Analyse
Le Chili a cessé de trembler il y a 6 ans - mercredi 18 mai 2011

Bien remis du terrible tremblement de terre qui l’a secoué en février 2010, le Chili affiche de nouveau une santé insolente, pour le plus grand bonheur des investisseurs qui ont suivi notre conseil d’achat sur les actions chiliennes. Etat des lieux.

Croissance forte et équilibrée

Malgré un 1er trimestre logiquement morose en raison du tremblement de terre, le Chili a finalement affiché une croissance de 5,2 % sur l’ensemble de l’année dernière en s’appuyant sur toutes ses composantes pour rebondir. Sans excès, et en puisant dans ses réserves financières, le gouvernement a augmenté ses dépenses, le vaste programme de reconstruction a profité à l’immobilier, aux machines et aux biens d’équipement, et le taux de chômage baissant, la consommation des ménages est restée soutenue. Quant aux exportations, cuivre en tête, elles ont profité à plein de l’envol du prix des matières premières.

Cuivre et peso au plus haut

La flambée des prix des matières premières est une des principales raisons du dynamisme économique chilien. Si la valeur des exportations a ainsi bondi de 31,5 % en 2010, c’est surtout grâce à la hausse de 29,7 % des prix, les volumes n’ayant progressé que de 1,4 %. La forme du Chili et sa spécialisation dans le cuivre ont alors attiré les investisseurs, propulsant les indices boursiers vers les sommets à l’automne 2010. D’un autre côté, cela a aussi provoqué une forte appréciation du peso et le gouvernement, longtemps passif, a finalement réagi, essayant depuis le début de cette année d’orchestrer la baisse de sa monnaie.

Trou d’air passager

Intervention sur le marché des changes, léger repli du prix du cuivre et durcissement monétaire pour contrer l’inflation ont certes fait chuter la Bourse début 2011, mais celle-ci s’est nettement reprise depuis. Résultat, le fonds fermé Aberdeen Chile Fund et le tracker iShares MSCI Chile Investable Market Index Fund ont gagné respectivement 36 et 28 %, après conversion en euro, depuis notre conseil d’achat en mars 2010. A l’avenir, ralentissement de la croissance mondiale oblige, le Chili pourrait pâtir d’une baisse de la demande pour les matières premières. Ceux dont l’horizon de placement est plutôt court ont donc intérêt à prendre leurs bénéfices. A plus long terme, ces fonds chiliens peuvent être conservés.

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