Analyse
Les sicav obligataires en septembre il y a 5 ans - mercredi 12 octobre 2011

Quelle fut le mois dernier l’évolution des devises et des sicav qui y investissent au travers d’obligations ?

Euro malmené

La Banque centrale européenne (BCE) était au cœur de l’actualité le mois passé. L’institution a exprimé son pessimisme en matière de perspectives économiques et dit s’attendre à voir l’inflation se tasser. Les investisseurs en ont conclu que la probabilité de voir monter les taux à court terme était devenue quasi nulle. Ils ont même envisagé une baisse qui n’est finalement pas intervenue. Quoi qu’il en soit, l’idée que les taux puissent baisser, rendant au passage les actifs en euro moins attrayants, les a détournés de l’euro. Ajoutez-y le regain d’inquiétude à propos de la Grèce en particulier et de la crise de la dette en général, ainsi que la division au sein de la BCE sur l’attitude à prendre à l’égard des problèmes d’endettement, vous comprendrez qu’il n’y a rien d’étonnant au fait que l’euro ait fait machine arrière en septembre. La monnaie unique a perdu 6,1 % par rapport au dollar et 6,8 % par rapport au yen.

 

Nous ne nous attendons cependant pas à voir l’euro s’effondrer par rapport au dollar. Les Etats-Unis sont eux aussi confrontés au ralentissement de leur croissance économique. De plus, l’Oncle Sam souffre également de problèmes de déficit budgétaire et de dette publique, pires mêmes que ceux de la zone euro. D’ailleurs si les Etats-Unis devaient à nouveau prendre des mesures de stimulation économique, il y a gros à parier que le dollar serait soumis à une pression renouvelée.

 

Qualité obligataire

Les sicav d’obligations en euros ne sont pas concernées par les fluctuations monétaires, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne fluctuent pas. Ainsi Parvest Bond Euro a perdu 1,4 % le mois dernier alors que BGF Euro Bond A a gagné 0,5 %. Pourtant elles placent toutes deux dans des les emprunts d’Etat de la zone euro.

 

Mais, la crise l’a montré, telle obligation d’Etat n’est pas l’autre. Sur ce marché aussi chacun cherche la qualité. C’est pourquoi la sicav de BlackRock (BGF), dont le portefeuille comprend davantage d’emprunts allemands et néerlandais, fait mieux que sa consoeur Parvest. Les obligations de l’Etat allemand ont vu leur valeur gagner 1,5 % environ en septembre alors que leurs équivalents italiennes ont perdu 2,8 %.

 

Nous resterions à l’écart des sicav d’obligations d’Etat en euros pour la simple raison que d’autres catégories présentent un potentiel nettement plus élevé. Il est important de miser sur les obligations de pays qui n’ont pas de problèmes et/ou en devises qui à terme devraient s’apprécier par rapport à l’euro.

 

Pour les placements à revenu fixe en euros, la meilleure solution est en ce moment le compte d’épargne. Prenez connaissance des meilleures conditions.

Dollar en forme

On ne peut passer sous silence la performance des obligations en dollar. Leur progression moyenne est de 8,3 %. Grâce surtout à l’appréciation du dollar (+7,3 %). Parvest Bond USD, qui mise essentiellement sur les emprunts d’Etat, distance toutes les autres.

 

La relative bonne santé du billet vert explique aussi que les sicav de placements à court terme en dollars (liquidités et obligations dont la durée restant à courir est de moins d’un an) soient parmi les gagnants du mois écoulé. Dexia Money Market USD et consorts ont progressé de 7,3 %.

 

Pour le moment nous ne vous conseillons pas les obligations en dollar. Le billet vert est toujours fortement sous-évalué et dispose d’un potentiel important. Mais nous attendrions de meilleures circonstances pour acheter. A l’heure actuelle il vaut mieux se tourner vers le dollar canadien ou la couronne suédoise.

Yen surévalué

Les autres gagnants du mois sont les sicav d’obligations d’Etat en yens japonais. KBC Renta Yenrenta (+7,1 %) et Parvest Bond JPY ont sensiblement progressé et ce n’est sûrement pas le rendement de ces emprunts qui l’explique. Le rendement des obligations de l’Etat japonais ne dépasse pas 0,6 % par an. Leurs bonnes prestations sont donc dues exclusivement à la bonne tenue du yen, lequel s’est apprécié de 6,5 % le mois dernier.

La vigueur du yen peut étonner, mais elle s’explique. Primo, le tremblement de terre et le tsunami de mars dernier pèseront moins sur l’économie que ce que l’on avait craint. La production industrielle revient progressivement à son niveau d’avant les faits. Secundo, les Japonais continuent à rapatrier des capitaux de l’étranger. Et tertio, les gestionnaires de fonds (de fonds à effet de levier surtout) qui ont spéculé contre le yen se voient aujourd’hui contraints de racheter des devises en masse vu qu’ils ont fait fausse route, une erreur coûteuse.

Il ne faut pas en déduire que tout va bien au Japon. Cette économie fortement exportatrice souffre du ralentissement de la croissance mondiale et l’appréciation du yen n’est sûrement pas un cadeau pour les industriels nippons. Les coûts de la reconstruction des zones touchées par le tsunami vont peser sur la dette publique, laquelle est déjà massive.

 

Franc suisse en disgrâce

Le perdant du mois écoulé est le franc suisse : -4,7 %. KBC Renta Swissrenta, une sicav investissant en emprunts de la Confédération helvétique, n’a perdu que 3,3 % grâce à la baisse des taux suisses. Comme on sait, une telle baisse a toujours un effet positif sur les cours des obligations existantes. Mais la baisse du franc a été telle que cet avantage n’a pu la compenser.

 

Depuis que la banque centrale helvétique a annoncé que le franc de pourrait plus descendre sous la parité de 1,20 CHF pour un euro, le vent a tourné et les capitaux ont reflué. Pour le moment nous ne sommes plus acheteurs de sicav obligataires dans cette devise.

 

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