Analyse
Sicav d’obligations : le bilan du mois de février il y a 5 ans - vendredi 16 mars 2012

Euro en vedette, Japon en mode suisse et couronne suédoise en forme.

L'euro en vedette

Celui qui pensait que la crise économique pousserait l'euro dans les cordes en aura été pour ses frais, la monnaie unique s'appréciant par rapport à la plupart des autres devises. Le dollar américain a ainsi perdu plus de 2 %, la livre britannique près de 1 % et le yen 7,8 % ! Même les devises liées aux matières premières comme le dollar
canadien (-0,4 %) et le dollar australien (-0,5 %) ont dû s'avouer vaincues.

Cette santé éclatante affichée par notre devise s'explique à vrai dire par de bons chiffres macroéconomiques (en provenance d'Allemagne surtout), les mesures budgétaires crédibles en Italie et Espagne et le plan de sauvetage de la Grèce : une combinaison d’aide européenne et du FMI et d’abandon de créances de la part du secteur privé, en échéance d’un contrôle plus sévère des déficits budgétaires.

Baisse des taux

Les sicav d'obligations en euro ont connu un excellent mois de février, Aviva Investors Long Term European Bond gagnant même 3,1 % après la nouvelle baisse de (la plupart des) taux obligataires en euro. Pareil scénario est en effet favorable au portefeuille d'un fonds de placement dans la mesure où les obligations qui y figurent déjà deviennent alors relativement plus intéressantes du fait de leur coupon plus élevé. Il en résulte une hausse de leurs cours et donc aussi de la valeur d'inventaire du fonds de placement en question.

La détente des taux sur les marchés obligataires dans la zone euro peut sembler étrange à un moment où une agence de rating comme Moody’s annonce des dégradations des ratings pour l'Italie, le Portugal et l'Espagne par exemple. Normalement, pareilles dégradations, qui indiquent un risque de crédit accru, devraient en effet être compensées par une hausse des taux obligataires et donc une baisse des cours obligataires. Or, c'est exactement l'inverse qui s'est produit en raison des liquidités injectées massivement dans le système par la Banque centrale européenne. Des liquidités qui permettent aux placements obligataires de trouver rapidement acquéreurs à des taux qui plus est moins élevés. Cette situation ne durera bien sûr pas éternellement et nous voyons dès lors les taux obligataires augmenter à long terme dans la zone euro. Misez donc en première instance pour vos placements à taux fixe en euro sur un bon compte d'épargne


Le japon en mode suisse

Une seule catégorie de placements a réellement souffert le mois dernier, à savoir les sicav misant sur les obligations en yen, comme KBC Renta Yenrenta et Parvest Bond JPY qui ont toutes deux perdu 7,9 %. En cause, la faible performance du yen sur les marchés des changes en février. Après la Banque centrale suisse, la Banque centrale japonaise est donc la deuxième institution monétaire à orienter ouvertement et radicalement le taux de change de sa devise. Mais même après sa baisse, le yen reste cher et nous n'attendons pas grand-chose de bon de ce côté à court terme. Vendez.

La couronne suédoise en forme

La sicav KBC Renta Sekarenta (+ 0,4 %), une des rares dans notre pays à miser exclusivement sur des obligations (d'Etat) en couronne suédoise, n'a heureusement pour elle pas connu le même sort que les sicav d'obligations en yen. La sicav a dû exclusivement son gain à la jolie forme de la couronne suédoise en euro (+ 1,3 %). Même si la crise économique en Europe touche durement l'économie suédoise, le pays affiche toujours une croissance plus solide et peut en outre s'appuyer sur des finances publiques saines. De quoi attirer l'investisseur.

Affichant une sous-évaluation de plus de 10 %, la couronne suédoise peut être qualifiée de bon marché. Ajoutez-y les finances saines et vous comprendrez qu'un placement en obligations en couronne suédoise représente un must pour la plupart des portefeuilles. La sicav précitée de KBC reste dès lors à l'achat.

 

Partagez cet article