Analyse
Suivez le guide il y a 7 ans - jeudi 15 avril 2010
La jungle des sicav est de plus en plus épaisse. Quelques conseils pour garder le bon azimut.

Vous êtes gâtés : vous avez le choix entre des milliers de sicav qui, en plus, existent sous des versions différentes et sont accessibles chez l’intermédiaire de votre choix. Mais il y a un revers à la médaille : une version n’est pas l’autre, l’offre et les conditions varient d’un intermédiaire à l’autre. Comment trouver le bon chemin ?

Le temps est loin où l’on ne pouvait acheter que les parts de sicav promues par son banquier habituel. Avec l’arrivée sur le marché des maisons anglo-saxonnes BlackRock, Fidelity, Franklin Templeton et consorts, qui disposent de leur propre réseau de distribution, avec l’arrivée aussi de distributeurs spécialisés comme BinckBank ou Keytrade Bank, avec enfin la popularité croissante des sicav auprès du grand public, l’offre est devenue très vaste. On peut aujourd’hui acheter des milliers de sicav via de multiples canaux différents.

PAS N'IMPORTE QUOI
· A condition bien sûr que les sicav en question soient commercialisées en Belgique. La Commission bancaire, financière et des assurances (CBFA) y veille. N’importe qui ne peut pas vendre n’importe quoi sur notre marché, toutes les stratégies de placement ne sont pas acceptées, les portefeuilles doivent être suffisamment diversifiés, etc. C’est ce qui explique par exemple la rareté des fonds à effet de levier dans notre pays.
· Il faut aussi que l’institution financière à laquelle vous vous adressez accepte de vous vendre les sicav qui ne font pas partie de sa liste de distribution habituelle. Ce n’est pas facile chez Argenta, ni chez Dexia ou ING. Telle agence pourra cependant se montrer plus coulante que telle autre, selon la relation que vous entretenez avec votre conseiller.
· Certains intermédiaires, comme BinckBank, Citibank, Deutsche Bank, Fortuneo et Keytrade Bank par exemple, proposent un large éventail de sicav. Ce qui ne veut pas dire que le choix est infini. Il faut que la sicav que vous convoitez soit reprise dans leur système. En fait, ces promoteurs actifs de sicav de tiers sont parfois plus limités dans leur offre que les grandes banques comme BNP Paribas ou CBC-KBC, où vous pouvez à peu près acheter tout ce qui existe. Même si l’information y est fragmentaire (pas de prospectus) et les frais (plus) élevés. A vous de vous informer au préalable et ensuite de négocier les frais.

COMPAREZ !
· Les frais d’entrée varient très fort : de 0 à 5 % pour la même sicav ! Inutile de vous dire qu’il faut payer le moins possible. Il y a heureusement une limite, qui est fixée dans le prospectus de la sicav qui vous intéresse. Ce prospectus comprend (pratiquement) tout ce qui est important pour le candidat acheteur d’une sicav. C’est donc une lecture obligée. Si vous n’en avez pas de version papier, allez sur le site des promoteurs de sicav les plus actifs, sur le site du gestionnaire ou téléphonez-nous au 02/542 33 50.
· Sachez que les promoteurs de sicav les plus actifs ne demandent pas de frais ou se contentent d’un forfait. BinckBank ne compte que 9,50 euros par transaction (achat et vente), Keytrade Bank compte 9,95 euros (achat seulement), ramenés en ce moment à... 0 euro. Deutsche Bank (dans la plupart des cas) et Fortuneo ne comptent rien du tout.

Si votre intermédiaire habituel vous compte des frais trop élevés, montrez-lui les tarifs de la concurrence et faites état de votre statut de bon client.

· Sachez aussi que la plupart des institutions demandent des frais de garde pour conserver vos parts de sicav sur votre compte-titres, dès lors qu’il ne s’agit pas de sicav maison. Il s’agit d’un pourcentage calculé sur la valeur de votre portefeuille. Comptez sur une moyenne de 0,2 % + TVA (21 %). Les courtiers en ligne, alias les “brokers internet”, ne comptent pas de frais de garde.

LA BONNE VERSION
· Supposons que vous sachiez quelle sicav acheter et où l’acheter. Un autre choix s’impose à vous : quelle version de cette sicav allez-vous prendre ? Vous devez tenir compte de ceci :

dividende. Beaucoup de sicav sont proposées sous deux versions qui diffèrent selon leur politique de dividende. La version “capitalisation” conserve les dividendes (ou les intérêts) qu’elle touche; la version “distribution” les met en paiement sous la forme de dividendes généralement annuels. L’inconvénient de la première est qu’elle est soumise à une taxe boursière de 0,5 % sur le prix de revente de chaque part. L’inconvénient de la seconde est que le dividende est soumis au précompte mobilier. Sachez aussi que le montant du dividende n’est pas fixe et qu’il n’est jamais garanti.

Notre préférence va généralement à la version “capitalisation” qui réinvestit automatiquement et sans frais les dividendes qu’elle perçoit.

devise. L’arrivée des Anglo-Saxons sur notre marché fait que l’investisseur a souvent le choix entre plusieurs devises pour un seul et même placement. Ces versions sont toutefois gérées de la même façon, seule la devise d’émission diffère. De ce fait, le rendement après change en euros est le même.

Nous préférons habituellement la version en euros. C’est plus facile et cela limite les frais de change.

· Lorsque vous passez commande, utilisez toujours le code ISIN de la sicav choisie. Ce code est repris sur la fiche technique, dans le prospectus ou – pour ce qui est de notre sélection – dans notre rubrique ‘Information générale’ dans ‘Fiches détaillées’ des sicav. Un exemple : le code de Hermes Belgian Growth version “capitalisation” est BE0172066855 ; celui de la même mais en version “distribution” est BE0172068877.

Partagez cet article