Analyse
Le gestionnaire MEI embourbé il y a 6 ans - jeudi 25 novembre 2010

Le gestionnaire de fonds néerlandais MEI Fondsenbeheer B.V., surtout connu de nos lecteurs comme spécialiste des actions d’Europe de l’Est, traverse des difficultés.

 

Vous cherchez un fonds qui investit en Tchéquie, en Slovaquie, voire en Roumanie ou en Bulgarie ? MEI peut vous aider. Le fonds MEI-Rusland Midcap Fonds fait partie de cette écurie. Ce fonds se concentre sur les petites actions russes, contrairement aux autres sicav, plus classiques, comme Parvest Equity Russia et consorts, qui s’intéressent surtout aux grosses capitalisations. C’est plus risqué évidemment, mais cela a porté ses fruits : on a souvent vu le fonds de MEI faire mieux que la concurrence, ce qui l’a mis sous les feux de la rampe.

C’est  fort bien, mais toute médaille qui brille à ce point a un revers : on a par exemple constaté pendant la crise financière que les plus petites actions cotées sur les plus petits marchés souffraient d’un handicap, en l’occurrence leur moindre liquidité. Pour les fonds de MEI, cela s’est traduit par la fermeture des volets : impossible pendant plusieurs semaines de les revendre, les gestionnaires ne parvenant plus eux-mêmes à vendre les actions en portefeuille à un prix acceptable. La chose, on s’en doute, a irrité pas mal d’investisseurs, mais il fallait se rendre à l’évidence : les conditions de marché l’imposaient.

L’étonnement a donc été grand quand les gestionnaires de MEI-Rusland Midcap Fonds ont annoncé fin septembre une nouvelle fermeture des volets. Explication ? L’afflux des ordres de vente était tel qu’ils n’arrivaient plus à céder leurs positions à un rythme permettant de garantir leur liquidité. Pourtant, il n’y avait pas anguille sous roche en Bourse de Moscou. Alors ?
Il y a autre chose évidemment. A savoir que le fonds immobilier MEI Properties a rencontré des difficultés et "emprunté" de l’argent à deux autres fonds du groupe. Sans en avertir les actionnaires ni les commissaires réviseurs. Fin septembre, un gros actionnaire a décidé de se porter partie civile contre MEI, ce qui a évidemment provoqué un afflux d’ordres de vente.

En  octobre, l’AFM (‘Autoriteit Financiële Markten’, l’autorité de contrôle du marché financier néerlandais) a décidé de désigner un curateur qui doit garantir les droits des actionnaires de MEI. La situation étant ce qu’elle est, il n’y a qu’une option: si vous avez des fonds de MEI, vendez-les.

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