Analyse
Investir dans les œuvres d’art : un bon refuge? il y a 4 ans - mercredi 21 novembre 2012

Le prix des oeuvres d’art a augmenté d’un peu plus de 10 % l’an de 2001 à 2011. L’art est faiblement corrélé aux autres actifs financiers. Faut-il prendre le train en marche ?

Des études tendent à démontrer que le marché de l’art trouve une (petite) place dans un portefeuille diversifié pour en réduire le risque. Mais vu des défauts du marché (prix, transparence, liquidité…), nous ne sommes pas d’accord.
Ne cherchez pas à investir dans un fonds investi dans l’art.
N’achetez pas le fonds Triodos Cultuurfonds ni l’action Sotheby’s.

 

Trop émotionnel

Bien qu’il faille prendre avec beaucoup de précaution la performance annoncée du marché de l’art (méthodologie des indices, représentativité…), ce dernier a connu une forte appréciation. Une hausse due à l’accroissement des gros patrimoines dans les pays émergents, Chine en tête, et au développement de l’offre culturelle au Moyen-Orient. Des capitaux sont investis sur des micro-marchés (art tribal, contemporain…). Les foires consacrées à l’art se multiplient. Mais le marché de l’art est trop touché par l’aspect affectif et irrationnel. Des effets de mode créent des bulles sur des micro-marchés ou autour d’artistes. Des caractéristiques dont s’accommode mal un investissement financier, dont le rendement passe par la capacité de l’investisseur à garder la tête froide.

 

Fonds

– Les fonds investis dans l’art rassemblent des investisseurs qui achètent des œuvres en espérant les evendre avec une juteuse plus-value. Ils ne sont pas cotés et il est très difficile de leur attribuer une valeur, car le marché est peu transparent et peu liquide (une transaction sur deux se fait entre privés et sans publicité; la cote d’un artiste peut chuter sans que le marché, et a fortiori le petit investisseur, s’en aperçoive) et parce que les oeuvres sont souvent hétérogènes (un travail n’est pas l’autre pour un même artiste; on ne peut se baser sur le prix d’une œuvre pour déterminer celui d’une autre).

– Ces fonds ne sont pas à la portée de tous : la mise de départ peut dépasser 500 000 EUR et les commissions peuvent atteindre 20 % de la plus-value.

– La plupart de ces fonds étant récents, il est difficile de cerner leur capacité à générer du profit sur plusieurs années, voire même leur viabilité lors d’une chute des prix.

– Le fonds Triodos Cultuurfonds (code ISIN : NL0000290948) coté à Amsterdam n’investit pas en œuvres d’art, mais en projets artistiques (musées, théâtres…) via des emprunts garantis par l’Etat néerlandais. C’est davantage une sicav d’obligations d’Etat. Mais depuis son lancement en 2006, il est en retrait par rapport à un panier d’obligations d’Etat en euro, du fait notamment de ses frais élevés. Restez à l’écart.

 

L’action Sotheby’s

Coté à New York, l’américain Sotheby’s se partage le marché des enchères avec l’anglais Christie’s (non coté), chacun détenant pas loin de 50 % du marché. Le dernier résultat de Sotheby’s a déçu (crise et concurrence pèsent sur le chiffre d’affaires et les marges) et 2013 s’annonce difficile (le marché n’est pas immunisé contre la crise). N’achetez pas.

 

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