bons choix. Or, sur le marché des placements à rendement fixe en euros, le choix est vaste. Il y a d’abord les comptes d’épargne (les bons ! Voir plus loin) et les obligations individuelles. Si vous avez un profil défensif et que votre souci est de préserver votre pouvoir d’achat, optez pour une sicav liée à l’inflation.
· Il y a aussi des sicav obligataires en devises : couronne suédoise (fortement sous-évaluée), dollars australien et néo-zélandais (coupons généreux), franc suisse (qui s’adresse aux investisseurs au profil défensif et à l’horizon temporel de 5 ans).

BIEN CHOISIR
Revenons aux comptes d’épargne et aux obligations individuelles. Pour bien choisir, adressez-vous à notre Service d’aide individuelle au 02/542 33 50 ou rendez-vous dans nos rubriques
comptes d’épargne et obligations, cette dernière étant réservée aux abonnés à Test-Achats invest.
· Pour ce qui est des comptes d’épargne, nous donnons la préférence aux institutions qui offrent de bonnes conditions toute l’année, par exemple le compte de Fortuneo, qui propose un taux de base de 2,20 % et une prime de fidélité de 0,50 % ou le compte Azur de Keytrade Bank, qui offre 2 % + 0,5 %. C’est le double de ce qu’offrent les banques les plus chiches actuellement.
· Pour ce qui est des obligations individuelles, nous vous conseillons de vous concentrer sur les emprunts d’une durée moyenne (maximum 5 ans) offrant un beau rendement. En tout état de cause, n’achetez que des obligations dont vous pouvez être raisonnablement convaincu, sur la base de toutes les informations actuellement disponibles, que le risque de déficience de leur émetteur, tant pour ce qui est du coupon que pour ce qui est du remboursement à l’échéance, est limité. Aucun émetteur d’obligations ne peut peser à lui seul plus de 5 % de votre avoir.

Partagez cet article