Analyse
Sicav d’obligations convertibles : deux fers au feu il y a 7 ans - vendredi 17 décembre 2010

Après une année 2008 catastrophique, les sicav d’obligations convertibles ont dégagé d’excellents résultats en 2009 et 2010 ne sera pas mal non plus. Elles profitent de la remontée des Bourses et de la baisse de la prime de risque sur les obligations d’entreprise.

Plus-value

Nous vous avons conseillé en 2009 de diversifier votre portefeuille au moyen de sicav investissant en obligations convertibles. A nos yeux ce marché, exagérément pénalisé par la crise, constituait une opportunité. Ceux qui ont suivi nos conseils ont réalisé fin novembre une plus-value de 10, la palme revenant à DWS Invest Convertibles. Pas mal pour un placement d’un peu plus d’un an. Les dégâts occasionnés par la crise ont été compensés et le retard sur les obligations d’Etat rattrapé. D’où notre question : aujourd’hui, à quoi peut-on s’attendre ?

 

Convertibles en quoi ?

Tout comme les obligations d’entreprise, les convertibles sont émises par des sociétés qui ont besoin d’argent. La différence réside dans le fait que les secondes peuvent à un moment déterminé être transformées en actions à un prix lui aussi déterminé. Ce qui veut dire que plus l’action monte au-delà du prix d’échange, plus le détenteur de l’obligation peut faire un bénéfice costaud.

 

Il est important de savoir que le détenteur de l’obligation (ici, le gestionnaire de la sicav), peut mais ne doit pas procéder à l’échange. Il ne le fera que s’il lui paraît intéressant. Nuance toutefois : une sicav d’obligations convertibles reste une sicav obligataire. Procéder à l’échange revient à faire de cette sicav obligataire une mixte (obligations ET actions), alors que ce n’est pas forcément le but. C’est la raison pour laquelle ces actions ou ce type d’obligations sont en général vendus rapidement, dès qu’un bon bénéfice peut être réalisé.

 

Cela fait dire à certains que les (sicav d’)obligations convertibles permettent d’avoir deux fers au feu. Lorsque les marchés boursiers montent, la composante convertible de ces instruments soutient leur cours ; lorsque les marchés boursiers descendent, c’est la sécurité des obligations qui prend le dessus. Cette sécurité est cependant relative lorsque les investisseurs commencent à douter de la capacité des entreprises à rembourser les obligations, comme ce fut le cas, de façon exagérée, au plus fort de la crise en 2008.

 

En échange de l’avantage que constitue la convertibilité en actions, ces obligations offrent un coupon moins généreux. Et pour la même raison leur cours est plus sensible à l’évolution des Bourses qu’à celle des taux d’intérêt. Enfin, à l’échéance, le remboursement est fonction du prix de l’action sous-jacente, en sachant toutefois que les détenteurs d’une convertible récupéreront au moins le capital de départ.

 

Pour diversifier

Du fait du niveau actuel des taux, les entreprises préfèrent se financer en émettant des obligations classiques. L’offre en convertibles est maigrichonne. Les obligations convertibles existantes sont rares, donc chères. La loi de l’offre et de la demande joue à plein, surtout pour les obligations de qualité. Le groupe de biopharmacie UCB a pu placer avec succès un tel emprunt l’an dernier et la société d’informatique britannique Autonomy a placé avec autant de succès en février dernier une mégatranche au coupon de 3,25 %. Bref, il est encore trop tôt pour prendre son bénéfice sur les obligations convertibles.

 

Vous pouvez même acheter dans une optique de diversification. Du fait de la forte baisse des cours en 2009, nombre d’obligations convertibles sont encore correctement évaluées et leurs coupons sont toujours intéressants quand on compare à ce que donnent les emprunts d’Etat.

 

Cap sur l’international

On peut classer les sicav d’obligations convertibles selon qu’elles investissent dans des obligations européennes, asiatiques ou internationales. Nous ne sommes pas partisans des deux premières. Nous ne vous conseillons ni les paniers d’actions européennes, ni ceux d’obligations européennes. Nous ne vous conseillons pas non plus les sicav asiatiques vu qu’elles investissent beaucoup dans des devises à nos yeux devenues moins intéressantes comme le dollar australien.

 

Misez donc plutôt sur une sicav internationale, dans un but de diversification de votre portefeuille obligataire. A défaut de pouvoir vous conseiller un champion dans la catégorie ou un tracker coté en Bourse, tournez-vous vers DWS Invest Convertibles et KBC Bonds Convertibles. Dans les deux cas, le gros du portefeuille est constitué d’émetteurs américains.

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