Analyse
Sicav d’actions en mars : mois favorable sur la plupart des marchés il y a 5 ans - mardi 17 avril 2012

Même si quelques statistiques économiques défavorables ont çà et là gâché l’ambiance, mars a été un mois favorable sur la plupart des marchés boursiers. Mais pas dans les pays émergents, victimes du soulagement créé par l’apparente maîtrise des problèmes d’endettement de l’Europe.

Le mois dernier les marchés boursiers mondiaux ont en moyenne gagné 0,6 %, ce qui a placé le compteur à +10 % depuis le début de l’année. Vu les circonstances, en premier lieu la crise de la dette en Europe, on peut considérer que c’est un petit miracle. Un petit miracle qui repose sur les conditions de crédit inédites que la Banque centrale européenne (BCE) a consenties aux institutions financières. De quoi donner à la zone euro l’oxygène qui lui manquait.

 

Les investisseurs ont été soulagés d’apprendre à la fin du mois l’élargissement à 800 milliards d’euros du fonds d’urgence européen, qui a été vu comme un pas dans la bonne direction pour s’attaquer aux problèmes d’endettement excessif du Vieux continent. Cette information, attendue depuis longtemps, a fait l’effet d’une éclaircie dans un ciel sombre. Les sicav d’actions de la zone euro en ont profité pour gagner 0,4 % en moyenne. La meilleure de sa catégorie, BlackRock GF Euro-Markets A, a été à la hauteur de sa réputation : + 1,5 % en mars.
Ce grâce au brasseur belgo-brésilien AB InBev (+8,7 %) et à Deutsche Bank (+6,1 %) d’une part, grâce à la volonté de ses gestionnaires de ne quasiment rien investir en actions espagnoles d’autre part, actions espagnoles qui ont connu un mois désastreux (-4,5 %).

 

Bruxelles se distingue

En mars, les sicav d’actions belges ont vu leur valeur d’inventaire progresser de 3 %. Aucune autre catégorie géographique n’a fait aussi bien. AXA B Fund Equity Belgium a dépassé tout le monde avec un score de +5,7 % grâce à des choix judicieux comme Euronav (+25,5 %) et Barco (+9,9 % après la publication de bons résultats et de bonnes perspectives). ING (B) Invest Belgian High Dividend par contre n’a fait ‘que’ +1,6 %. Le groupe chimique Solvay, un de ses postes les plus lourds, a perdu 4 % en mars.

 

Pays émergents

Alors que les sicav d’actions américaines (+2,6 %) et européennes (+0,7 %) ont sauvé la mise le mois dernier, on ne peut en dire autant des pays émergents. Les sicav spécialisées misant sur l’Asie (-2,3 %), l’Amérique latine (-3,1 %) et l’Europe de l’Est (-2,9 %) ont souffert, sans exception.

 

Il y a pire. Les sicav investissant dans ces trois régions du monde ont vu leur valeur d’inventaire reculer de 3,6 %. Comment expliquer cette situation ? En fait, les sicav dites de pays émergents investissent sur les marchés boursiers des pays ‘BRIC’, c’est-à-dire le Brésil (-5,8 %), la Russie (-5 %), l’Inde (-4,9 %) et la Chine (-6,5 %), c’est-à-dire aussi les pays qui ont affronté les vents les plus contraires. C’est au départ de ces pays dont les marchés boursiers sont les plus liquides que les capitaux ont fui le plus vite et le plus fort.

 

Le mouton noir de la catégorie est KBC Equity BRIC (-6,4 %), dont les gestionnaires investissent beaucoup en Chine via un fonds de placement maison, Horizon Access China (-8,1 %), et via une sélection d’actions chinoises cotées en Bourse de Hong Kong comme CNOOC (pétrole, -10 %) et ICBC (plus grande banque chinoise, -11,6 %). Carmignac Emergents (-0,3 %) prouve qu’il n’y a pas de fatalité. Cette sicav n’a perdu que peu dans un marché pourtant en pente savonneuse. Une performance qu’elle doit à la présence dans son portefeuille d’Ambev (filiale brésilienne ABInBev, +3,8 %), Want Want China Holdings (alimentation, +12,8 %) et Samsung Electronics (Corée du Sud, +4,9 %).

 

Si les capitaux ont quitté les pays émergents, c’est parce que les perspectives économiques s’y sont assombries (croissance plus faible, inflation plus forte), mais surtout parce que le ciel a donné quelques signes d’éclaircissement aux Etats-Unis (croissance économique) et en Europe (maîtrise de la crise de la dette). N’en tirez pas de conclusions hâtives, ce mouvement est exagéré. Les pays émergents, c’est vrai, revoient leurs ambitions à la baisse, mais la croissance y reste considérable quand on compare à l’Occident. Leurs gouvernements ont aussi pris des mesures visant à (surtout) encourager la consommation et leurs banques centrales gardent un oeil de plus en plus attentif sur l’évolution de l’inflation.

 

C’est tellement vrai que pour nous il faut surtout voir dans ce reflux une opportunité d’achat. Mais pas pour n’importe quoi. Selon votre horizon temporel et votre attitude face au risque, il faut distinguer entre d’une part la Chine, le Brésil, l’Inde et la Russie (long terme) et d’autre part l’Europe de l’Est, la Pologne par exemple (long terme).

 

Les technos à la fête

La catégorie championne du mois de mars est aussi celle de février, les sicav du secteur technologique, avec une progression moyenne de 3,8 %. SSgA Technology Index a fait mieux encore avec + 5,1 %. Cette sicav a misé pas moins de 85 % de son avoir en valeurs technologiques américaines, qui ont gagné 5,6 % le mois dernier. C’est nettement mieux que leurs équivalentes européennes (+3,2 %). Son portefeuille brille de mille feux grâce à Apple (+11 %), Google (+4,2 %) et IBM (+6,5 %).
Compte tenu des cours boursiers actuels et de ses perspectives bénéficiaires, le secteur ne figure pas (encore) parmi nos favoris.

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