Analyse
Énergies alternatives : intéressant ? il y a 6 ans - vendredi 20 mai 2011

Les actions des entreprises du secteur des énergies alternatives ont affronté des vents contraires en Bourse. La catastrophe au Japon et la hausse du prix des énergies fossiles vont-elles entraîner un revirement ?

L’offre

Il existe pas mal de sicav proposant d’investir dans les énergies alternatives. Les mieux gérées sont BlackRock New Energy, DWS Invest Clean Tech et Pictet Clean Energy. Ces sicav investissent pour moitié environ en actions américaines; pour le reste, elles se concentrent sur les grands noms comme Iberdrola Renovables, First Solar, Johnson Controls, Véolia Environnement et Vestas Wind Systems.

 

Le marché vous offre aussi toute une série de trackers. Les mieux gérés sont Lyxor ETF New Energy et Powershares Global Clean Energy, le second investissant surtout en (plus) petites valeurs. Ces trackers sont cotés sur Euronext Paris.

 

Enfin, à côté de cette offre déjà généreuse, il y a aussi des sicav misant sur les actions de sociétés spécialisées dans les énergies éolienne et solaire.

Du top au flop

Le secteur a surtout connu le succès en Bourse entre 2005 et 2007. La valeur des actions concernées a quadruplé alors que dans le même temps le prix du pétrole doublait. Et de fait, plus le pétrole est cher, plus les alternatives (plus chères au départ et moins efficientes) suscitent l’intérêt. Les petites valeurs du secteur ont aussi bénéficié des apports en argent frais des capital-risqueurs et d’une demande artificiellement entretenue pour leurs produits qui s’explique, pour une part au moins, par les subsides de toutes sortes – où que ce soit dans le monde.

Quant au petit investisseur, il est passé à côté de la montre en or. Pourquoi ? Parce que quasiment toutes les sicav et tous les trackers qui sont à sa disposition ont été créés en… 2007, l’année du sommet. Aujourd’hui, on est redescendu. Fameusement même : 70 % plus bas ! Et ce alors que les marchés boursiers dans leur ensemble ont finalement limité les dégâts.

 

Comment expliquer un tel reflux? Après l’euphorie, c’est le retour sur terre : nombre d’entreprises du secteur n’ont pu honorer leurs prévisions, le doute s’est installé sur la poursuite des politiques de subside, les mesures de soutien public ont pris du retard, les législations environnementales sont sans cesse revues, les potentiels bénéficiaires se sont érodés et, ce qui a sans doute été le coup fatal, les banques ont commencé à refuser les financements, ce qui retardé, ajourné ou supprimé nombre de projets.

La récente catastrophe nucléaire au Japon apparaît pour le secteur comme un moment clé, l’occasion d’un revirement. Les gouvernements envisagent à nouveau de mettre l’accent sur les énergies alternatives, solaire et éolienne surtout. Les plans rangés dans les tiroirs sont ressortis de leurs cartons. Peut-on en déduire pour autant que c’est la lumière au bout d’un long tunnel ?

Demain

Même si les perspectives de croissance de certaines entreprises du secteur des énergies alternatives restent favorables, il ne nous semble pas que le temps soit mûr pour y investir via une sicav. A leurs cours actuels, les grandes valeurs (occidentales) du secteur sur lesquelles misent les sicav n’offrent que peu de potentiel.

En ce qui concerne l’éolien, les grands acteurs sont le leader (danois) du marché Vestas Wind Systems, Gamesa (Espagne), Nordex et Repower (Allemagne). Hors Europe, on trouve surtout de jeunes sociétés comme Suzlon (Inde) et Goldwind (Chine). Le secteur dépend fortement du soutien public sous la forme de subsides, de primes, de certificats verts et autres crédits d’impôts. Ce soutien va baisser (fortement) à terme, surtout dans les pays confrontés à d’importants problèmes budgétaires. Et il faut aussi compter avec une certaine surcapacité que l’arrivée des acteurs asiatiques va encore accroître, si bien qu’il y a un risque de guerre des prix, donc de pression sur les marges et la rentabilité. Enfin, les cours de ces actions sont souvent surévalués. Bref, investir dans l’éolien n’est pas intéressant en ce moment.

Pour le solaire, il y a un point positif, la forte baisse du coût de fabrication des panneaux. Mais il y a du négatif aussi et une fois encore il s’agit de la baisse attendue du soutien public mondial. Dans notre pays, mais aussi en Allemagne, qui utilise la moitié des panneaux fabriqués dans le monde. Les subsides au kilowatt/heure solaire vont baisser d’année en année, ce qui va peser sur la rentabilité d’un secteur déjà menacé par la surcapacité (en provenance d’Asie). Il faut aussi compter avec la hausse du prix du silicium, le matériau de base des cellules solaires. Certaines actions occidentales fort représentées dans les sicav, comme SolarWorld et Renewable Energy, sont surévaluées.

Nous sommes en revanche acheteurs de l'action chinoise du secteur JinkoSolar.

 

 

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