Analyse
Vous questionnez, nous répondons il y a 7 ans - mardi 11 mai 2010
Nous recevons chaque jour de nombreuses questions sur les placements. En voici quelques exemples.

Nous recevons chaque jour de nombreuses questions sur les placements. Ce sont souvent des cas uniques, mais parfois il est possible d’en tirer un enseignement général. En voici quelques exemples. Comme on dit, c’est du vécu !

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Vous pouvez nous atteindre via ce numéro d’appel du lundi au vendredi de 9 à 12 h 30 et
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DES FRAIS MALGRÉ TOUT À LA DEUTSCHE BANK ?
Monsieur H. (Bruxelles) n’en croyait pas ses yeux: la Deutsche Bank lui a compté des frais d’achat sur une sicav. Pourtant, cette institution travaille sans frais d’achat, non ?

· Notre lecteur a acheté à la Deutsche Bank des parts de la sicav d’actions britanniques (que nous recommandons) SSgA UK Index Equity (gérée par State Street Global Advisers, **). A son grand étonnement, on lui a compté 0,7 % de frais d’achat. La Deutsche Bank clame pourtant haut et fort qu’elle ne demande pas de commission d’achat – sauf exception toutefois. Est-ce là le problème ?
· Oui, les sicav de la série SSgA sont précisément une de ces exceptions. La Deutsche Bank elle-même ne prend pas de commission d’achat, mais la sicav bien. SSgA est de fait une des rares institutions qui compte des frais à ses clients lors de toute opération d’achat et (souvent aussi) de vente. Pour couvrir les frais qu’occasionnent ces transactions afin que les autres détenteurs de parts ne soient pas pénalisés. Ces frais sont ainsi réinjectés dans la sicav. Ils varient aussi d’une sicav à l’autre. Dans le cas qui nous occupe, ils étaient de 0,7 %. Pour SSgA Canada Index Equity ils sont de 0,1 %.

Quelle que soit l’origine des frais, pour vous, en tant qu’investisseur, cela revient à payer !
Toutes nos analyses en tiennent compte. Les frais trop élevés sont dénoncés.

CARMIGNAC SOUDAIN PLUS CHÈRE ?
Monsieur D. (Saint-Symphorien) est un épargnant à qui on ne la fait pas. Il envisage d’acheter des parts de Carmignac Investissement A à la Deutsche Bank, mais y renonce après avoir vu, dans la fiche technique, le montant des frais qui peuvent lui être comptés.

· Bien vu ! Selon la Deutsche Bank, il faut payer lors de la vente des parts de la sicav mondialement diversifiée Carmignac Investissement A (FR0010148981, ****) un précompte mobilier de 25 % sur la différence entre le prix d’achat et le prix de vente. Si on prend les douze derniers mois, cela reviendrait à un précompte de 507 euros par part. Dans ces circonstances, nous ne voudrions pas non plus de cette sicav !
· En fait, il s’agit d’une erreur. On ne retrouve d’ailleurs pas ces frais astronomiques dans le prospectus.

Nous ne pouvons que vous conseiller de bien lire la fiche technique et le prospectus de la sicav qui vous intéresse. La mésaventure de notre lecteur montre qu’une erreur est toujours possible.

AU SECOURS, MA SICAV NE VAUT PLUS RIEN !
Imaginez la tête qu’a dû faire Monsieur E. (Waterloo) lorsqu’il a reçu une lettre de la Deutsche Bank lui signalant qu’une de ses sicav ne valait plus rien.

· Si ça peut le rassurer, Monsieur E. n’était pas le seul dans son cas. Tous les clients de la Deutsche Bank disposant d’un compte-titres sur lequel ils ont déposé leurs parts de la sicav d’actions britanniques SSgA UK Index Equity ont reçu une lettre leur indiquant qu’à la fin mars ces parts avaient été retirées de leur compte et qu’elles étaient sans valeur. Sans la moindre compensation financière ! Et sans autre forme de procès.
· Panique à bord évidemment. Qu’est-ce qui a pu arriver ? Nous avons pris contact avec les gestionnaires de cette sicav : ils étaient encore plus étonnés que nous ! Rien de particulier ne s’était produit. Comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessous, une valeur d’inventaire a toujours été calculée quotidiennement.
· Et à la Deutsche Bank? Ils ont suivi les instructions d’Euroclear, dépositaire international de titres, qui exigeait de retirer cette sicav des comptes. Il est apparu par la suite qu’il y avait maldonne, mais les bordereaux avaient été envoyés à la clientèle. Une clientèle qui a vu ses parts réapparaître, comme par enchantement, à dater du 8 avril. Tout est donc bien qui finit bien.

Les sicav sont des sociétés d’un type particulier qui sont tenues de respecter une foule de règles. Notamment celle-ci : elles ne peuvent pas s’endetter. Mais une sicav ne peut pas non plus perdre la totalité de sa valeur. Cela signifierait que la valeur de son portefeuille est tombée à zéro ou qu’il y a eu fraude. En pratique, c’est quasi impossible.

SSgA UK INDEX EQUITY (en GBP)

La stabilité de cette sicav n’a jamais été mise en péril, malgré que ses détenteurs aient reçu de la Deutsche Bank le message inquiétant qu’elle était devenue “sans valeur”.

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