Analyse
Les télécoms, ça bouge ! il y a 6 ans - jeudi 22 septembre 2011

Quelles sicav et quels trackers choisir ?

Les actions du secteur des télécoms offrent une valorisation bon marché, un rendement sur dividende élevé et un caractère relativement défensif. Ce sont d’indéniables atouts. Mais le secteur doit aussi relever le défi des réglementations contraignantes et de la montée en puissance de l’internet mobile. Le secteur a connu des temps houleux ces dernières années. Si en 2008, année boursière catastrophique, son caractère défensif (= peu sensible à la conjoncture, rendement sur dividende élevé), lui a permis de résister mieux que les autres, depuis 2009 il fait moins bien que la Bourse dans son ensemble malgré des bénéfices relativement élevés. Pourquoi les valeurs télécoms, bon marché, n’intéressent-elles plus les investisseurs ?

 

Facteurs négatifs

La raison première est une réglementation de plus en plus contraignante, surtout en Europe. Le secteur a dû revoir à la baisse les tarifs des communications internationales et de terminaison mobile, deux vaches à lait qui alimentaient généreusement les bénéfices d’opérateurs mobiles comme Proximus (Belgacom) et Mobistar.

 

Il y a aussi la férocité de la concurrence, surtout celle de l’internet mobile, lequel progresse à pas de géant grâce à la multiplication des smartphones (comme l’iPhone de Apple) et des tablettes (comme l’iPad de… Apple). Surtout qu’il apparaît maintenant que le client est disposé à dépenser plus en applications (App Store, Android Market) qu’en services de téléphonie classique. Là, ce ne sont plus les télécoms mais les géants Apple et Google qui sont les gagnants. Cela n’a pas échappé aux investisseurs, qui craignent que ces géants dictent leur loi. Les opérateurs de télécoms comme Deutsche Telekom, France Télécom et Telecom Italia se verraient alors ramenés au rang de simples gestionnaires d’infrastructures qui ne seraient plus rémunérés que sur la seule base du volume de circulation des données qui passent par eux.

 

Nouveaux défis

Face à cela, les opérateurs classiques (fixe et mobile) font tout pour sauvegarder leurs bénéfices. Au menu il y a la réduction des coûts, une croissance davantage maîtrisée (notamment dans les pays émergents) et les accords de collaboration (comme entre Vodafone et Telefónica). Les fusions et acquisitions, surtout dans un marché aussi fragmenté que celui de l’Union européenne, sont aussi du domaine des possibilités. Même si, comme l'illustre l’avis défavorable des autorités américaines à la fusion entre AT&T et T-Mobile USA, la filiale américaine de Deutsche Telekom, la question de préservation d'une concurrence suffisante au sein du secteur ainsi que l'attachement des pays européens à leurs symboles nationaux freinent les choses.
L’internet mobile offre aussi des opportunités. Parmi celles-ci les plates-formes d’application alternatives pour concurrencer Apple et Google. La circulation des données est par ailleurs toujours facturée au prix fort, ce qui fait qu’un utilisateur d’un smartphone est environ 1,5 fois plus rentable qu’un client ordinaire. L’internet mobile pourrait enfin déboucher sur de nouvelles applications comme la géolocalisation (= offre de services et de communication commerciale sur mesure où que soit le client).

 

A notre avis le cours des actions télécom est fortement teinté de pessimisme. Les bénéfices, même s’ils sont mis sous pression, restent élevés et la plupart des sociétés du secteur sont peu endettées. Autre facteur à prendre en compte, le rendement sur dividende est confortable et la plupart des opérateurs ont récemment confirmé que le dividende ne baisserait pas au cours des deux à trois prochaines années. A leur cours actuel, les valeurs télécom conservent donc un joli potentiel et méritent une place dans tout portefeuille diversifié.
Utilisez nos sélecteurs d’actions et de sicav.

 

Sicav ou tracker

 
Vous avez le choix entre les sicav et les trackers cotés en Bourse qui investissent soit à l’échelon mondial (30 % à 40 % aux Etats-Unis, 10 % en Asie et le reste surtout en Europe) ou à l’échelon européen seulement (40 % au Royaume-Uni, 15 % en Espagne, 10 % en France et 10 % en Allemagne). Les deux catégories se valent. Les fonds internationaux misent notamment sur le géant américain AT&T. Les fonds européens ont en portefeuille, entre autres, l’espagnol Telefónica et le britannique Vodafone.

 

Il ne vous reste plus qu’à choisir le bon instrument de placement. Côté sicav les meilleures de leur catégorie en termes de rendement, de risque et de régularité sont BNP Paribas L1 Equity Europe Telecom et BNP Paribas L1 Equity World Telecom. Elles misent surtout sur les grands cablo-opérateurs comme Deutsche Telekom et BT.

 

Côté trackers, à l’exception de Lyxor ETF MSCI World Telecommunication Services (Euronext Paris, ticker : TELW ; à notre avis un peu trop nouveau sur le marché pour juger), l’accent est mis sur l’Europe. Compte tenu du rapport risque prestations, notre préférence va à EasyETF Stoxx Europe 600 Telecommunications (Euronext Paris, FR0007068044, ticker SYT), dont le portefeuille compte 21 actions, parmi lesquelles Vodafone et Telefónica.

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