Analyse
Investir dans le secteur alimentaire ? il y a 6 ans - mercredi 13 juillet 2011

Réductions des coûts, développement des marques à succès, investissements dans les pays émergents : le secteur alimentaire met tout en œuvre pour assurer les bénéfices de demain. Notre préférence va au sicav misant sur les biens de consommation non cycliques.

Matières premières

Qu’il s’agisse du grain (+80 %), du café (+89 %), du soja (+27 %), du froment (+27 %) ou de la viande (+33 %), la hausse des prix des matières premières cette année est impressionnante. Et ce n’est sans doute pas fini quand on voit la demande en provenance des pays émergents ! Ces hausses ont des répercussions sur les entreprises du secteur alimentaire, à l’instar des géants Anheuser-Busch InBev (premier groupe brassicole au monde), Danone (numéro un dans les secteurs du lait et de l’eau en bouteille) et Nestlé (premier groupe alimentaire au monde), qui ne peuvent reporter d’un trait arithmétique la hausse de leurs coûts d’approvisionnement sur les prix au consommateur. Heureusement ils sont bien armés pour maintenir leurs confortables marges bénéficiaires.

Choix stratégiques

De fait, pour préserver ses marges, le secteur a développé une stratégie qui tourne autour de trois grands axes.

Il compte d’abord sur les réductions de coûts. Améliorer sans cesse les processus de production et se lancer dans des acquisitions pour dégager des synergies et des économies d’échelle. Pensez à Coca-Cola (qui a acquis l’embouteilleur Coca-Cola Enterprises), à Kraft Foods (qui a fait main basse sur le producteur de chocolat Cadbury), à Pernod Ricard (qui a repris le groupe de Vodka Absolut) et à Unilever (qui a acheté les produits capillaires Alberto Culver). Ces acquisitions ont un coût financier, mais les entreprises drainant énormément de cash, le remboursement des dettes est assuré et les généreux dividendes ne sont pas remis en question.

Les acteurs du secteur mettent aujourd’hui l’accent sur les marques à succès comme Activia (yogourt, Danone), Leffe (bière d’abbaye, Anheuser-Busch InBev) ou Chivas (whisky, Pernod Ricard). Des marques qui ont bien résisté à la crise et qui en plus se vendent à des prix élevés, assurant de confortables marges. Le groupe suisse Nestlé a décidé, lui, de se lancer dans ce qu’on appelle le nutritionnel (= alimentation utilisée dans les régimes accompagnant le traitement de diverses maladies) et a repris Prometheus Labs, un spécialiste des affections gastro-intestinales.

Les marchés occidentaux étant plus ou moins saturés, les grands groupes se tournent désormais aussi vers les pays émergents où une classe moyenne se met en place. Le fabricant britannique de spiritueux Diageo a ainsi racheté le leader du marché turc, Mey Içki. La croissance sur ce type de marché est forte, mais la rentabilité laisse encore à désirer (infrastructures insuffisantes, concurrence avec des marques locales peu chères).

Quelles sicav ?

Les (confortables) marges bénéficiaires, les bilans costauds (endettement gérable) et des dividendes généreux font que ce secteur vaut la peine de s’y intéresser par le biais d’une sicav d’actions de biens de consommation.

Les portefeuilles des sicav sont parfois fort différents. Il est vrai que la consommation, cela va des boissons à l’automobile, du nutritionnel à la machine à laver. De plus certaines sicav investissent dans le monde entier, d’autres en Europe seulement. En soi, ce dernier point n’a pas beaucoup d’importance vu que tous les gestionnaires misent sur les grands groupes et que ceux-ci sont de toute façon présents sur tous les marchés mondiaux.

Nous ne retiendrions pas les sicav misant sur les biens de consommation cycliques comme l’automobile (Ford, Renault, Volkswagen), le petit électroménager (Philips) et les médias (Apple, Time Warner). Elles sont (souvent) reconnaissables à leur appellation ‘discretionary’. Nous trouvons par exemple le gros des constructeurs automobiles (à l’exception de Peugeot) trop chers en ce moment. Bref, ne retenez pas Robeco Global Consumer Trends Equities D (Rabobank.be) et ING (L) Invest Consumer Goods.

Par contre nous sommes intéressés par “l’autre” catégorie, celle des biens de consommation non cycliques. Les gestionnaires de ces sicav misent surtout sur l’alimentation et les boissons où l’on rencontre des vedettes comme Coca-Cola, Danone ou Nestlé. Mais aussi sur le... tabac (Altria, BAT, Impe-rial Tobacco), les produits d’entretien (Procter & Gamble, Unilever) et les cosmétiques (L’Oréal). Ces sicav sont (souvent) reconnaissables à leur appellation ‘food & beverages’ ou ‘staples’. A leur cours actuel ces actions offrent à notre avis davantage de potentiel.

Quatre produits nous semblent intéressants et de valeur équivalente. Optez pour celui qui est le plus facile à acquérir pour vous.
- BNP Paribas L1 Equity Europe Consumer Goods
- KBC Equity Food & Personal Products
- le tracker SPDR MSCI Europe Consumer Staples (Euronext Paris, FR0000001745, ticker: STS)
- ING Daily Consumer Goods Fund (Euronext Amsterdam, NL0000289767, INGDC). 
 

 

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