Analyse
Face à l’instabilité des pays arabes, faut-il encore jouer la carte du pétrole ? il y a 6 ans - jeudi 14 avril 2011

Les actions pétrolières on grimpé de plus de 20 % de mars 2010 à mars 2011 tandis que le prix du baril flambait de 40 %. La Libye y est pour beaucoup. Mais les groupes pétroliers ont l’habitude de ce genre de tension politique. Leurs actions valent-elles le détour ?

Des prix qui montent

Fin mars, il fallait 116,8 dollars (= 82,30 euros) pour un baril de pétrole (159 litres). La barre symbolique des 100 dollars a été franchie allègrement et rien n’indique un retour en arrière.

Si le pétrole monte, c’est à cause de la situation dans les pays arabes et notamment en Libye, seizième producteur mondial de brut. La crainte de voir le canal de Suez ou le pipe-line de Sumed bloqués, alors que 5 % du pétrole mondial y transitent, a fait bondir les prix. Des prix déjà tendus par l’appétit de la Chine et un hiver dur en Amérique du Nord – sans oublier l’accident qui a touché un pipeline en Alaska.

Potentiel suffisant

Avec la flambée des prix, les producteurs de pétrole et les sociétés de raffinage sont au centre de l’intérêt. Pourtant, leurs prestations boursières (+ 21 % en moyenne en 2010) n’ont rien d’exceptionnel si l’on considère la progression des cours du brut (28 %). L’explication tient à la catastrophe du golfe du Mexique et surtout à la décision américaine qui a suivi, interdisant tout nouveau forage. Les principales victimes en furent BP bien sûr, mais aussi Petrobras et le constructeur de plates-formes Transocean. La sanction boursière fut de l’ordre de 10 %.

Cette année, malgré le problème des pays arabes et la fermeture de plusieurs sites de production de Repsol et de Total notamment, les investisseurs s’intéressent à nouveau aux chiffres. Notamment aux résultats opérationnels, lesquels se portent bien du fait précisément de la hausse des prix. Quoi qu’on dise, ce qui se passe dans les pays arabes n’a que peu d’impact sur les marges bénéficiaires et les ténors du secteur que sont Chevron, Exxon Mobil, Royal Dutch Shell et Total ont annoncé qu’ils allaient investir beaucoup dans l’exploration. C’est une nouvelle importante car la production et l’augmentation des réserves sont le socle des résultats futurs. Le financement des investissements en exploration se fera sans problème du fait de la hausse du prix du brut. Le rendement actuel sur dividende (2,3 %) est garanti, au minimum. Tout bon pour l’actionnaire.

 

L’augmentation constante de la demande en pétrole, l’amélioration des perspectives qu’offrent les entreprises du secteur et le niveau raisonnable de leur cours boursier font qu’à nos yeux ces actions présentent un potentiel suffisant pour être prises en considération au titre de diversification.

Comment y investir ?

Plusieurs variantes s’offrent à vous. Il y a les sicav investissant essentiellement en actions cotées sur les marchés boursiers européens. Une catégorie dans laquelle BNP P L1 Equity Europe Energy se détache du lot. Son portefeuille met l’accent sur les grands du secteur que sont BP (Royaume-Uni), Royal Dutch Shell (Royaume-Uni/Pays-Bas) et Total (France). Le côté européen de ces sicav doit toutefois être nuancé, ces géants travaillant évidemment à l’échelon mondial.

Mais il serait dommage de se priver des grands noms américains du secteur, lequel est tout aussi intéressant sur le plan des perspectives. En la matière, nous vous conseillons KBC Equity Oil qui a aussi en portefeuille des valeurs comme Exxon Mobil et la très intéressante Chevron. Le fait que l’accent soit mis sur ces géants quelque peu négligés alors qu’ils disposent d’imposantes réserves nous paraît être un plus.

Il y a enfin l’alternative du tracker Amundi ETF MSCI World Energy (Euronext Paris, FR0010791145, tic-ker: CWE), qui suit les 100 plus grandes entreprises du secteur.

Des sauts de cabri

Le prix du pétrole est capable de véritables sauts de cabri. Le record date de la mi-2008. A cette époque, le baril était monté à 146 dollars. En raison de la faiblesse du dollar, mais aussi de problèmes liés à la production et de la tension avec l’Iran, qui s’était livré à des tests de missiles. Mais la crise économique a balayé les pronostics des uns et des autres et le cours du brut s’est littéralement effondré. En décembre 2008, on était retombé à 34 dollars ! Fin mars dernier, on était remonté à 115 dollars. A cause de la reprise économique, de la baisse des réserves en Occident, de la forte demande en provenance d’Asie et des tensions dans les pays arabes.

 

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