Analyse
Fonds fermé ou tracker ? il y a 6 ans - mardi 14 septembre 2010

Les fonds fermés cotés à New York étaient à l’époque une des rares voies d’accès offertes au particulier pour aborder notamment les marchés émergents. Et de nouvelles possibilités s’offrent aujourd'hui à l’investisseur. Notamment les trackers. Voilà de sérieux rivaux pour les fonds fermés …

Malaysia Fund, Mexico Fund, Chile Fund, autant de noms qui évoquent l’un ou l’autre souvenir lointain chez l’investisseur de la première heure en pays émergents. Nostalgie du passé ? Nous faisons le point sur ces vétérans du marché alors que monte la génération des trackers. 

Cotation en bourse 

Contrairement à la plupart des sicav ou fonds de placement qui ne font pas l’objet d’une cotation sur un marché réglementé, les fonds fermés ici évoqués, ainsi que les trackers, présentent la caractéristique commune d’être cotés en Bourse. Les premiers le sont généralement en Bourse de New York et plus particulièrement sur le New York Stock Exchange (NYSE). Les trackers, aussi appelés Exchange Traded Funds (littéralement « fonds traités sur un marché boursier », ETF en abrégé), proposent souvent une cotation sur différents marchés parmi lesquels on retrouve régulièrement Euronext. Une facilité d’accès pour le particulier qui peut les acheter via un large panel d’intermédiaires, banques ou courtiers à guichets, ou bien encore plates-formes offrant des services de courtage en ligne. Généralement les transactions sur Euronext sont moins coûteuses que celles sur les marchés étrangers. Un premier avantage donc en faveur des trackers cotés sur Euronext.

Prime et décote 

• Les fonds fermés cotés à New York sont régulièrement affublés d’une prime ou d’une décote. Tantôt leur cours de Bourse est inférieur à la valeur intrinsèque de leur portefeuille, on parle alors de décote ; tantôt c’est l’inverse qui prévaut et le cours est supérieur à la valeur réelle des actifs, il y a alors une prime. Prime et décote dépendent en fait de l’offre et de la demande des investisseurs à l’égard du fonds.
• Dommage collatéral : l’évolution du cours est beaucoup moins fidèle à celle du marché de référence que dans le cas d’un tracker dont la vocation est précisément de s’en rapprocher au maximum. Si l’achat d’un fonds fermé avec décote peut être perçu comme un avantage pour l’acheteur, il ne peut être certain que cette décote se résorbera avec le temps. Pire, il pourrait arriver qu’elle s’accentue. Un défaut de transparence à côté de la prévisibilité du tracker qui tente de suivre au mieux l’indice choisi. Un point de plus en faveur des trackers.

Part du Fisc

• Dans le domaine des placements, la fiscalité fait – au grand dam de plus d’un investisseur – partie intégrante du paysage. Et la fiscalité de tel instrument de placement n’est pas forcément la même que celle applicable à tel autre. En l’occurrence, les fonds fermés cotés à New York se distinguent par un traitement fiscal potentiellement douloureux pour l’investisseur.
• S’agissant souvent de fonds de droit américain, ils sont d’abord soumis au régime américain avant de subir celui en vigueur chez nous. C’est particulièrement défavorable lorsque le fonds distribue tout ou partie de ses plus-values («capital gains»), lesquelles peuvent, selon les cas, faire l’objet d’une retenue américaine (25 %) avant d’être précomptées chez nous (à 25 % également). Sacré handicap alors que les plus-values sur actions, en ce compris celles réalisées avec un tracker, sont chez nous exemptes de tout prélèvement fiscal. Du moins à ce jour.
Avantage 3 – 0, toujours en faveur des trackers.

Concurrence

Si dans les années nonante les fonds fermés constituaient quasiment la seule façon pour un particulier d’aborder certains marchés plus éloignés ou plus spécifiques, l’offre à destination du grand public a connu une profonde évolution. D’abord avec les sicav en tout genre qui ont offert une première alternative aux fonds fermés, ensuite avec les trackers qui offrent désormais la possibilité d’investir sur une palette de plus en plus étoffée de marchés. Le tout en suivant de près un indice diversifié et en se montrant régulièrement moins gourmands en termes de frais de gestion. Résultat du match : 4 – 0 en faveur des trackers.

Que retenir ?

Par rapport aux fonds fermés cotés à New York, les trackers offrent une alternative à ne pas négliger. Principaux arguments en faveur de ces placements qui ont le vent en poupe :
– une accessibilité aisée à un coût souvent plus avantageux ;
– une transparence assurée par une gestion passive censée refléter l’indice choisi et favorisée par l’absence de prime ou de décote ;
– une fiscalité souvent moins lourde que celle applicable sur certaines plus-values distribuées par les fonds fermés ;
– des frais de gestion plus modestes que dans le cas d’une gestion active.

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