Analyse
Coup d'oeil sur les marchés il y a 7 ans - jeudi 8 juillet 2010
Les sicav d'actions en souffrance

La reprise économique reste très fragile, une situation qui ne plaît guère aux investisseurs. Conséquence, la plupart des sicav d’actions ont terminé dans le rouge en juin. En ces temps incertains, les investisseurs se rabattent volontiers sur les valeurs sûres. On notera ainsi l’excellente tenue des sicav d’actions suisses, grâce à l’envol du franc (+ 7,3 %), qui a joué un rôle de valeur refuge. Les sicav obligataires, à tout le moins celles qui investissent en dehors de la zone euro, se sont aussi bien comportées. Les marchés d’actions donnant du fil à retordre aux investisseurs, une bonne diversification de son portefeuille d’investissement paraît plus que jamais indispensable. Nous vous y aidons.

Après une hausse quasi ininterrompue depuis mars 2009, les marchés boursiers sont en net recul depuis le printemps. Ainsi, à Wall Street, les cours ont affiché ces trois derniers mois une baisse moyenne de 11,4 %. Seule l’appréciation du dollar face à l’euro (+10,5 %) a finalement permis de limiter les dégâts, la Bourse de New York affichant un tassement de 2,1 % après conversion en euro. En Europe, le recul n’est pas négligeable non plus : -6,7 % et même -9,6 % si on se limite aux actions de la zone euro. Les investisseurs s’interrogent quant à la vigueur de la reprise économique, certains redoutant même un retour de la récession. Les mesures d’austérité envisagées en Europe pour réduire les déficits publics et garder la dette sous contrôle passent mal. Les marchés craignent en effet que cela ne pénalise trop la consommation et par conséquent l’activité économique. A cela s’ajoute la fin programmée au second semestre de toute une série d’aides publiques pour relancer l’économie. Enfin, les pays émergents commencent aussi à montrer des signes de ralentissement alors que leurs gouvernements veulent brider la croissance pour éviter le risque de surchauffe.

EVOLUTION DU STOXX 50 EUROPE

Les mesures d’austérité envisagées en Europe vont fragiliser la reprise économique. Les investisseurs voient cela d’un mauvais œil et les indices boursiers sont de nouveau dans le rouge ces derniers mois.

De notre côté, sans tomber dans un optimisme aveugle – on ne peut exclure encore de nombreux soubresauts à l’avenir – le scénario d’une nouvelle récession nous semble exagéré. En l’absence d’inflation élevée, les banques centrales pourront en effet maintenir l’économie sous perfusion, en conservant leurs taux directeurs très bas. Il n’empêche, la sélectivité dans vos choix de placement s’impose : privilégiez d’abord un bon équilibre entre sicav d’actions et sicav d’obligations, selon votre profil de risque et votre horizon de placement. Optez ensuite pour des marchés boursiers et des devises bon marché ou correctement évalués.

Les bourses en juin 2010

Bourse

Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

Amsterdam (AEX)

-1.2%

24.4%

Athènes (ATHEX 20)

-9.4%

-40.0%

Bruxelles (BEL 20)

-2.7%

17.5%

Francfort (DAX 30)

0.0%

20.2%

Hong Kong (H.SENG)

2.0%

24.8%

Lisbonne (PSI 20)

-0.1%

-0.6%

Londres (FTSE 100)

-2.3%

20.4%

Madrid (IBEX 35)

-1.0%

-5.4%

Milan (FTSE MIB)

-1.2%

1.3%

Nasdaq Composite

-6.4%

31.6%

New York (S&P 500)

-5.2%

28.4%

Paris (CAC 40)

-1.8%

9.6%

Stockholm (OMXS 30)

3.4%

44.1%

Sydney (ASX)

-2.0%

31.1%

Tokyo (Nikkei 225)

-1.0%

17.6%

Toronto (S&P/TSX)

-5.0%

36.2%

Zurich (SMI)

4.2%

31.0%

(1) en %, après conversion en euro, fin juin 2010

ETATS-UNIS
· Les sicav d’actions américaines reprises dans notre sélection se sont en moyenne dépréciées de 5 % en juin. Après un bon premier trimestre, l’économie américaine connaît un passage à vide : en juin, 125 000 postes de travail ont encore été détruits, les ventes de logement ont reculé de 30 % et la confiance des ménages s’est érodée.
Si malgré tout l’économie américaine affichera encore en 2010 une croissance de 2,8 % (contre 0,4 % seulement en Europe), la fin des aides publiques, lesquelles étaient destinées à créer des emplois et soutenir la consommation, laisse envisager une croissance plus molle pour la suite. La consommation, véritable moteur de l’économie américaine, ne progressera en effet qu’à un rythme modéré et ce, dans un contexte de faibles créations d’emploi, les entreprises étant toujours confrontées à des capacités de production excédentaires.
· Les actions américaines restent néanmoins incontournables dans un portefeuille diversifié de sicav. D’abord parce que, même si la reprise économique reste fragile outre-Atlantique, le potentiel de hausse demeure plus élevé que chez nous. Ensuite, la Bourse américaine n’est pas chère au regard des perspectives bénéficiaires des sociétés. La baisse de cours récente constitue à ce titre une opportunité supplémentaire d’achat. Côté sicav, nous vous recommandons Fortis L Opportunities USA (LU0377124267). Comme le mois dernier, c’est la bonne prestation du groupe minier… canadien Barrick Gold (+8,3 %) qui explique la meilleure résistance de cette sicav, en baisse de 1,6 % seulement. Les gestionnaires n’hésitent pas, lorsqu’il le faut, à sortir des sentiers battus, ce qui leur réussit plutôt bien jusqu’à présent.
Vous préférez un achat direct en Bourse, via votre banque habituelle ? Vous pouvez dans ce cas vous tourner vers Columbia Securities, coté sur Euronext (ticker : COLUM), et qui n’a pas à rougir de sa performance non plus le mois dernier : -1,5 %.

FORTIS L OPPORTUNITIES USA ET INDICE BOURSIER AMERICAIN (base 100)

La sicav de Fortis affiche régulièrement de meilleures prestations que la Bourse américaine dans son ensemble. Les gestionnaires ont prouvé déjà à plusieurs reprises leur savoir-faire. Intéressant.

CHERE BELGIQUE
Les sicav d’actions belges reprises dans notre sélection se sont repliées de 2,4 % en moyenne le mois dernier. Une mauvaise performance due à la chute de quelques poids lourds sur notre Bourse : Ageas (ex-Fortis) a ainsi reculé de 10,8 %, Dexia de 14,6 % et GDF Suez de 7 %. Les sicav en ont logiquement pâti. Les valeurs financières continuent manifestement de peser sur la Bourse belge. Des valeurs desquelles nous préférons d’ailleurs rester à l’écart, l’exposition des banques européennes aux obligations d’Etat du Vieux-Continent constituant toujours une source d’inquiétude pour les investisseurs. La Bourse belge est du reste chère au regard des perspectives bénéficiaires des entreprises. Nous ne vous conseillons donc plus d’y investir, sauf dans une optique de long terme (5 % dans le portefeuille dynamique à 20 ans).

EVOLUTION DU BEL 20

L’indice phare de la Bourse de Bruxelles se situe encore loin des sommets atteints en 2007. Au niveau actuel, nous le trouvons néanmoins cher. N’achetez pas, sauf dans une optique de très long terme.

REFUGE SUISSE
Le mois dernier, nous introduisions les sicav d’actions suisses dans nos portefeuilles, essentiellement pour leur caractère défensif, bienvenu en ces temps incertains. Un choix heureux puisque les sicav d’actions suisses reprises dans notre sélection se sont appréciées en juin de 4,6 % en moyenne. Une performance à contre-courant de ce qu’ont vécu les autres places financières occidentales mais un succès qu’il faut attribuer entièrement à l’appréciation du franc suisse (+ 7,3 % face à l’euro). Que font en effet les investisseurs lorsqu’ils doutent ? Ils se tournent vers les valeurs refuge, parmi lesquelles figure le franc suisse justement.

Les secteurs en juin 2010

Secteur

Evolution (1) sur

1 mois

12 mois

En Europe

Finance

-0.4%

20.6%

Pharma

3.2%

24.9%

Télécom

1.3%

19.9%

Technologie

-1.2%

19.3%

Consommation

2.1%

35.5%

Distribution

-0.7%

29.7%

Utilité publique

-4.6%

4.1%

Dans le monde

Finance

-1.9%

28.5%

Pharma

1.8%

25.2%

Télécom

2.2%

22.4%

Technologie

-5.0%

33.6%

Consommation

-0.3%

38.1%

Distribution

-4.8%

32.5%

Utilité publique

-0.6%

17.6%

(1) en %, après conversion en euro, fin juin 2010

OBLIGATIONS EN EURO
· Les sicav d’obligations en euro ont affiché une légère baisse en juin, de l’ordre de 0,5 % environ en moyenne. Pourtant, les obligations d’Etat allemandes, l’investissement sûr par excellence, ont encore été très recherchées par les investisseurs, ce qui a fait encore quelque peu grimper leur cours. Mais ce ne fut pas le cas partout en Europe, loin de là. Toujours inquiets quant à l’ampleur des déficits et de la dette de certains Etats, les investisseurs ont arbitré les obligations des Etats les plus fragiles au profit des Etats jugés les plus robustes. Parmi les obligations délaissées, celles de la Grèce, du Portugal ou de l’Irlande, mais aussi de la Belgique et de la France se sont tassées, entraînant dans leur sillage les sicav qui y investissent.
· En dépit de la légère remontée des taux, les rendements obligataires évoluent toujours à des niveaux planchers. Le rendement de l’emprunt d’Etat allemand à cinq ans ne dépasse pas 1,50 % brut et celui à dix ans n’excède pas 2,60 % brut. En Belgique, les rendements s’élèvent à respectivement 2,15 et 3,30 % brut. Dans ces conditions, nous vous conseillons de ne pas investir dans les sicav spécialisées en obligations en euro. Si les taux devaient grimper à l’avenir, la valeur des sicav diminuerait. Les obligations détenues en portefeuille procurant des coupons moindres que les nouvelles émissions, leur cours serait de facto pénalisé. Pour le moment, nous vous recommandons plutôt un bon compte d’épargne pour la composante en euro de votre portefeuille. Certes les taux ne sont guère élevés non plus mais au moins votre capital est garanti et vous conservez un maximum de souplesse lorsque les taux augmenteront. Fortuneo propose actuellement l’offre la plus intéressante : un taux de base de 2 % et une prime de fidélité de 0,50 %. Parmi les autres offres intéressantes, citons aussi celles d’Ethias, d’ING (Lion Deposit), de BKCP, de Keytrade Bank ou encore de Rabobank.be. Retrouvez l’ensemble des conditions sous la rubrique « Comptes d’épargne ».

EVOLUTION DES TAUX OBLIGATAIRES BELGES A 10 ANS

Lorsque les taux sont faibles, mieux vaut éviter les sicav obligataires, dont le cours ne manquera pas de souffrir en cas de remontée des taux.

OBLIGATIONS EN DEVISES
· La faiblesse persistante de l’euro, sur fonds de problèmes de dette et de croissance, a encore permis aux devises étrangères de gagner des points en juin. Nous avons déjà cité le franc suisse (+7,3 %), citons encore le yen (+3,1 %). Le mois dernier, les sicav d’obligations en yen reprises dans notre sélection se sont appréciées de 4,2 % en moyenne. Nous préférons néanmoins rester à l’écart. Si les investisseurs semblent avoir momentanément trouvé refuge dans la devise de cette grande économie, il faut néanmoins rappeler que le Japon croule sous les dettes : la dette publique représente ainsi pas moins de 230 % du PIB ! Une véritable bombe à retardement qui nous pousse loin de cette région.
· Le dollar américain s’est de son côté apprécié de 0,2 % face à l’euro en juin, portant ses gains à 14,5 % depuis douze mois. Nous préférons néanmoins rester à l’écart de l’obligataire américain. D’une part, les taux obligataires y sont peu élevés, d’autre part les Etats-Unis sont aussi assis sur une montagne de dettes qu’il faudra bien un jour rembourser. Que se passera-t-il lorsque les investisseurs s’en inquièteront ?
· En fait, pour la partie obligataire de notre portefeuille, nous privilégions actuellement les obligations d’Etat présentant des finances saines et un endettement pas trop élevé. C’est le cas de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de la Suède. Attention toutefois, ces devises se sont déjà fort appréciées face à l’euro. Au cours des douze derniers mois, le dollar australien a ainsi progressé de 19,6 %, le dollar néo-zélandais de 21,5 % et la couronne suédoise de 14 %. A tel point que les dollars australien et néo-zélandais ne présentent plus aujourd’hui de potentiel de hausse. Ils restent néanmoins attractifs en raison des taux obligataires élevés.
· La couronne suédoise reste quant à elle encore sous-évaluée face à l’euro et conserve de ce fait un potentiel de hausse intéressant. Face au retour de la croissance dans le pays, la banque centrale suédoise vient d’ailleurs de relever son taux directeur de 0,25 %, pour le porter à 0,50 %. D’autres hausses ne sont pas à exclure, alors que l’économie suédoise est compétitive, que sa dette publique est réduite et que ses finances sont saines. C’est tout profit pour ING (L) Renta Fund II SEK et KBC Renta Sekarenta, lesquelles se sont encore appréciées de 0,5 % le mois dernier.

EVOLUTION DE LA COURONNE SUEDOISE (en euro)

Après avoir plongé en 2008, la couronne reprend progressivement du poil de la bête, grâce à des finances publiques saines et une économie compétitive. Vous pouvez acheter.

Les devises en juin 2010

Code ISO

Cours (1)
(en euro)

Evolution (2)

Persp. (3)

1 m.

1 an

1 an

LT

DKK

0,1342

-0.1%

0.0%

=

=

SEK

0,1049

0.8%

14.0%

+

++

NOK

0,1255

-0.1%

13.3%

=

-

CHF

0,7570

7.3%

15.5%

+

=

GBP

1,2214

3.2%

4.0%

=

++

USD

0,8164

0.2%

14.5%

+

=

CAD

0,7683

-1.1%

25.2%

+

=

AUD

0,6896

0.9%

19.6%

=

--

NZD

0,5614

2.3%

21.6%

=

--

JPY

0,9226

3.1%

24.9%

=

+

(1) fin juin 2010 ; p.ex. 1 USD vaut 0.8164 euros, 100 JPY valent 0.9226 euros ; (2) en %, par rapport à l'euro ; (3) évolution attendue de la devise à 1 an et à long terme.

FONDS D’EPARGNE-PENSION
Le recul des marchés d’actions a pesé sur le rendement des fonds d’épargne-pension en juin, en recul d’un bon pourcent en moyenne. Une baisse somme toute limitée grâce à leur composante obligataire. Pour rappel, il existe trois variantes de fonds : les fonds dynamiques, axés essentiellement sur les actions, les fonds neutres (moitié actions, moitié obligations) et les fonds défensifs, tournés surtout vers les obligations. Vous pouvez y investir cette année à concurrence de 870 euros et vous bénéficierez l’an prochain d’une réduction d’impôts. L’argent sera toutefois bloqué jusqu’à vos 60 ans, sous peine d’une taxation plus lourde.

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