Analyse
L’Egypte n’est pas sortie de l’auberge il y a 5 ans - jeudi 12 juillet 2012

Ceux qui espéraient voir les élections apporter la sérénité sur la Bourse égyptienne en sont pour leurs frais. La Bourse du Caire a perdu 9 % en juin.

Faut-il vendre le tracker Market Vectors Egypt Index ETF (ticker EGPT à New York, US57060U5487), le seul instrument qui permette en ce moment à un investisseur étranger de miser sur la Bourse du Caire ? Nous pensons que non.

 

Un coup dans l’eau

Juin 2012 devait être un grand mois pour l’Egypte. Après la chute de Moubarak en février 2011, le pays avait opté pour une approche démocratique. Un Parlement devait être élu, puis un président, l’armée devait céder le flambeau au pouvoir démocratique et le pays devait consacrer ses forces à son développement économique, appuyé par les capitaux étrangers.

 

Les choses ont tourné autrement. Peu avant les élections présidentielles, la Cour suprême égyptienne a dissous le Parlement pour cause d’irrégularités. Tous les pouvoirs sont retournés à l’armée. Les élections présidentielles ont eu lieu, mais ont aussi été entachées d’irrégularités qui ont retardé la publication du résultat. Finalement c’est Mohamed Morsi (Parti de la Liberté et de la Justice, formation politique issue des Frères Musulmans) qui est vainqueur. Son rival, Ahmed Shafiq, ex-premier ministre de Moubarak, n’a échoué que de peu. En attendant qu’un nouveau Parlement soit élu, Mohamed Morsi va devoir collaborer avec l’armée.

 

Bourse en repli

Ce qui devait être un moment d’euphorie a tourné en eau de boudin : la Bourse du Caire a perdu 9 %. Vu l’impasse politique dans laquelle il se trouve, le pays joue avec son avenir. Les capitaux, qu’ils soient nationaux ou internationaux, s’évadent, ce qui est dramatique pour l’économie locale. En outre, l’instabilité politique éloigne les touristes.

 

Quitter le navire ?

Les récents événements vont entraîner un retard dans le redressement économique et la stabilité politique. Mais le potentiel du pays est intact : démographie favorable, population jeune, matières premières abondantes, tourisme, pas de crise bancaire. Il devrait être possible de dégager à long terme une croissance économique de 5 % par an, voire plus. La perspective d’une stabilité politique avait fait grimper la Bourse du Caire de 25 % en quelques mois. On en reviendra là tôt ou tard.

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