Analyse
L’Inde travaille à son redressement il y a 4 ans - vendredi 19 octobre 2012

Croissance en baisse, situation politique complexe, inflation vorace : la Bourse de Bombay souffre. Beaucoup d’investisseurs se sont découragés. A tort. L’Inde entame une série de réformes prometteuses.

La Bourse de Bombay est correctement évaluée. Les sicav d’actions indiennes restent conseillées aux portefeuilles neutres et dynamiques à dix ans, à concurrence de 5 % de l’avoir total.

 

ACHETEZ Aberdeen Global Indian Equity A2, CONSERVEZ Franklin India A EUR ou Franklin India A USD qui restent très bien gérées mais dont la performance des cinq dernières années (1,8 %) est inférieure à celle d’Aberdeen (5,4 %).
Ces trois sicav ne suivent pas aveuglément leur indice de référence (même si on y trouve certains incontournables), mais s’intéressent à des sociétés locales performantes.
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Petit creux

Face à une inflation proche de 8 %, une croissance à son plus bas sur dix ans, un déficit budgétaire et commercial qui gonfle, une situation politique compliquée, de moins en moins de monde investit en Inde. La Bourse de Bombay a fait moins bien que les autres Bourses asiatiques pour la première fois depuis des années. Et la roupie a perdu du terrain par rapport à l’euro. Pourtant, détenir une part limitée (5 %) en actions indiennes est un must pour le long terme. A la condition que le risque qui y est lié colle avec votre profil.

 

Vrai géant

L’infrastructure déficiente est le gros problème du pays, surtout dans la distribution. Les produits alimentaires pourrissent par manque d’entrepôts. Cela fait monter l’inflation. Face aux pressions internationales (agences de notation), le gouvernement a annoncé son intention d’ouvrir le marché indien du détail aux entreprises internationales, à condition que des investissements soient faits dans les infrastructures. Le n°1 mondial de la distribution, l’américain WalMart, a fait part de son intérêt. Le marché des médias (TV et radio) et le trafic aérien intérieur seront eux aussi ouvert aux étrangers, des travaux d’infrastructure ciblés seront réalisés, la réglementation sera améliorée (droit de la propriété, secteur minier), divers subsides diminués, certaines entreprises publiques privatisées, etc.
Ces réformes devraient stimuler les investissements, créer de l’emploi et peser sur les prix. La maîtrise de l’inflation devrait permettre de réduire les taux (actuellement de 8 %), ce qui serait tout bénéfice pour l’économie. La Bourse de Bombay a réagi positivement en septembre.
La croissance devrait remonter à 7 % cette année et la suivante. Mais le chemin sera long avant de pouvoir cueillir en Bourse les fruits de ces réformes.

 

Banques en forme

Les trois principaux segments du marché sont l’énergie (Oil & Natural Gas, Coal India, Cairn India), les technologies de l’information (Infosys, Tata Consultancy Services) et le secteur bancaire (HDFC Bank, ICICI Bank), étonnamment en forme. Les institutions financières sont bien capitalisées, peu orientées vers l’étranger et ne s’occupent pas trop de produits complexes. Elles sont plus transparentes et plus stables que les banques occidentales et ont échappé à la crise bancaire. Au cours des cinq dernières années, le secteur bancaire a fait mieux que la Bourse de Bombay (sur le marché mondial, c’était l’inverse).

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